Ibid. PI. VI. n. 40. 1. 2. n. 41. 1. 2. et passim
2 Rawlinson The Persian Cuneiform inscription at Behistiin. P. 2. PI. 1.
3 Mémoires de la société royale des antiquaires du Nord. Copenhague 1844 Tab. XIII. B. J. 4.
4 Ibid. Tab. XVIII. b. 1. 14. in fine.
trois caraotères, auxquels je donne les valeurs de N, B et K, -et que je lis ensemble Nibaka.
Il y a loin, on voit, du nom de Sargon à celui de Nibaka ; et en conséquence la lecture de cè nom ne peut .en rien, infirmer l’étymologie que je donnerai du premier.
• On "voit en outre que-le monument de Khorsabad n’appartient à. aucun dès rois assyriens mentionnés darts la Bible. Il doit donc appartenir selon to'ùte probabilité à* ufl roi antérieur à Pul, le premier d’entr’eux, qui vivait vers la moitié du huitième siècle avant l’ère vulgaire. Gela est d’ailleurs rendu presque nécessaire par la considération qu’il njest pas probable que daiis le coûrt espace de temps qui s’écoula entre Esarhaddon le dernier roi assyrien biblique', sous lequel 1 empire assyrien commença à s’affaiblir-, et la fin de cet empire, il ait existé un roi assyrien qui ait fait lés nombreuses conquêtes qui sont représentées sur le monument de Rliorsabad , et qui ait eu le loisir d’élever un si . grand monument. Ce monument rémonterait en conséquence à Une époque plus reculée de celle qu’on croit communément; et qu’on, ne pourrait faire descendre .plus bas que la première moitié du 8 e siècle avant l’ère vulgaire , et que je suppose n’être pas loin de l’an mille avant la même ère. - ■ . . .
Gela explique pourquoi le nom de Nibakanous est parfaitement inconnu dans l’histoire. En effet nous ne savons presque rien de certain
sur Phistoire assyrienne, an delà de ce que nous en dit la Bible , qui comprend dans ses récits une fort courte portion de. la durée de l’empire assyrien. C’est pourquoi l’histoire de cet empire est encore à foire. Les seuls secours que nous ayons pour cela étant les. inscriptions assyrien* nés mêmes, il n’est pas.- à s’étonner si 'ces in* scriptions nous révèlent tout. à. .coup des noms et des faits nouveaux. Il est à désirer au contrai* re que 1 histoire assyrienne se fosse le plutôt possible par la découverte d’un grand nombre de faits et de noms nouveaux. Quiconque en étu4iant les inscriptions assyriennes ne chercherait. à y trouver que les noms des rois assyriens de la Bible et fes faits bibliques concernant ces rois , en écartant toute idée de l’inconnu , retarderait par cela même le déchiffrement des inscriptions assyriennes, la restitution de la langue de ces inscriptions , la réorganisation de l’histoire et la révivification dé la nation assyrienne. . •*.
Ilçstà désirer certainement que Ion puisse retrouver dans les inscriptions assyriennes . les faits et gestes des rois assyriens de la Bible, pour la confirmation de ses recils, et pour pouvoir classifier ensuite les faits nouveaux d’après ceux qui nous sont connus et dont l’epoque est établie avec quelque certitude; mais ce qu’il ne faut pas perdro de vue dans l’étude de ces - inscriptions c’est à mon avis que ce qui nous est inconnu dans Phistoire qu’elles doivent nous
retracer, surpasse infiniment ce qui nous en est connu tant par la Bible (pie par les récits presque tous fabuleux des grecs.
Après cette digression que le lecteur voudra me pardonner, j'espère, je reviens à l 1 2 étymologie de Sàrgon.
Gésénius se borne à extraire d v une lettre manuscripte de Bohlen, les mots suivants relatifs à cette étymologie: « Persice nomen scribas » sarguna, caput pulclfritudinis. Ad alteram syl- » labam conferre etiam possis sanscritum guna,
» virtus, robur, sapientia » *.
'•. Comme, d'après ce que j'ai dit dans les deux paragraphes précédents , le sanscrit cira y d’où vient le persan sar, est reproduit en assyrien paf lè mot eser, je ne saurais admettre pour ce mot une autre forme telle que le sar de Sargôn. Je serais en conséquence d’opinion de voir dans ce sar le sanscrit Sara, eximius, egregius, optimus K
J’observerai quant au persan guna identifié par Bohlen avec la dernière syllabe de Sargon, qu’il n’a pas le sens de beauté qu’il lui donne, mais seulement ceux de couleur et de forme 3 4 . Avec le sens de couleur il existe aussi en zend,. sous^ la forme de gaona K II est singulier que le persan guna existe aussi en syriaque et en araméen
1 Thésaurus (1840) p. 972. a.. * -
2 Bopp. Gl. 375. a.
3 Castelli. Lexicon. P. II.. cln. 482.
4 Burnouf. Jourual Asiatique l84p- I. 414.
avec le sens de couleur et de forme dans les mots gun, gauno et guevan 1 que Reland régardait comme dérivés du persan 2 . Le sanscrit guna n’a pas tous les sens que lui donne Bohlen, mais seulement celui de qualité, et spécialement de bonne qualité, ou vertu 3 . Ce mot est, ainsi* que Bohlen l’a bien vu, identique à la dernière syllabe de Sargon, laquelle aura par conséquent le sens de qualité. - •
Les deux syllabes de-.Sargon sont donc deux mots distincts, dont -l’un est l’adjectif sanscrit sâra très-bon, èt l’autre le substantif sanscrit guna qualité ,■ qui réunis ensemble forment un composé possessif — de la classe nommée Bahuvrihi en sanscrit — auquel il faut suppléer , comme cela se lait en sanscrit 4 et dans- diverses langues 6anscritiques , l’idée de possession > et que l’on devra traduire par : doué de très-bonnes qualités ; ce qui est précisément le sens du sanscrit gunin 5 . * .
1 Castelli. Lexicon Syriacum ed. J. D. Michaelia Goettingae 1788 p. 142 et J. Buxtorf- Lexicon chaldaicum. Basilée. 1638 cia. 403.
2 Had. Relandi, Dissertationes P. II. p. 284.
3 Bopp. Gl. 105. b.
4 Id. Gr. Sansk. § 595.
5 Id. GI. 105. b.
2HI1JD Sanhérib. Sacy-x yoipï{&t>$ :
L’éthologie de ce nom adoptée par Gésénius, appartient comme celle de Sargon à Bohlem, qui l'expliquait par exercituum victor en supposant quîil représentât les deux mots sanscrits. sênâ exercitus, et gribh, racine qui signifie capere, rapere, et avec quelques prépositions devineere. Mais quoique cette étymologie soit ingénieuse je ne puis pas la suivre, car sênâ est différent du san dé Sanhérib et de 2«yayolpiBos (forme de ce nom chez Hérodote 1 2 ), .et gribh ne présente paç une bien stricte analogie avec hérib et yapiBos qui s’accordent à placer une voyelle entre l’h et JY, tandis. que cette voyelle n’existe pas dans le sanscrit gribh. Si cette voyelle est a dans yoipiBoç et e dans hérib, c’est que les hébreux auront changé l’a primitif, conservé intact par Hérodote , en e , à cause du plus d’homogénéité que présente cette dernière voyelle avec l’i* de la sillabe suivante ri; et si Hérodote a placé entre l’n et l’h de Say*- X*pt&os un a qui n’existe pas dans Sanhérib, c’est parce qu’il, employait le dialecte ionique qui aime, comme on sait, la multiplication des
1 (iesen. Thésaurus, p 962. a.