IV
|U1D Sàrgon.
Le nom'iki roi qui a bâti le monument de Ji horsabad .
Age de ce monument. Le titre roi des rois en assyrien.
Le nom que nous allons analyser a acquis depuis peu de temps une haute célébrité par l’opinion de quelques savants archéologues français , tels que MM. Lowenstern, De-Saulcy et Longpérier, qui ont cru le retrouver sous la forme de Sarkan, dans certains caractères cunéiformes qui se repètent très-souvent dans les inscriptions de Khorsabad • et qui doivent contenir le nom du roi par lequel ce monument a été bâti
Comme si l’on admettait que le nom du roi assyrien dont les victoires sont racontées dans . les inscriptions de Khorsabad est Sarkan et que ce nom doit être identifié avec celui de Sargon, l’étymologie que je donne de ce nom,. basée sur sa forme connue jusqu’ici, en serait infirmée; je crois devoir exposer ici mon opinion sur la lecture du nom royal de Khorsabad, opinion qui est toute différente’ de celle de M. Lowenstern et que je conçus avant de connaître la sienne. Selon moi ce nom ne doit pas être lu Sarkan ,
1 Journal des Débats. 10 Décembre 1847. Journal Àsiatîque 1847, Octobre p. 314. 324. et 1843. T. II. PI. IX. XIII. XV. 1. 1.
mais Nibaka, mot que j’identifie au persan monumental niba splendide, beau 1 , plus le suffixe ka, ou aka. Si le lecteur veut bien faire avec moi une petite excursion archéologique, j’espère lui prouver l’exactitude de ma lecture. '
' Voici d’abord les quatre caractères cunéiformes que l’on lit Sa. r.
ka. n. Les deux derniers sont pour moi, comme pour M. Lôwenstern, un R et un N; mais ce der-. nier ne me semble pas faire partie du nom; j’y vois au contraire la première lettre du mot suivant ou du titre roi, qui n’est pas écrit au complet , mais par da seule iniLiale , ainsi que dans les inscriptions' assyriennes de Persépolis. Ce. mot, quand il est au complet, se lit Nara, qui est le sanscrit vedique nara, dux 2 . L’initiale du mot nara roi est suivie dans les inscriptions de Khorsabad de son génitif pluriel naranan, mot dans la terminaison duquel (nan) l’on reconnaît facilement eelle du sanscrit et du zend nam, et-, qui complète le titre : roi des rois.
Par l’élimination du dernier caractère du prétendu nom de Sarkan, son identité avec le Sargon de la Bible en est déjà affaiblie.
Mais en outre les valeurs d’s et d r pour le6 deux premiers signes de ce nom ne sont selon moi rién moins que certaines.
J’observerai quant au premier que M. Lô-
1 Benfey. Die Persischen Iieilinschriften p. 97. b.
2 Lassen, Ànthologia Sanscritica p. 246.
vrenstem, qui lui donne maintenant la valeur d’S, lui donnait auparavant celle d’N‘ que je crois être la vraie, rour démontrer la vérité de mon opinion il me faudrait entrer dans, des discussions archéologiques longues et compliquées dont -ee n’est -pas le lieu, 'et qui trouveront leur place dans mon- ouvrage sur lès inscriptions assyriennes.. Je vais seulement extraire quelques lignes du .paragraphe, deuxième de cet ouvrage, où j’analyse la forme assyrienne du nom patronimique Àkhéménide. « J’observerai que le » signe dont nous cherchons ïa valeur parais- « sant quelquefois immédiatement après Pmd’A- » khéménès 2 f on ne saurait lui attribuer la » valeur d’s, car dans ce «as Tn radical dans le »nom d’Akhéménès se trouverait manquer, ce » qui est impossible; tandis qu’en attribuant à non tre signe la valeur d’n ce serait la voyelle, a )) qui ne serait pas représentée, ce que nous avons n déjà’ vu arriver dans le nom d’Auramazda >> (Ormuzd^y^ 1
Cette simple observation me semble être à elle seule concluante, et prouver que le signe en question n’esl pas un s, mais un n..
J’en joindrai pourtant Une autre : c’est que ce signe est remplacé quelquefois* par l’initiale de nara, qui èst aussi pour M. Lowenstcm un n 3. Cela s explique lorsque l’on donne à ce si-
1 Exposé etc. p. 33. * *■
2 Journal Asiatique 1840. PI. VII. n. 3. 1. 20.
3 Id. 1844. PI. XXXIV. I. 8.
gne la valeur d’n, mais lorsqu’on lui -donne celle d’s, cela lue semble tout-à-fait inexplicable.
Passons au second signe du nom de Nibaka, auquel M. Lôwenstem donne la valeur d’R. Ce signe est substitué danS les inscriptions assyriennes de Van au caractère 1 dans le* nom d’un roi très-important qüe je me réserve d’analyser ailleurs, sa lecture qui me conduirait trop loin dé mon sujet étant ici inutile.
Il Suffit de dire ici que ce caractère doit être un B, car il. en possède la valeur dans l’alphabet cunéiforme persan 2 , et cette valeur lui siéyant bien dans la forme assyrienne du nom d’ Üystaspéj où il paraît le dernier 3 4 . Ce serait une raison pour dire que le second signe de NibaRa qui en est le substitut est aussi un B; mais cela est démontré victorieusement par le nom de la Bactriane dont ce signe est l’initiale \ Le second signe "du nom du roi de Khorsabad est donc un B. Quant au troisième signe, je lui donne là valeur du K, par des raisons qu’il est inutile de rapporter ici, puisque je suis d’accord en cela avec M. Lôweristern. En résumé, le ilom du roi de'Rhorsabad se compose de