S XIII
îlWJ Ninevé, N/m Ninos, Ninive.
Les sémitistes ont cherché à expliquer le nom de la capitale de l’Assyrie par l’hébreu Nin navè, habitation de Nin ou Ninus, le préténdu fondateur de l’empire assyrien. Cette, étymologie, comme le dit bien Gésénius *, ne peut pas être acceptée, car l’hébreu ne mettant jamais les cas obliques au devant du cas rect, la forme du nom aurait dû être nevç Nin et non Nin navè. J’ajouterai que, ainsi/pr’on l’a douté plusieurs fois, Ninus le fondateur de l’empire assyrien n’a jamais eu une existence personeUe et qu’il doit être relégué (avec les Hiérosolymos, les Lacédémon , les Romus etc. etc. , personnifications des villes auxquelles ils sont censés avoir donné leur nom ) dans le domaine de la fable.
Gésénius après avoir réfuté victorieusement l’étymologie sémitique , ne donne pourtant aucune étymologie sanscritique de Ninive , mais il ajoute seulement; rectius origo in lingua san- » scrito-zendica quaerenda erit , qua de re vide » Appendicem ».
J Thésaurus 882. h.
Mais l’appendice du Thésaurus n’ayant jamais paru, car la mort prématurée de l’auteur l’a empêche, on ne connaît pas l’opinion de Gésénius sur l’etymologie de Ninive. Pourtant com- • me la dernière édition de son Lexicon manuale, publiée après sa mort, ne contient rien de nouveau à cet égard, il semble que les .recherches . de Gésénius et de ses doctes ainis n’avaient abouti à rien.
Quoi qu’il en soit, je crois qu’on puisse donner facilement une étymologie sanscrite. du nom de Ninive.
Commençons par analyser la forme que présente ce nom chez les auteurs • grecs de l’antiquité: Nivos au genre féminin. En substituant à la terminaison grecque os la terminaison sanscrite correspondante a, nous aurons ninâ pour le féminin et nina pour le. masculin. En cherchant ensuite la racine de ninâ nous la trouverons facilement dans la sanscrite nî 1 qui signifie conduire. La syllabe ria qui se joint au. radical nî sera alors le suffixe sanscrit et zen d na 2 , lequel forme non seulement des participes passifs, mais aussi quelquefois, en spécialité dans le dialecte des Vêdas. dçs participes actifs ; par exemple : dâna donnant, de dâ donner, dont le participe régulier dans le sanscrit classique est dadat ; dadhâna mettant , de dhâ mettre ,
1 Bopp. Gl. 199. b.
2 Id. Gr. Sansl;. § 542. Bumouf. Joum. Asiatique. 1840.