‹ Le Sang: physiologie généraleChapitre 9 sur 18 · ÎLODULES ROUGES ET HÉMOGLOBINE · texte numérisé non relu

ÎLODULES ROUGES ET HÉMOGLOBINE

l'iîconomie, qu'à Jes températures beaucoup plus élevées.

Le globule rouge avec son hémoglobine peul donc *?tre regardé comme une sorte de ferment oxydant. Il est l'intermédiaire principal des oxydations qui se passent dans l'organisme, au sein des tissus, et a, par suite, une part très importante dans la production de la chaleur animale qui relève surtout des oxydations. Il est. donc une des principales sources de l'énergie dans l'organisme.

On conçoit, d'aprJîs cela, l'intérêt de l'étude du globule rouge, de sa teneur en hémoglobine, et surtout en oxyhémoglobine. Car, ce qu'il importe de connaître, ce n'est pas l'hémoglobine en ellemême, mais l'énergie que celle-ci est capable d'apporter aux tissus, sous la forme d'oxygène naissant.

L'hémoglobine réduite n'apporte rien aux tissus ; c'est une substance inactive; l'hémoglobine oxygénée est seule capable d'entretenir la vie en fournissant aux cellules de quoi faire des oxydations et peut-être aussi en excitant directement le fonctionnement cellulaire.

L'expérience montre cneffel queles circulations artilicielles, dans un membre amputé ou dans une tête séparée du tronc, ne produisent aucun effet, si elles sont faites avec du sang veineux, tandis qu'elles font reparaître l'irritabilité si elles sont

faites avec du sang oxygéné. On sait de même qo* l'asphyxie locale ou générale est un puissant] anesthésique.

Que conclure de ces observations, sinon que, aul point de vue pratique, les méthodes d'analyse de 1 rhémoglobine qui donnent la quantité d'hémoglobine totale n'ont pas le même inlérèt que les j méthodes qui indiquent la proportion d'oxyhéraoglobine ; la méthode de notre maître, M. Hénocque (1), qui permet de mesurer exactement la 1 quantité de l'oxyhémoglobine et même d'apprécier 1 la quantité d'hémoglobine réduite, a donc une j haute valeur physiologique qui doit, pour lesi besoins de la clinique, la faire préférer à toutes | les autres.

Le nombre des globules rouges est, à l'élat normal, de 4 500 000 h 5 000 000 par millimètre cube de sang; la proportion de l'hémoglobine dans le sang est de 13 à 14 p. 100.

Ces proportions sont, chez les adultes, remarquablement fixes et trèa peu influencées par les diverses conditions physiologiques. Quelle que soit l'heure, quel que soit le moment (avant ou après un repas) où l'on examine le sang, on y trouve toujours la mtïme quantité de globules rouges et d'hémoglobine. La menstruation n'y

(1) A. HÉsocflUE. — Sptctroseopie biulogii]Ue [Encyclopédie icienlifique des aiile-méinoire de Léaulé, 3 vol.).

apporte que de légères modifications, bientôt disparues.

Certains médicaments qui, comme l'antipyrine et la quinine, altèrent les globules ; les purgatifs qui déterminent une abondante élimination de liquide et une diminution du plasma sanguin; tes saignées ou les hémorragies accidentelles légères, etc., ne produisent qu'un changement léger dans la teneur du sang en globules rouges et en hémoglobine : la réparation et le retour à l'équilibre normal se fait très rapidement.

Des changements appréciables et persistants indiquent toujours un état pathologique persistant.

Les globules blancs sont des corps sphériques au repos, d'un diamètre de 8 à 20 ;j. et plus, lis sont contractiles et doués de mouvements amiboïdes.

Les leucocytes sont formés d'un protoplasma renfermant un noyau.

D'après l'aspect et les réactions colorantes du noyau et du protoplasma, on en distingue dans le sang normal plusieurs espèces:

1" Leucocytes mononucléaires. — Les leucocytes mononucléaires ont un protoplasma toujours dépourvu de granulations.

Parmi eux, on compte :

1° hes petits li/mphoc!/les[Sg.i,f/,c), dont le dia-

mètre est à peu près égal à celui d'un globule rouge, dont le noyau est arrondi, ovalaire, ou muni d'une légère échancrure, toujours fortement coloré par les réactifs basiques; dont le protoplasma forme une très mince couche autour du

'4 Xè'-h

Fig. 4. — Éléments cellulaires du sang,

a, Globule rouge ; h, c, lymphocytes ; d, e, petits leucocytes mononucléaires ; /"> 9f gros leucocytes mononucléaires ; h, i, leucocytes polynucléaires à granulations neutrophiles ; j, leucocyte polynucléaire à granulations éosinophiies ; kj mastzelle ; /, plaquettes sanguines.

noyau et se teinte assez fortement par un mélange de colorants acides et basiques.

