‹ Le sanscritisme de la langue assyrienne ou Les restes de la langue assyrienne recuillis et expliqués par le sanscritChapitre 6 sur 13 · S IX · texte numérisé non relu

S IX

"lfîJDK OSNÀPAR.

Osnapar a dû être, d’après le livre d’Èzra (IV î 0.) le nom ou le titre de celui qui transporta diverses peuplades de la Mésopotamie et- de la Perse en Palestine après la destruction du royaume de Samarie , d’où elles prirent le nom commun de Samaritains.

Cet Osnapar est certainement assyrien, car ce furent les assyriens , qui après avoir détruit le royaume de Samarie et transporté ses habitants dans les parties orientales de leur empire, le repeuplèrent de ces diverses colonies.

Personne n’a donné que je sache une étymologie pour ce nom, qui est pourtant très-facile à expliquer. Il est suivi dans le texte d’Ezra des titres Rabà et K*Vp’ Jakirà, qui signifiènt grand et cher, précieux, honorable, qui en sont, je crois, la traduction.

Voilà comment je justifie mon hypothèse.

J’identifie Osna au sanscrit védique ukchita grand 4 , et par au sanscrit classique .para eximius , praecipuus; altus, altissimus, summus 1 2 . La seconde identification n’a pas besoin de commentaire , elle est évidente. On verra .que l’on

1 Bopp.' Gl. 304. b.

2 Id. ibid. 209. a.

doit en dire de même pour la première , si l’on veut faire attention aux raisonnements suivants. Ukchita dérive du radical yakch crescere, avec contraction de la syllabe va en u et l'appositi^H du suffixe ta formant les participes parfaits passifs , rattaché au radical par la voyelle de liai-, son i. Or le sanscrit possède, outre le suffixe ta le suffixe na , qui forme comme lui des participes parfaits passifs, mais sans voyelle de liaison entre la racine et lui 1 ; ce suffixe existe également' en zend. Si nous substituons donc na au suffixe ta,- nous aurons ukchna au lieu d’ukchita , qui est la forme védique du mot. Si dans ukchna par une contraction bien naturelle tendante à faciliter la prononciation de la parole * nous élidons la gutturale k, il nous reste uchna ou usna, duquel il n’y a qu’un petit pas à faire pour arriver à osna. Cette élision se présente même dans le latin vas-tùs, que Bopp fait dériver de vakch 2 .

Osna étant identique au védique ukchita, il signifiera comme lui, grand; par, identique au sanscrit para, signifiera également excellent, distingué. '•

En conséquence Osnapar aura le même sens que les mots araméens réunis , rabà et yakirà , qui le suivent dans le texte d’ Ezra, c’est-à-dire celui de grand et précieux ou excellent j et il

1 H- Gram. d. Santk. Spr. $ 542.

2 Id. Gl. 304. b.

sera un composé semblable à ceux qu’on appelle en sanscrit dvandva et qui consistent dans deux ou plusieurs substantifs ou adjectifs placés* l’un près de l’autre, sans qu’ils soient liés entr’eux à l aide de conjonctions intermédiaires 1 .

nns Paha.

Paha, était chez les persans le titre dés gou- . verneurs particuliers des provinces ; -chez*- les assyriens au contraire ce titre était celui des commandants des troupes ?.

Comme il n’est pas historiquement possible que les assyriens Paient reçu des persans, il doit * être un mot d’origine assyrienne , lequel passa de la cour des rois assyriens dans celle des rois persans en recevant une destination différente de la primitive ; chose très-naturelle» et qui n’a que trop d’exemples dans les langues européennes. Quant à l’étymologie même du mot Paha, on en a proposé plusieurs, toutes fort lointaines. Celle qui semble avoir plus de probabilité et qui a été adoptée par Gésénius a été proposée par Benfey, et consiste à voir dans Paha lef sanscrit Pakcha amicus, assecla, qui devient en pracrit, dialecte vulgaire de P Inde dérivé du sanscrit, pakklia 2 . .

1 Bom>. Gram. d.Sansk. Spr. $594.

2 Gesenius. Thésaurus, p. 1100. a.

Mais il* me semble qu'on • puisse expliquer plus facilement Paha en s’appuiant sur les relations intimes que nous avons vu exister entre l’assyrien dune part et le zend et le sanscrit védique de l’autre, et sur la destination primive du mot paha.

