U LE SANSONNET
Jeannette Tromp vint tout animée le raconter à son frère, en ajoutant que « cela devait être encore celte vilaine Mitche. »
(T Comment, Mitche! m'écriai-je. Tu mens.
Jeannette; Mitche n'a jamais rien pris à personne, elle n'en est pas capable !
— Oh! qui sait? reprit Jeannette. Toi, Kobus, tu la défends, et tes parents aussi ; mais vous ne pourrez toujours pas dire que c'est Putty qui a pris le dé/if
Je n'en écoutai pas davantage; j'avais tout compris, et je savais ce qu'avait voulu dire mon père. Mon pardon, est-ce que je pouva^^ le gagner tant que je me dérobais à l'expiation, tant que je jouissais comme un hypocrite d'une bonne réputation volée, pendant qu'on continuait à chuchoter autour de Mitche « que cette affaire-là n'était pas claire ï>, et qu'on accusait la pauvre enfant de tous les détournements dont on pouvait s'apercevoir? Je m^é^gai au milieu du groupe des filles, où Rosa pérorait, expliquant en quel endroit de la classe elle éidât sûre
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d'avoir laissé son dé. Les autres, tout en l'écoutant, jetaient des regards malveillants vers Mitche, qu'elles avaient laissée un peu à l'écart.
« Qui est-ce qui dit du mal de Mitche? »
criai-je d'un ton irrité.
Elles reculèrent; mais Rosa, forte de son droit, répondit hardiment :
« J'avais laissé mon dé tout près de sa place, et il n'y est plus. Elle n'a fait que le regarder hier pendant toute la classe... et puis enfin, on sait bien que personne n'a plus confiance en elle depuis l'histoire du sansonnet. .
— Du sansonnet! Ah! on l'accuse encore!
Eh bien, je vais vous la dire, moi, l'histoire du sansonnet!
— Kobus! cria Mitche en se jetant sur moi et en essayant de me fermer la bouche.
— Laisse-moi, Mitche, il faut que je parle; d'ailleurs, il y a assez longtemps que cela me pèse... Cela ne sert à rien de dire la moitié de la vérité et de cacher l'autre... J'ai dit que tu étais innocente, et on n'a pas voulu le croire; à
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présent, je dirai qui était le coupable. Holà ! Jans Tromp, Rip Janssen, David, Cornélius!
venez tous entendre l'histoire du sansonnet! > ^ Ils accoururent; j'eus un moment d'hésitation, quand je les vis pressés autour de moi, bouche béante; mais ce moment ne dura pas plus qu'un éclair. Sans m'arrêter je fis à haute voix, de mon plein gré, la confession publique que mon père voulait m'imposer six mois auparavant, et que la compassion de Mitche m'avait épargnée. Et quand j'eus fini, comme je n'osais pas regarder mes camarades et que j^allais m'éloigner, tenant dans ma main la main de Mitche, qui s'était serrée contre moi tout le temps que je parlais, Jans Tromp m'arrêta en me disant d'une voix enrouée :
(L Ne t'en va pas, Kobus; tu* n'étais pas obligé de nous conter tout cela, personne ne t'y forçait : tu t'es conduit comme un brave garçon aujourd'hui, il y a bien de quoi racheter la vieille histoire. y>A
Il me tendait la mam, et je vis aussitôt toutes
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les autres mains tendues vers moi. Je regardai Jans: il avait des larmes plein les yeux; c'est sans doute pour cela que sa voix était si enrouée.
Pendant que je jouissais de ma propre estime, que je venais de reconquérir sans perdre celle des autres, Rosa tira Mitche par sa robe :
« Pardonne-moi, Mitche, je t'en prie... je l'ai retrouvé au fond de ma poche... il s'était fourré dans une pelote de laine... -»
Et elle levait en l'air le fameux dé d'argent qui brillait au soleil. Il aurait fallu être bien obstiné pour conserver des dbutes sur la probité de Mitche.
Je ne sais pas qui raconta l'histoire à mon père; mais il la savait déjà quand je rentrai à la maison, car il me donna une poignée de main comme à un homme, et je lui trouvai un air joyeux que je ne lui connaissais plus depuis longtemps. Et le soir, quand,en quittant la salle pour monter me coucher, je lui dis comme à.
l'ordinaire : « Bonsoir, père!, ib il m'ouvrit ses bras en me souriant. Ah! comme nous nous em-
brassâmes ! Il tremblait de joie quand il me disait : «: Je ne suis plus honteux, à préseiit, mon brave Kobus! y>
J'avais gagné mon pardon.
— Ahl bien sûr! y> s'écria dame Heeren.
Et toutes les commères réunies autour de maître Woormans répétèrent en chœur : — Bien sûr! bien sûr!
