‹ Le sanscritisme de la langue assyrienne ou Les restes de la langue assyrienne recuillis et expliqués par le sanscritChapitre 9 sur 13 · II · texte numérisé non relu

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dont le participe régulier classique est dadhat i . • ' ’

En supposant que na servit à former en assyrien comme dans les Vêdas des participes actifs, je traduis le masculin Nina par conducteur et le féminin Nîtfâ, forme primitive de N/vos, pâr conductrice.

Or n’est-il pas tout naturel de croire que.

chez un peuple guerrier comme l’assyrien, conducteur hit le synonyme de prince, chef, souverain, roi ? C’est ce qui est arrivé aux mots nara et nitha qiii signifient tous les deux conducteur en sanscrit et dont le premier a, ainsi que' je l’ai déjà dit, le sens de roi dans les inscriptions assyriennes, sens, que l’autre possède en chaldéen comme on le verra dans l’appendice. Si l’on admet que rima ait* pu signifier également chef ou roi, comment ne pas croire que son féminin nînâ ne signifie capitale , métropole ?

* Pfcut-être, le mot ninâ était-il précédé ou suivi du nom même du pays de. l’Assyrie ; de manière que le nom de la capitale de- ce pays lorsqu’il était au complet ne signifiait autre chose que: Capitale de l’Assyrie. J’ai trouvé un exemple d’un nom de ville Semblable dans celui de l’ancieûne capitale des Bené Aramon ou Ammonites, peuplade finitime de la Palestiné. Le nom de cette capitale était Rabat Bené-Ammon, ce qui signifie Capitale des Ammonites, et il est presque

1 Westergaard. R. 1. S. 6. b. 8. b.

toujours. abrégé dans la Bible en Rabat, capitale. ■ •

Je n’ai fait jusqu’ici qu’analyser la forme que présente le nom de Ninive chez les auteurs grecs, mais il faut que j’explique aussi celle sous laquelle il se présente dans la Bible, qui est Nincvé ou Ninvé ; c’est ce que je vais faire.

Ninvé ne diffère de Nînâ que par le suffixe lequel au lieu d’être nâ est nvi, (féminin de nu, qui sert à former des adjectifs *), et avec l'addition d’un a inorganique (comme dans le grec vàFfia douce, pour le sanscrit svadvi id.) uvia ou nvê.

Il est vrai que le suffixe nu en sanscrit ne devient pas nvi , avec l’addition de l’i caractéristique du féminin sanscrit, et’ qu’il reste nu; mais cela ne fait pas opposition à ce qu’il le soit devenu en assyrien.

Rien ne doit moins étonner , ce me semble, dans la comparaison de deux langues de la mêr me souche, que de les voir différer quelquefois dans l’application d’une loi commune à toutes deux.

* Pour ce qui est de l’emploi de deux suffixes différents dans Nînâ et Nînvê, il est si commun dans ies langues indo-européennes et particulièrement en sanscrit de voir deux mots ayant le même sens différer entre eux par le suffixe, qu’il ne doit étonner personne.

1 Bopp. Gram. Sansi. § 757. n. 62.

JM)

En voici pourtant quelques exemples tirés du sanscrit.

Dana et dâya, don, de dâ donner i ; divan et divasa, jour, de div briller. Concluons donc: nînvê et ninâ quoique - différents par la suffixe n'en signifient pas moins ton* deux : la capitale de l'Assyrie. •

s XIV. • ■

UtPK Acrrtjfc Àtffoptai Assyrie.

Je vais clore l’analyse philologique des noms assyriens conservés dans la Bible par celui même du peuple qui donna son. nom au pays appelé Achur dans la Bible et A <r<rvpnx par les Grecs.

Rien n’est plus facile que de donner* une étymologie sans cri tique dtt nom de ce peuple , quoique personrie ne l’ait tenté jusqu’ici. D’après les règles posées ci-dessus Achur doit répondre au mot sanscrit Açura. Or qui ne reconnaît dans Açura le sanscrit çûra héros , qui existe aussi en rend avec le sens de fort , brave 2 , précédé de la préposition sanscrito-zende â, qui sc joint à divers mots sanscrits sans en changer la si* gnification, par exemple âvasati et vasati nuit , âçaya et çayya lit etc. 3 . En effet le nom de

1 Id. Gl. 167. 168. b.

2 Id. ibid. 353. Burnouf. Journ. Asiatiijue 1844 II. 496.

3 Bopp. Gl. 34. a b. 3 12. 345.

Si

l’Assyrie est écrit scion moi dans les inscriptions assyriennes tantôt cura et tantôt ' açura. L’existence de ces doux formes montre l’identité des noms .Syrie et Assyrie, et donne raison à Pline qui comprenait l’Assyrie dans la Syrie.

Je n’ai pas à m’occuper de la forme d’Atur que présente dans des monuments" relativement récents le nom de F Assyrie; cette forme n’étant qu’une corruption de- celle d’Achur, comme l’a bien reconnu M. Lassen dans son premier ouvrage sur les inscriptions cunéiformes persanes.

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