2° Les gros leucocytes mononucléaires (fig. 4, /, g), dont le diamètre est toujours assez considérable et peut atteindre 20 [x ; leur noyau arrondi, ovale, réniforme, en bissac ou en fer à cheval, est volu-

GLOBULES DLANCS. 27

milieux et se colore faibloment; leur proloplasma est abondant et se teinte à peine par un mélange de couleurs acides et basiques.

Entre ces Jeux variétés on observe tous les termes de passage (fig. 4, rf, e).

2" Leucocytes polynucléaireB. — Les leucocytes polynuclJaires, ont un proloplasma toujours chargé de granulations.

On compte parmi eux :

1° Des Imtcocytes polynucléuires à granulations ueutrophiles (fig. 4, h^ i), qui sont en majorité et représentent le véritable leucocyte du sang. Leurs dimensions sont un peu inférieures à celles des gros leucocytes mononucléaires. Leur noyau esl, ainsi que l'a montri! Ranvier, formé de plusieurs lobes réunis par des filaments chromatiques ; il est fortement coloré, très irrégulier, et représente un V, un \j, un Z, un S, un 0, ou un ensemble de trois ou quatre lobes ovoïdes; leur proloplasma est parsemé de granulations fines, serrées, qui se teintent en violet rouge par le triacide d'Ehrlich.

2° Des leucocytes polynucléaires à granulations acidophites ou éosinophiles (fig. 4, /'), de même dimension que les précédents. Leur noyau est moins divisé, moins contracté, moins foncé que celui des polynucléaires ordinaires; leur protoplasma est semé de granulations grosses, rondes, à double contour, qui prennent les couleurs acides.

3° Des leucocytes polynucléaires à <)ranulations\ basophiles ou Mastzellen d'Ehrlich (fig. 4, k), i même dimension; leur noyau est formé de plu- 1 sieurs lobes assez gros, leur protoplasma est [ bourré de grosses granulations qui restent incolores sous l'influence du Iriacide d'Eiirlich ou de l'hématéine-éosine, et qui prennent une teinte métachromalique (violet rouge) avec la thionine ou le bleu polychrome de Unna.

Il y aurait en outre, suivant Ëhriicb, quelques formes de transition entre le leucocyte mononucléaire et le polynucléaire.

Le nombre des leucocytes et la proportion de 1 leurs diverses espèces sont assez constants. 11 y a | chez l'adulte 6 000 à 8000 leucocytes' par millimètre J cube de sang. Sur 100 leucocytes, il y a, d'après j Leredde et Bezançon (!), 32 à 33 mononucléaires, f 64 & 65 polynucléaires neutrophiles, 1 & 2 polynucléaires éosinophiles, 0,25 à 0,5 Maslzelle.

A l'état normal, chez l'adulte, les proportions restent presque constamment les mCmes. Chez un | même individu, les numérations, faites plusieurs j jours de suite à la même heure, ont donné à j Leredde et Lœper des chiffres à peu près idei tiques; le nombre des polynucléaires n'a varié j que dans la limite de 3,8 p. 100. Les conditions *

- Principales foniioa cellulairi

GLOBULES ULANCS. 29

physiologiques (alimentation, menstruation chez la femme) modifienttrès peu et 1res passagèrement la quantité des leucocytes et la proportion relative des diversesespèces ; l'alimentation détermine seulement une légère leucocylose avec polynucJéose, dont il y a Heu de tenir compte dans les numérations.

Les proportions sont aussi les mômes dans le sang des gros vaisseaux et des vaisseaux périphériques, ainsi que l'ont établi les recherches de Zuntz.

La fixité de ces chiffres con^ititue, suivant l'expression très juste de Leredde et Lœper, un « équilibre leucocytaire (1) ».

Cette constance est vraiment très remarquable, si l'on songe à la multitude des causes qui pourraient à chaque instant troubler l'équilibre leucocytaire. H faut admettre, pour l'expliquer, une sensibilité exquise des organes h émalopoïé tiques et une relation intime entre ces divers organes, dans lesquels la production cellulaire est réglée de façon à mettre en liberté à chaque instant exactement le nombre de cellules nécessaires pour remplacer celles qui se détruisent, afin que la proportion relative reste la même.

Les fonctions des globules blancs sont mul-

|1)Leiiedd

- L'ijiiuilibre leucocytaire (Pi'e,

liples ! . lis absorbent, digèrent, sécrètent, se déplacent ou se fixent au contraire dans un tissu.

Leur rùle dans l'absorption des corps étrangers était connu depuis longtemps déjà ; Haeckel, V. Recklinghausen Tavaient dénoncé : on savait, depuis les expériences de Ranvier. que les grains de cinabre ou de vermillon introduits sous la peau sont englobés par les leucocytes; mais c*est à MetcbnikofT que revient l'honneur d'avoir exposé dans son ensemble la théorie de la phagocytose et montré Timportance du phénomène dans les actes de la vie organique.

