S VI
pVnDK Esàrhaddon.
Je me borne à rapporter l’étymologie qu’ .adopta Gésénius pour ce nom, car elle ne mérite pas être sérieusement discutée.
Esarhaddon serait selon lui en zend Athrôdana, ignis donum 2 .
Selon moi esar n’est autre chose que l’eser (chef) de Tiglatpileser et de Chalmaneser , qui a été plié par les hébreux aux lois euphoniques de leur langue , qui exigent que le second e bref d’eser se change lorsqu’il n’est pas final, en a.
Haddon, mot dans lequel la réduplicalion du
1 Livre IV. des Rois. 18. 35.
2 Lex. Manuale, dernière édition s. v.
d , indique que cette consonne était prononcée en assyrien avec une sorte d'emphase que les hébreux ne savaient rendre autrement; vient de la racine hadh , laquelle remplace à mon avis , avec la permutation, usuelle en zend et dans le persaan monumental, de l’s sanscrit en h 4 , la racine sanscrite sâdh qui entr’autres sens possède celui de superare, vincere. 1 2 . En joignant à ce radical le suffixe una qui forme quelques adjectifs en sanscrit, nous obténons le mot hadhuna, qui signifiera victorieux.
La traduction d’Esarhaddon sëra en conséquence: chef victorieux.
S vil.
Chàretzer et ■fjQTW Adrammélérh.
Charetzer est le nom d’un fils de Sanharibha que Gésénius traduit par prince du feu, en prenant char pour l’hébreu sar prince, et etzer ; pour le persan azar 3 4 . Mais char me semble représenter plus exactement le sanscrit çara flèche * quç non l’hébreu sar, le ç sanscrit devant être représenté en hébreu par ch , comme dans chalman qui est pour çarman. Quant à etzer je pré-
1 Bopp. Vergleichende Gram. $ 53. Benfey. p. 96.
2 Id. Gl. 373. b.
3 Lex. Manuale.
4 Bopp. Gl. 345. b.
fërerais d’y voir au lieu du persan azar un dérivé avec le suffixe ra 1 de la racine sanscrite ich -ou itchh avec le sens d’ire, dans la forme causale emittere, jaculari 2 , dont la caractéristique sanscrite ya se sera contractée Jpg' 1 ê ainsi qu’en latin et en pracrit 3 4 et aura ihfjfué sur l’i de la racine qui , ainsi que cela a lied en sanscrit par l’ effet du guna, sera devenu ê *. D’après cette hypothèse lemotetzer signifiera t qui lance, et Charetzer tout entier ; celui qui lance (bien) des flèches, c’est-à-dire, un excellent archer.
La Bible mentionne un frère de Charetzer qu’elle appelle Adrammélékh, nom du dieu d’une ville de la Baby Ionie, qui n’est pas d’origine sanscritique, mais tout-à-fait sémitique.
Cela sert à confirmer mon hypothèse relative à la confusion de deux races différentes sur le sol 1 Assyrie, races qui ont dû faire l’une à l’autre de nombreux emprunts. Car c’est par un de ces emprunts qu’Adrammélékh, le nom d’une divinité sémitique, adorée aussi par les conquérants indo-européens de l’Assyrie, est devenu le nom d’un fils du roi Sanharibha.
1 Id. Gram. d. Sansk, Sp. § 576. n.° 37.
2 Weslergaard. Radices linguae sauscritae Bonn. 184t. p. 278. a.
3 Bapp. Vergl. Gram. §
4 Id. Gram. d. Sansk. Spr. § 33.
Jh m.
s VIII.-.
' • ÎJVVl Tartan.
Ce nom est Celui d un général assyrien qui vécut sous les rois Sargon et Sanharibha; Gésénius y voyait les mots persans tar tan, qui signifient: le sommet du corps, et qu’il traduisait par : haut personnage (hohe Person i ).
J’admets avec Gésénius. que la dernière syllabe de Tartan correspond au persan tan qui vient du sanscrit et zend tanu 2 * 4 (corps) ; mais il me semble que la première partie,! tar, doit se rapporter au sanscrit classique tara , étoile , qui vient du védique star, avec élision de la sifflante et l’addition d’un â inorganique et dont -4a forme primitive a dû être tar ou tar.
Bans cette hypothèse le Tartan assyrien , qui serait en sanscrit classique târâtanu , doit signifier: celui qui- a un corps semblable aux étoiles, c est-a-dire très-splendide. Il y a en sanobjectif, dont le sens est le même $ c’est tararupa (( stellae formant habens »
1 Commentar über den Jesaja, Leipzig. 1821 p. 643.
2 Burnouf. Journal Asiatique 1845 p. 426. Bopp. Gl. 148. b.