JE 6RIHPAI, J'ATTEIGNIS LA FENÊTRE
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chercher quelque chose qu'elle ne trouvait pas. Cela dura quelques instants ; enfin je la vis s'approcher de la cage, une boîte à la main; elle pencha la tête vers le sansonnet. « Petit joli ! petit mignon ! y> lui dit-elle; et le sansonnet lui répondit par un: ce Bonjour madame Duysens!:» parfaitement accentué.
— Oh ! le sot, qui me prend pour madame Duysens, » s'écria Mitche en éclatant de rire.
Et elle s'en alla.
J'entendis ses petits pas dégringoler le long de l'escalier de bois. Je sortis de ma cachette, je m'élançai vers la vigne, je grimpai, j'atteignis la fenêtre, je saisis le sansonnet...
Qu'est-ce qui avait donc pu me faire croire qu'il ne crierait pas? Il poussa, au contraire, les cris les plus aigus qui soient jamais sortis d'un gosier emplumé, et je n'eus d'autre ressource, pour le faire taire, que de lui serrer un peu le cou, en le fourrant dans ma poche. Rien qu'un peu, mais cela suffit: il se tut subitement.
Je descendis bien vite, plus vite même que je
ne voulais, car à ce moment le chat de madame Duysens traversa le verger, pourchassé par le chien du boucher, et j'eus grand'peur que madame Duysens n'arrivât au secours de son chat. En me hâtant, je pris mal mes mesures, et je tombai. Heureusement que je ne m'étais pas fait grand mal ; je me relevai, je pris ma course, et comme tout cela avait pris du temps et que M. Duysens devait maintenant être sorti de la classe et se tenir debout sur la porte, regardant s'éloigner les derniers élèves, je passai par des chemins détournés pour gagner la tourelle. Je pris pourtant le temps de regarder si ce chien n'avait pas avec lui un maître qui eût pu me voir; mais je ne vis personne. Un cabriolet passait sur la route : c'était probablement ce cabriolet qui avait effrayé le chien.
Comme j'arrivais à la tourelle, je pensai que je pouvais sans danger donner un peu d'air à mon sansonnet ; car il était à moi maintenant. J'ôtai ma main que j'avais appliquée sur ma poche pour la tenir fermée :1e sansonnet ne fit pas mine de
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vouloir sortir. Je m'étonnai : il était bien tranquille là dedans ! J'enfonçai ma main dans ma poche, je mis au jour la tête de Toiseau... Hélas! les yeux fermés, le cou flasque, un filet de sang des deux côtés du bec entr'ouvert... Épouvanté, je tirai vivement le sansonnet de sa prison... Il n'y avait pas à douter, il était mort, bien mort. Lui avais-je serré le cou un peu trop fort? Ou bien étais-je tombé sur lui en descendant de la fenêtre ? Je ne l'ai jamais su, mais il était mort, et je restais là, ahuri en face de mon crime inutile.
La voix de ma mère m'éveilla comme en sursaut :
a Kobus! mon petit Kobus! ta soupe va être froide ! Kobus ! où es- tu donc? d
Et la voix grave de mon père se fit entendre aussi, appelant: « Kobus! Kobus! i>
Vous avez lu dans la Bible l'histoire de Gain? Cela fait frémir, n'est-ce pas, lorsque l'Éternel lui dit: Gain! Gain ! qu'as-tu fait de ton frère? Eh bien, je n'ai jamais pu la relire depuis ce