Les leucocytes n'englobent pas seulement les corps étrangers inertes, les poussières végétales ou minérales, les pigments (pigment ocre, pigment mélanique chez les paludéens} ; ils absorbent aussi les cellules de Torganisme arrivées à la limite d'âge et destinées à être détruites: ils se chargent d'achever cette destruction et débarrassent l'économie des éléments usés. C'est ainsi que disparaissent les cellules des parenchymes, des muscles, du tissu conjonctif, du sang lui-même.

Autour des grosses cellules du système nerveux, surtout (lîins les processus inflammatoires ou ii(Mîr()l)i()li([U(îs, ou voit souvent une couronne de huicocyles ([ui s'apprêtent à détruire la cellule

(I) A. (liivNTKMKssK. — I.c. /<lol)iilo l)lanc {Presse médicale, 7 «Um-imiiIhv iStlS).

nerveuse lorsqu'elle sera devenue inapte à fonctionner ; ce sont ces leucocytes chargés des débris cellulaires et des granulations graisseuses résultant de la dégénérescence de l'élément noble, qui constituent les corpuscules de Gltige.

Partout ailleurs, il en est de même : dans les muscles en voie d'atrophie, dans les myocardites, dans les foyers hémorragiques ou nécrobiotiques, les globules blancs se chargent d'englober, d'enlever et de détruire les restes des cellules mortes. Cette fonction de phagocytose cellulaire, exercée par les leucocytes dans l'organisme normal, s'exa* gère considérablement au cours des états pathologiques ; quand les cellules sont détruites en grande quantité par l'inflammation, les leucocytes ont fort à faire pour débarrasser les parenchymes et les humeurs des cadavres cellulaires. Ce seraient aussi des phagocytes désignés sous le nom de pigmentophages qui, suivant les observations récentes de Metchnikoff, enlèveraient le pigment aux poils et aux cheveux et produiraient la canitie (1) ; mais la nature leucocytaire des cellules susdites est douteuse ; il s'agit probablement, non de cellules mésodermiques, mais de cellules d'origine ectodermique ayant acquis des fonctions phagocytaires spéciales.

(1) Metchnikoff. — Sur le blanchissement des cheveux et des poils (Annales de l'Institut Pasteur, dAft«mh^ *^^*^

En somme, tous les éléments phagocytai rea, et I au premier rang les leucocytes mononucléaires, joueni un grand rôle dans la destruction des J éléments nobles des parenchymes, dans le viejUissèment de Torganisme ; peut-être môme pourrait- 1 on craindre que l'activité exagérée ou le nombre | excessifdes macrophagesne soitune caused'atro phiesénile précoce des parencliymes, de vieillesse 1 prématurée(l) : Metchnikoff avait clé amené, par i ses recherches, à le supposer et avait, pour lutter contre cet effet nuisible, essayé l'usage d'un sérum antileucocy taire.

Là phagocytose s'exerce également contre les microbes. Toute introduction de microbes dans l'organisme provoque immédiatement un afflux de leucocytes qui s'efforcent d'englober et de j détruire les germes nuisibles ; l'étude des réactions hîstopathologiques qui se produisent au niveau d'une plaque d'érysipèle cutané permet de suivre tous les stades de la lutte des cellules contre les microbes (Metchnikoff, Achalme).

Le processus aboutit soit à l'englobement et à la ! destruction des streptocoques par les phagocytes si l'organisme est vainqueur, soit au contraire à la destruction des cellules et au passage streptocoques dans la circulation sanguine, si j

i cellules 1

le microbe triomphe de la résistance organique.

Quel que soit le microbe infectant, quel que soit le siège de l'infection, la phagocytose s'exerce suivant le môme processus. Elle constitue le principal moyen de défense que l'organisme emploie contre l'infection.

Ce rôle phagocytaire n'est pas dévolu indifféremment à toutes les espèces de leucocytes : les plus jeunes, ou lymphocytes, qui n'ont pas encore atteint leur complet développement, ne le possèdent pas ; les gros leucocytes mononucléaires et les leucocytes polynucléaires sont seuls chargés de la phagocytose; mais ces deux variétés n'agissent pas dans les mômes conditions : au début d'une infection, le leucocyte polynucléaire, qui constitue la majorité des cellules du sang, est apporté en grande quantité par les vaisseaux au niveau du foyer morbide, et c'est par lui qu'est joué le premier acte dans le processus de la phagocytose. Plus tard, les leucocytes mononucléaires affluent à leur tour; ils englobent les corps étrangers ou les germes infectieux restés libres, les cellules détruites dans la lutte contre l'infection, les leucocytes polynucléaires eux-mêmes, dont le protoplasma est chargé de microbes. Pour remplir ce rôle, les leucocytes mononucléaires se transforment en énormes cellules, ayant souvent plus de 20 ^l. do diamètre; leur protoplasma,

L L\îiBf:. — Le Sîing. ' 3

criblé de lacunes, apparaît bourré de microbes, de globules rouges, de cellules en voie de destruction; tous ces éléments sont détruits peu à peu, par une sorte de digestion, à Tintérieur de la cellule, et après un certain temps, il ne reste plus que des granulations ou des débris pigmentaires.