Pa est selon moi la préposition sanscrite pra avant i , avec l’élision -de la liquide r r qui a lieu aussi dans le passage de là préposition sanscrite. prati en païti.danS le zend, en. patiya dans le persan monumental, et en pati dans le pâli ou langue de nie de Geilan 2 . Ha dérive de la racine sanscrite des Vêdas hâ aller, marcher. 3 , et avec l’ahréviatioh de la voyelle a à la fin des compo* 1 sés, celui qui va ou marche 4 . Dans cette hypothèse Paha aurait le sens de : celui qui marche au devant, c’est-à-dire conducteur; ce qui s’accorde hicn avec la chargé du Paha. ' : ■ .

TOfiP Tifsab. ’

Tifcar est le titre d’une charge dans l’armée assyrienne. Il est impossible d’établir avec cer-

1 Bopp.. iliid. $111, ~ .. . *

2 Rawlinson. The persian cuneiform inscription at Beh istun.p. 101. London 1847.

”* Bopp. G1 400. a.

titude quelle était la différence qui passait entre l’autorité du Paha et celle du Tifsar ; on ne peut pas même conjecturer si le Paha était subordonné au Tifsar, ou si celui-ci l’était au Paha.

Quant à l’étymologie de . Tifsar , voici ce qu’en dit Gésénius i .

«Posterior vocabuli pars "ID sar probabili- » ter est semiticum "IIP çar princeps, quod etiam î) innominihus babylonicis satis.frequens est, cf. «Belsazar, Nebucadnezar , Nabopolassar cet.

» Qiiid valeat prio’r ejus pars taf, tap (tif, tip) nex lingua zendica fortasse olim docebimur »*) accuratius j ex hodierna lingua (persica) qui . )J conjecturam fecerunt, vel contulenmt tav, un- » de tavsar dux bellicus, -vel quod minus placet )> tab altitudo, ünde tabsar, princeps altus.n Ainsi selon Gésénius la dernière partie du mot .tifsar serait identique* à l’hebreu "îîP sar prince auquel nous avons vu qu’il identifie autre part l’assyrien char qui est selon moi le sanscrit çara, flèche •(§ 7.) Il y a donc ici contradiction.de la part de Gésénius ; car si l’hébreu sar est en assyrien char, il ne peut pas s’y présenter sous la forme de sar. Selon moi cette contradiction disparaît , car j’ai déjà dit que le sar assyrien (dans Sargcm) est le sanscrit sâra, mot qui a diverses significations, et à la fin des composés possessifs signifie force, vigueur 2 .*0r, comme dans Tifsar, sar est la dernière syllabe du mot,

1 Thésaurus. 554. a.

2 Bopp. Gl 375.. a.

j’en conclus que ce mot est un composé possessif, et que sâr doit- y avoir le sens.de force’, vigueur. Pour le zar ou tzar des noms chaldéens, comme Nabucadrazar'etc. que G.ésénius identifie au sar hébreu et au sar assyrien, nous verrons dans l’Appendice qu’il n’a rien à faire avec eux , et comment il doit être expliqué. •

La .première syllabe de Tifsar, tif, est à mon avis un radical analogue aux- sanscrits div splendere, dîp, fulgere, splendere,- tap calefaeere, urere, dont le participe parfait passif tap-ta signifie splendens i . Or l’on sait que du radical div être splendide, dérivent en sanscrit les mots div; ciel, et dèva dieu, proprement splendide 2 . Je suppose que de même le radical assyrien tif, ou le substantif tifa, analogue au sanscrit dipa lucerna, ait signifié ciel oü dieu.

Alors Tifsar ou Tifasar devrait signifier : celui qui a une force divine -oü céleste. Un composé analogue et possédant la même ' signification $e rencontre dans le sanscrit divyaprabhava « caelesteni potentiam habens » 3 .

; ; S xn - ; . ;

*PW Nisbor.

' Le seul nom de déité assyrienne que nous ait conservé là Bible est celui de Nisrok. L’on

1 Id. ibid. 168. a. 170. b. 149. a. b.

2 Td. ibid. 168. b. 175. b.

3 Id. ibid. 169. a.

a cherché à expliquer ce nom par l’hébreu "HM nècher et l’arabe nisr , aigle 1 . Mais même eu admettant que Nisrok fiât représenté par lés assyriens par une. aigle, ou avec une tète d*aigle, il est fort étrange et sans exemple qu’on ait donné à la divinité le nom de l’animal sous la figure duquel elle était représentée. . -.

Bohlen consulté par Gésénius sur l’étymologie sanscrite de .Nisrok lui en proposa trois 1 ,

• \ . Niçroka lumière de nuit , ou lune, de niç nuit, «t rok primitif de rutch , zçnd raotch lumière. .

2. Ntiçroka qui exauce les liommes, de nri homme , et çroka pour çrvaka de la racine crû écouter et du suffixe aka.

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