‹ Le sanscritisme de la langue assyrienne ou Les restes de la langue assyrienne recuillis et expliqués par le sanscritChapitre 10 sur 13 · S XV · texte numérisé non relu

S XV

2efJUp0C(ÂlS SÉMIRÀMrS. Atmoto Atossa.

Les' noms contenus dans le catalogue des rois assyriens extrait des ouvrages perdus de Ctésias et conservé par Diodore , Eusèbe et Moïse de Khôrène, ne peuvent pas être considérés comme authentiques et originaux; tant ils ont été corrompus et défigurés par les copistes. Ou peut Ibire seulement une exception en faveur des noms de Sémiramis et de Sardanapale, que nous- trouvons aussi dans le père des historiens, dans Hérodote. Je vais analyser maintenant le nom de la trop célèbre reine d’Assyrie, Sémiramis.

La forme originale de ce nom est selon moi Smirama, où l’on reconnaît facilement la ra-

clue sanscrite sinri ou smar, aimer 1 (d T où vient smara, amour), et le suffixe ma qui forme des adjectifs, relié à la racine par la Voyelle a, comme dans le darchama, oppression, tyrannie, du persan monumental 2 . Smirama, en sanscrit Smarama, serait dans cette hypothèse avec le seul affaiblissement très-commun de la .voyelle a en i, un adjectif signifiant celui ou celle qui aime. On ne peut ne s’apercevoir aussitôt de l’identité absolue de sens qui passe entre le nom de Smirama et celui du dieu persan Mithra, qui signifie également: celui ou celle qui aime.

On pourrait supposer d’après cette identité que Mithra et Smirama ne sont qu’une seule et même déité: l’Amour. .

Mais tout en admettant- qu’il y ait eu en Assyrie une déité appelée Sémiratnis et que cette déilé était celle de l’ Amour j je ne me cfois pas autorisé pour- cela à nier, que le nom de cette déité n’ait été porté • aussi par quelque reine d’Assyrie (comme nous avons vu le nom du dieu Adrammélékh. porté par un prince assyrien) et qu’il n’ait existé dans ce pays une ou plusieurs reines nommées Sémiramis.

On peut supposer seulemeat que l’identité

t Bopp-. Gf. 392; B;

2 Quand je -proposais a pridri' celte traduction pour dar* et anw dans mon Mémoire sur l’inscription de Behistun je ne «ou naissais pas le sanscrit darchana oppressio, qui confirme met- 'aeilleusemenl mon hypothèse-

du nom de la reine Sémiramis et de la déité de l’amour ait fait naître ou exagérer chez les persans et chez, les grecs ees récits scandaleux que les derniers nous ont transmis au sujet de la reine Sémiramis.

HéSychius. traduit le nom de Sémiramis par colombe . de montagne mais on ignore dans quelle langue il avait, selon lui cette signification. Scaliger a déjà observé qu’il ne possède pas ce sens dans aucun des dialectes syriaques on sémitiques 2 .. . ‘

• Je. répéterai en outre, ce que j’ai déjà dit en parlant de Nisrok, qu’il me semble impossible qu’une déité quelconque ait été appelée avec le nom de l’animal sous la* forme duquel elle était représentée, et que je ne puis admettre en conséquence l’étymologie d’Hésychius qui lait du nom de la reine. Sémiramis celui de l’oiseau sous la forme duquel était représentée la déité du même nom.

Sémiramis était connue aussi sous un autre nom,' qui était celui d’Atossa 3 , lequel s’explique facilement et sied bien à la déité de l’amour. 11 dérive selon moi du radical sanscrit tucb ou lûch gaudere, laetari., et au causal exhilarare 4 , précédé de la préposition â et suivi du suffixe

l.Lexicon. Lugduni Batav. 1668. 833.

2 De emendatione lemporum. Fragm. Vet» Graee. p. 43-

3 Fréret. Essai sur l’instoire et la chronologie des Assyrien*

de Ninive. Histoire de l'Acad. de* Inscriptions. T. V. (Paris 1729) II. 363. • *

4 Bopp. GL 155. b.

a, et il signifie selon moi : celui ou celle qui réjouit. On peut lui comparer le substantif sanscrit tôcha qui signifie joie K.

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