Que Ton étudie la phagocytose dans les infections tuberculeuses des poumons et des reins, comme Ta fait Borrel (1); dans les infections par la bactéridie charbonneuse injectée dans la circulation sanguine, comme Ta fait Werigo (2); dans les infections des ganglions lymphatiques, comme nous Tavons fait avec F. Bezançon (3), etc. ; après l'inoculation de corps étrangers dans le péritoine, le résultat est le même : à une phase de polynucléose locale succède une phase de mononucléose locale. Dans la première, la phagocytose est exécutée par les leucocytes polynucléaires ou microphages, qui constituent les leucocytes de la défense mobile; dans la deuxième, la phagocytose est due aux leucocytes mononucléaires et peut-être

(1) Borrel. — Tuberculose pulmonaire expérimentale (Annales de VInstifut Pasteur, août 1893). — Borrel. —Tuberculose expérimentale du rein {Ibid, février 1894).

(2) Werigo. — Développement du charbon chez le lapin {Annales de VInslitut Pasteur, janvier 1894).

(3) F. Bez\nçon et M. Labbé. — Arcli. de médecine expérimentale, mai 1898. — Marcel Labbé. — Étude du ganglion lymphatique dans les infections aigu<3S (Thèse de Paris, 1898).

aux cellules endothéliales et conjonctives qui constituent les macrophages.

En d'autres lerraes, les leucocytes polynucléaires formentl'avant-garde, lesmonomicMaires l'arrifere-garde de la dtîfense organique.

Les- études récentes ont montré que la phagocytose s'exerce aussi vis-à-vis des substances chimiques.

Des expériences de Chatenay (1) il résulte que les toxines microbiennes éveillent la même réaction leucocytaire que les microbes eux-mêmes : les toxines sont absorbées, fixées et détruites par les leucocytes.

Dans l'expérience de Wassermann et Takaki (2), si la toxine tétanique, inoculée avec une émulsioQ de substance cérébrale, n'exerce pas d'action nuisible, c'est que les phagocytes ont absorbé à la fois la substance cérébrale et la toxine et ont annihilé l'action de cette dernière (3).

Il en est de môrae pour les toxines d'origine végétale non microbiennes, comme l'abrine, la ricine. Ainsi les leucocytes protègent l'organisme aussi bien contre les intoxications que contre les infections.

(1) Chatenay.— Les réactions leucocytaires vis-à-vis de cerlainea toiines (Th*se de Paiia, 1894).

(2) Wassermann et Taïah. — Berliner klin. Wochensch., IBBS,

(3) RoDx el BciBHBL. — Aiinatfs de l'imlllul Pasieur, 1899.

Les substances médicamenteuses introduites sous la peau ou dans le sang sont également absorbées par les leucocytes.

Les expériences de Calmette, de Lombard (I), sur le sort de l'atropine injectée dans l'organisme, montrent l'absorption de ce poison par les leucocytes et réduisent à un phénomène de phagocytose l'immunité naturelle du lapin contre l'atropine.

Les recherches de Bcsretlka (2) ont montré que le trîsulfure d'arsenic, sel insoluble, inoculé dans le péritoine du cobaye, est absorbé par les leucocytes, puis digéré, désagrégé et solubilisé à l'intérieur de ces cellules, qui vraisemblablement le transforment en un autre sel arsenical inoffensif pour l'organisme. Un sel arsenical soluble, l'arsénite de potassium, injecté à des lapins estégalement absorbé par les leucocytes à l'intérieur desquels on peut démontrer sa présence par l'analyse chimique.

Kobert (de Dorpat] et ses élèves (3) ont établi, dans une série de recherches, que le fer soluble, introduit dans l'organisme, est en grande partie absorbé par les leucocytes qui le fixent dans le foie, la rate et la moelle des os. Metchnikolf a

(1) LoHHAJiii. — CoDtribuLion k l'étude physiologique du leucocyte (Tlièso de Paria, 1901).

|2) Bb8tiei>ka. — ^'iiin(ej île l'Inslilul Fasletir. 1899, p. i9 et 309, (3j KoBEBT. — Arbeitea der pharmnk. Inslilules zii Itorptl, 180S-94.

fait la même constatation à la suite des injections sanguines, péritonéales ou sous-cutanées, de fer soluble (j).

Arnozan et Montel (2) ont constaté au niveau des nodules sous-cutanés formés par l'injectiou d'une émulsion de calomel, comme dans le sac lymphatique dorsal de la grenouille et dans le péritoine du cobaye, l'absorption et la solubilisation du calomel qui est transformé par les leucocytes en subliméet en mercure réduit.

Stassano (3) avec les sels mercuriels solubles, Samoïloff (4) avec les sels solubles d'argent, Arnozan et Montel avec le salicylate de soude et l'iodoforme, sont arrivés au même résultat.

Toutes ces recherches établissent d'une façon positive le rôle des leucocytes, et surtout des leucocytes mononucléaires, dans l'absorption, la solubilisation et l'assimilation des médicaments. Cette étude, qui mènera pent-être à des découvertes intéressantes louchant la physiologie des médications, est d'ailleurs encore peu avancée et entourée de difficultés très grandes, car, si les

\id..

(I) Mbtchnisoff. — Annales de l'Inifihii Paslevr. 189t. p. 719.

(ï) Ahnous at Montel. — XllV Congi'ès internai, de Paris, 1000. — Mostsl, — RWe des leucucyles dans l'absorpUi des miSdicaments (Thtise de Bordeaux, IDOO-Ut).

(3) Stassano. — L'abaorplion du meruure par les leucocyti [C.R. de l'Académie des acitnces. !8!I8.(. GXXVII, p. 080).

(i| SaboÏlufp. — Arli.deypkannak.lmtiluleszuDorpal. 189;

compos(!s inorganiques sont faciles à rcirouver dans l'économie et à doser, il n'en est plus de même des composés organiques, et surtout de ceux qui sont arrivés à faire partie intégrante de nos tissus. Ainsi le fer minéral se reconnaît facilement grAce aux réactions qu'il donne avec le sulfure d'ammonium ou avec le ferrocyanure de potassium et Tacide chlorhydrique, tandis que le fer organique est beaucoup plus difficile à déceler. Il semble, en outre, que le leucocyte ne se borne pas à assimiler, mais qu'il transporte aussi les médicaments à travers l'organisme et qu'il les apporte aux points où leur activité est nécessaire pour aider les tissus à lutter contre une infection ou une intoxication, ou à réparer les désordres de la lutte. Le sort des substances introduites à l'état de division très fine comme les grains de cinabre dans la circulation n'est pas livré au hasard. Les recherches de Gohnheim, Hoffmann et Recklinghausen (i) Ponfick (2), Slaviansky, Rutimeyer, etc., ont montré que, chez les animaux sains, ces substances sont portées par les globules blancs dans le foie, la rate, la moelle des os, etc. ; il n'en est pas de môme chez les animaux malades où ces substances se déposent d'une façon prépon-

(1) UopmiNN o[ Bkcslinuhausen. — Ceiiliatbîatt f. die n WUsenschaflen, 1867.

(2) l'tiNvicï. — rlrckowS A<-chh: liii XLVlll.

dérante dans les foyers inflammatoires. Il en est à cet égard des substances inorganisées comme des bactéries. Ainsi les leucocytes apporteraient le mercure aux lésions syphilitiques, le fer aux organes hématopoïétiques des anémiques, l'arsenic à la glande thyroïde et aux productions épidermiques, l'acide cinnamique ou le baume du Pérou aux foyers de tuberculose pulmonaire (Landerer) (1). Ce transport et cette localisation élective se feraient grâce à la chimiotaxie qui appelle les leucocytes vers tout foyer irrité, infecté ou traumatisé de l'organisme, grâce aussi à la spécificité de localisation des médicaments, dont il faut sans doute tenir un très grand compte.

A l'égard des aliments, le leucocyte remplit les mêmes fonctions qu'à l'égard des médicaments : il sert, dans une proportion encore impossible à apprécier, à leur absorption, à leur transformation, et àleur distribution aux éléments cellulaires qui en ont besoin; son rôle dans l'absorption des graisses qui suivent la voie des chylifères et traversent des organes lymphatiques avant de pénétrer dans le canal thoracique n'est pas douteux ; son action est peut-être aussi nécessaire pour l'absorption et la digestion des matières albuminoïdes, qui, après avoir subi l'action des sucs

(1) Landerer. — Le Iraitcmcnt de la tuberculose, Iradui'tion Alquier, Paris 1899.

digestifs, n'ont pas la même constitution que les albuminoïdes qui composent nos tissus et ont besoin d'être modifiéesavant de pouvoirêtre encore réellement incorporées.

Beaucoup d'auteurs regardent les granulations des leucocytes comme des matériaux alimentaires ou des ferments accumulés dans le protoplasma. Ehrlich (1) interprète dans ce sens les granulations des mastzellen. Ranvier (2), Salmon (3) attribuent les granulations iodophiles de certains leucocytes à des amas de glycogène, substance dont on connaît le rôle important dans la nutrition et Taccroissement rapide des éléments anatomiques (4).

Les mastzellen d'Ehrlich, comme les clasmatocytes de Ranvier, et sans doute aussi les autres globules blancs, seraient des leucocytes qui se sont chargés de réserves nutritives dans le sang ou dans les organes et qui apportent ces réserves

(1) Ehrlich. — Beitrag zurKenntniss der granulirten Zellen, in Farben analytische, 1891, Bd. I, S. 1.

(2) Ranvier. — De rendothélium du péritoine et des modifications qu'il subit dans l'inflammation expérimentale (C. R, de r Académie des sciences, 20 avril 1891). — Sur le mécanisme histologique de la cicatrisation et sur des fibres nouvelles : « fibres synaptiques » [Ibid., mars 1897). — Recherches expérimentales sur le mécanisme de la cicatrisation des plaies de la cornée (Arch. d'anatomie microscopique, t. II, p. 184).

(3) Salmon. — Glycogène et leucocytes (Thèse de Paris, 1899).

(4) La nature de ces granulations est aujourd'hui très discutée : beaucoup d'auteurs nient qu'elles soient formées de glycogène.

dans le tissu conjonctif où ils s'accumulent. L'accumulation et la destruction des leucocytes dans les plaies en voie de réparation n'est-elle pas aussi motivée par la nécessité d'apporter aux éléments cellulaires nouveaux des matériaux nutritifs abondants?

En définitive, le leucocyte nous apparaît comme l'intermédiaire entre les éléments nutritifs ou médicamenteux venant du dehors et les éléments de nos tissus, entre les éléments inorganiques et les éléments organisés.

Il est à la fois celui qui prend au dehors, celui qui transforme et celui qui fixe ces éléments sur nos tissus.

Tous les phénomènes de phagocytose, qu'ils s'exercent vis-à-vis des cellules, des microbes^ des toxines, des substances chimiques solubles ou insolubles, ont la môme signification ; dans tous ces cas, le rôle du globule blanc n'est pas seulement mécanique, c'est aussi un rôle chimique; grâce aux ferments solubles qu'il contient dans son protoplasma, il détruit, transforme, assimile les corps absorbés ; en dernière analyse, tous ces phénomènes se réduisent à un processus de digestion intracellulaire (Metchnikoff).

Les leucocytes ne se contentent pas d'absorbei et de digérer les corps étrangers. Ils sécrètent des substances actives très variées, dont quelques-

unes seulement sont étudiées et connues, mais dont le nombre est sans doute très considérable. Ces substances présentent, pour la plupart, des caractères qui les ont fait assimiler aux ferments solubles.

Les recherches de Portier (1), de Salkowski, d'Abelous et Biarnès, de Brandenburg, ont montré l'existence de ferment oxydant, d'oxydase, dans les globules blancs.

Le ferment coagulant du sang, fibrin-ferment de Schmidt ou plasmase de Duclaux, est sécrété par les leucocytes; l'expérience classique de Ilewson, de Briicke, de Glénard peut servir à le démontrer (2). On immobilise du sang par deux ligatures dans un segment de la veine jugulaire d'un cheval ; on divise ensuite le segment en trois tronçons par deux nouvelles ligatures, et on prélève avec une pipette le liquide contenu dans chacun des tronçons (tronçon inférieur contenant les globules rouges, tronçon moyen contenant des globules rouges et blancs et du plasma, tronçon supérieur ne contenant que du plasma), pour essayer ses propriétés coagulantes; on voit ainsi

(1) Portier. — Les oxydascs clans la série animale, leur rôle physiologique (Thèse de Paris, 1897). — Brandenburg. — Munch. med. Woch,, 1900, no 3, p. 183.

(2) IIewson. — The Works of Hewson.Sydenhamédit. Londres, 184G. — Brl'cke. — Arcli. f. path. Aiiatomie, 1857. — F. Glénard. — Bull. Soc. chimique, 187o, t. XXIV.

que le tronçon moyen possède un pouvoir coagulant plus marqué que les autres tronçons, ce qui montre bien que le ferment coagulant provient des leucocytes et non point des globules rouges ni du plasma.

A côté du ferment coagulant existe, dans le leucocyte, une substance anticoagulante (thrombase de Duclaux, histone de Lilienfeldt).

Enfin le leucocyte contient encore : un ferment fibrinolytique (Leber, Achalme) (1), un ferment de la caséine, un ferment analogue à la trypsine, un ferment glycolytique (Arthus), un ferment amylolytique (Rossbach, Zabolotny, Tarcheiti) (2), un ferment lipasique, dont Poulain (3) a montré Texistence et le rôle important pour l'assimilation et l'utilisation des graisses dans les ganglions mésentériques et les ganglions périphériques.

Les travaux de Bordet, de MetchnikofF, de Ehrlich et Morgenroth ont montré que la destruction des corps cellulaires et des corps microbiens dans l'organisme des animaux était due à une substance particulière, la cytase, sécrétée par

(1) Leber. — Die Entstchung dcr Entziindung. Lcipsig, 1891. — Achalme. — Soc. de biologie, 1899.

(2) Rossbach. — Deut. mecl. Wochensch., 1890. — Zabolotny. — Arch. russes de pathologie, 1900.

(3) A. Poulain. — Étude do la graisse dans le ganglion lymphatique normal et pathologi(iue (Thèse de Paris, 1902).

les leucocytes polynucléaires et surtout par les leucocytes mononucléaires. Celte substance, sorte de ferment digestif, attaque et détruit les cellules étrangères et les microbes qui sont sensibles à son action; grâce à elle, les éléments nuisibles sont détruits dans le corps des leucocytes. C'est par conséquent à cette sécrétion leucocytaire qu'est due en majeure partie la défense de l'organisme.

Ajoutons encore que les substances aggluti- «nanlesqui se développent au cours des diverses infections microbiennes, ou à la suite de l'inoculation de cellules étrangères dans l'organisme, sont des produits de sécréliou leucocytaire.

Les leucocytes fabriquent-ils aussi les antitoxines? D'après la théorie d'Ehrlich, on doit l'admettre. Les cellules qui absorbent les poisons sont aussi celles qui produisent les antipoisons. Metchnikoff incline vers cette hypothèse ; A. Gaulier (1), J. Courmont (2) aussi.

Nous aurons ainsi indiqui5 la plupart des substances, élaborées par le protoplasma des leucocytes, qui sont connues aujourd'hui. II est probable que cette énumération est fort incomplète, et que l'avenir nous fera découvrir

(1|A. G.vi:t {i) J. Cour»

iNfLAMMilIUS.

TiJiJDea microbienacs ot animal - Traïlé do pal.liologiu giVnéralc.

un très grand nombre d'autres substances actives dues aux leucocytes.

La production de ces substances représente une véritable sécrétion interne. A Tétat normal, elles ne sortent pas du globule blanc et leur action ne s'exerce que sur les corps englobés par celui-ci : la digestion est intracellulaire.

Mais quand le leucocyte est altéré, quand il est détruit par un processus toxique ou infectieux, ou même, seulement, quand sa tension superficielle vient à se modifier par suite des adhérences qu'il contracte avec les parois vasculaires ou les éléments des tissus, ces produits de sécrétion interne sortent du protoplasma leucocytaire et passent dans le plasma sanguin ou dans la lymphe. C'est ce que l'on voit se produire quand, à l'instar de Pfeiffer, on injecte des vibrions cholériques dans le péritoine d'un cobaye vacciné contre ce microbe : la digestion, qui, dans le cas précédent, était intracellulaire, devient alors extracellulaire.

Ainsi les ferments des leucocytes passent dans le sérum et les sérosités; il en résulte que celles-ci manifestent des propriétés digestives, bactériolytiques, cytoly tiques , dues à la cytase des leucocytes ; des propriétés agglutinantes, oxydantes, etc., dues à l'agglutinine, à l'oxydase, etc., des leucocytes.

Mais, il ne faut pas l'outlier, les pi'oprii^tés des humeurs sont, ainsi que Metchnikoff et ses élèves l'ont démontré, d'origine leucocytaire, la destruction extracellulaire des microbes et des cellules est due aux mûmes causes que la destruction intracellulaire, c'est-à-dire aux substances siîcrétées par le leucocyte lui-m5me; de sorte qu'en définitive, comme nous l'avons fait remarquer au début de ce chapitre, tout provient du leucocyte, qui joue le rôle primordial dans la production de l'immunité.

On sait, depuis les travaux de Wharton Jones (i ), de Ranvier, de Cohuheim, que les leucocytes sont doués de mouvements propres servant à leur nutrition et à leur déplacement. Ils sont capables de s'étirer, de s'amincir, de façon à traverser les parois vasculaires et & cheminer dans les interstices des tissus : c'est la diapédèse. Tous les leucocytes ne sont pas également mobiles. Ce sont les leucocytes polynucléaires qui possèdent au plus haut degré cette propriété; il semble que la division de leur noyau en une série de tronçons facilite l'amincissemeot et l'étirement de la cellule et son passage à travers des fentes étroites (Heidenliain, Metchnikoff).

Les leucocytes ne doivent pas être considérés comme des cellules inertes transportées passive-

(1) Whabton Jones. — Philoiophical Trannaclinns.mf,.

iS COMPOSITION DU SANfi.

rÈalik^, l'action des microbes et des toxines est plus complexe et ne se borne pas à l'attraction ou à la répulsion des leucocytes; si la chimiotaxic peut expliquer les leucocytosos locales, elle ne rend pas compte des leucocyloses générales. L'actiou des microbes et des toxines porte en premier lieu non sur les leucocytes, mais sur les oi^anes hématopoïéLiques, pour les exciter le plus souvent, d'où l'hyperleucocytose, pour les sidérer quelquefois, lorsque l'infection ou l'intoxicalion est excessivement intense, d'où l'iiypoleucocytose.

En résumé, la sensibilité fonclionneile à l'infection et à l'intoxicalion n'est pas dévolue seulement aux leucocytes, mais aussi aux organes qui leur donnent naissance.

La sensibilité des leucocytes ne s'exerce pas de la même manière vis-à-vis de toute esp^xe d'infection ou d'intoxication; elle est presque spécilique. Telle infection, comme la pneumonie, détermine une hyperproduction et un afflux de leucocytes polynucléaires ; telle autre, comme la variole, excite ta production des mononucléaires; enfin certains parasites, comme les hydatides, les vers intestinaux, amènent une hypergencse do leucocytes éosinopliiles.

Habituellement, la lencocytose locale, due à la éhimiolaxie, concorde avec la leucocytose gêné-

raie, due à rexcitation de rbématopoïèse ; mais il ne faudrait cependant pas croire que cette concordance est absolue. Si, dans la majorité des cas, les espèces de leucocytes trouvées dans une lésion locale et dans le sang de la circulation générale sont les mêmes; si, par exemple, les leucocytes de la pustule variolique sont, ainsi que Ta montré Weil (1), identiques à ceux du sang du varioleux examiné au même moment, la concordance ne constitue pas une loi absolue. La chimiotaxie exercée par une lésion ou par une irritation locale peut porter exclusivement ou spécialement sur Tune des espèces leucocytaires en circulation dans le sang.

Ainsi Neusser a vu que, dans le liquide des bulles de pemphigus, on trouvait des éosinophiles à l'exclusion de tout autre élément cellulaire ; tandis que chez le même malade, la bulle d'un vésicatoire ne contenait que des leucocytes polynucléaires neutrophiles. Ghantemesse (2) a vu aussi que, chez xin convalescent d'érysipèle dont le sang contenait 5 p. 100 d'éosinophiles, la sérosité du vésicatoire ne contenait que 2 p. 100 des mêmes cellules. Leredde (3) a montré que les bulles de la maladie de Duhring contiennent 60 à

(1) E. Weil. — Thèse de Paris, 1901.

(2) Ghantemesse. — Le globule blanc, loc, cU,

(3) Leredde et Perrin. — A7in, de dennatolorfie, 1895.

: Maçcev liA^^É. -: Le Saog^

95 p. 100 d'éosinophiles, tandis que le sang en contient 5 à 40 p. 100.

Ces quelques exemples montrent assez la sensibilité quasi spécifique dont est douée chacune des variétés de globules blancs. L'étude des leucocytoses provoquées par les maladies achèvera la démonstration.

Nous venons de voir que les leucocytes possèdent un grand nombre de fonctions diverses.

Metchnikoff (1) résume ainsi le rôle de ces organites dans les infections :

« Parmi toutes les cellules de l'organisme, ce sont les éléments ayant conservé le plus d'indépendance, les phagocytes, qui, le plus facilement et les premiers, acquièrent l'immunité dans les maladies infectieuses. Ce sont eux qui se dirigent vers les endroits où parviennent les microbes et les poisons, et qui manifestent une réaction contre eux. Les phagocytes de l'organisme indemne englobent et détruisent les microbes et absorbent les toxines et autres poisons. L'acte final de la réaction des phagocytes est constitué par les processus chimiques ou chimico-physiques de la digestion des microbes, à l'aide des cytases, favorisées par les fixateurs ; dans la défense contre les poisons, les phagocytes doivent aussi exercer une

(1) Metchnikoff. — L'immunité dans les maladies infectieuses. Paris, 1902.

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inQucnce cliimique. Mais, avant que ces phénomènes se mettent en jeu, les phagocytes manifestent des actes puremeol biologiques, tels que la perception des sensations chimiotactiques et autres, les mouvements dirigés vers les endroits menacés, l'englobement des microbes et l'ahsorption des toxines, et enfin la sécrétion des substances qui doivent être utilisées dans la digestion intracellulaire. »

Les leucocytes pourraient encore, suivant certains histologistes, se lïxer dans les tissus, et s'adapter à des fonctions nouvelles pour remplacer les éléments anatomiques détruits. Cornil admet l'identité de nature et de fonction des gros leucocytes raononucle'aires et des cellules endothéliales ; Ranvier(l) considère que les cellules à prolongements multiples ou clasmatocytes qu'il a décrites dans le lissn conjonctif des membranes sont des leucocytes immobilisés : les travaux do JoUy, qui est arrivé à fixer les mouvements amihoïdesdos leucocytes, en fournissent la preuve.

Si noua envisageons dans leur ensemble les fonctions multiples remplies par le leucocyte, nous voyons qu'il sert à la fois à la défense, à la

[i] R.LVïiEH. — Dca tlasitialocjtos (C. il. de l'Académie des sciences, 1890, t. CX, p. lUâj. — Uaroriginc des cellules du pus et du r61e lie ces lïli^ments daus les tissus enHamoiés (Ibid., £7 avi'il 1891). — TrausrormatJoii m vUro des cellules lymphi tiiiuos en clasm&tocyUs [làiri., C avril 1891).

nutrition et à la réparation de l'organisme ; c'est une glande unicellulaire mobile (Ranvier) (1), une cellule à tout faire, un véritable « microcosme ». Il représente le type de la cellule à fonctions indéterminées, opportuniste, capable de se comporter différemment suivant les besoins de l'organisme, opposée à l'élément spécialisé, ne remplissant qu'un seul rôle, que représente la cellule épithéliale.

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