« Voulez-vous maintenant que je vous dise mon idée là-dessus? reprit le pilote. C'est que ce n'est pas par une sévérité exagérée qu'on ramène un coupable au repentir. Si mon père m'avait forcé, le jour de ma faute, à faire devant mes camarades cette confe^sipn publique|dont personne ne m'aurait su ji>é^ JB serais sorti de là bl anchi a mes yeux, et irrité contre l'univers entier ; je n'aurais pas compris qu'on se souvînt de mes torts, et au lieu de chercher humblement à les réparer, je serais devenu déplus en plus mauvaise^
La pitié deMitcheme sauva; je fis l'aveu plus lard, de mon plein gré, poussé par un mouve-
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ment spontané de mon cœur, et ceux à qui je le fis comprirent ti*ès bien le sentiment qui m'avait guidé, puisqu'ils me tendirent la main et me déclarèrent absous par mon repentir.
Mais si j'étais absous à leurs yeux, je ne Tétais pas encore aux miens ; et pendant bien des années, quand je rencontrai quelque tentation sur ma route, le souvenir du sansonnet vint me rappeler que j'avais une mauvaise action à réparer et à expier, et que je devais me tenir sur mes gardes pour éviter de retomber dans le mal.
A mesure que le temps s'écoulait pourtant, je dois le dire, ce souvenir perdait de son amertume; cela tenait sans doute à ce que je ressemblais de moins- en moins au voleur du sansonnet. Il finit même par me devenir tout à fait étranger; en vérité, quand j^e fus devenu un homme, il me semblait que ce méchant Kobus n'était plus moi; les autres paraissaient être de mon avis là-dessus. Et Mitche? Ah! Mitche!
j'aurais bien voulu connuître son opinion sur
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moi. Elle était toujours bonne et douce, et elle me parlait avec amitié; mais m'estimait-elle? J'avais bien envie de le lui demander; seulement, je craignais encore un peu sa réponse.
Je pris mon courage à deux mains, le jour où j'obtins la place de pilote ici où nous sommes, et j'allai trouver Mitche chez^sa mère.
« Mitche, lui dis-je, — je ne savais comment lui tourner cela, — tu es toujours restée mon amie depuis... depuis l'affaire du sansonnet... i>
Au souvenir de ce sansonnet, que je ressuscitais au bout dé dix ans. Mitche me regarda d'un air ébahi, et elle se mit à rire.
« Certainement, Kobus, certainement! répondit-elle. Pourquoi reparles-tu de cette vieille histoire?
— Parce que..% je voudrais savoir si tu as de l'estime pour moi.
— Bien sûr! est-ce que tu ne la mérites pas?
— A présent, j'espère que si; mais dans ce temps-là...
DE MADAME DUYSENS. 8î
— Eh bien, ce temps-là, il est Ipin, et tu n'es plus le même. Es-tu rassuré?
— Alors lu m'estimes? tu pourrais même avoir du respect pour moi, au besoin?
— Tu veux du respect, à présent? Quel ambitieux l Eh bien, oui, je te l'accorde, mon respect : c'est un sentiment qu'on ne peut pas refuser à^un honnête homm^i^
— Tu as dit un honnête homme, Mitche! je suis content. Ce que j'ai à te demander maintenant, j'enverrai mon père le dire à ta mère. C'est bien comme cela que les choses se sont passées, n'est-ce pas, ma bonne Mitche? ^ dit tout à coup le pilote, interrompant son récit pour s'adresser à sa femme.
^ <3L Mitche 1 s'écria dame Heeren, c'est madame Woormans qui est Mitche?
— Mon Dieu, oui : Mitche, Marianne, c'est la même chose. Vous voyez par mon histoire qu'elle a toujours été bonne comme aujourd'hui.
— Eh bien, elle vous a rendu bon comme elle, voilà tout ! 3) répliqua dame lleeren. y
Et personne ne la contredit.
« Alors, reprit le pilote, si nous revenions un peu à ce pauvre Pieter? ^
— Ah! oui, c'était à propos de lui... Eh bien, s'il se repent, s'il se conduit comme il faut, on verra à avoir de l'indulgence pour lui... A tout péché miséricorde 1 > ,
Le maître de Papillon se nommait Grégoire, et c'était un pauvre garçon sous tous les rapports, v D'abord, il était orphelin, et il l'avait même été si jeune, que c'était à peine s'il se souvenait vaguement d'avoir eu un père et une mère. Un oncle l'avait élevé en lui donnant plus de taloches que de friandises : l'oncle Guillaume était avare, et, n'eût été le respect humahi, il aurait volontiers laissé mettre le fils de sa sœur aux Enfants-Trouvés plutôt que de le prendre chez hxil II ne l'avait pas envoyé à l'écolC) parce qu'à l'école il aurait fallu payer.
8i LE MAITRE DE PAPILLON.
11 l'avait employé de bonne heure à sarcler les champs, à garder les oies et les moutons, et à faire tous les ouvrages que peut faire un enfant à la campagne. ^Iprégoire grandit tristement : il ne jouait guère, son oncle ne lui en laissait pas le temps; et quand il se hasardait parmi les garçons de son âge, il recevait souvent d'eux des railleries et des rebuffades. On se moquait de ses vêtements, qui étaient toujours trop courts et trop étroits, parce que l'oncle ne les remplaçait que lorsqu'ils tombaient en lambeaux; on s'en moqua bien davantage par la suite, quand l'oncle le jugea assez grand pour hériter de ses vêtements à lui ; comme il s'avisa de cela deux ou trois ans trop tôt, le pauvre Grégoire, perdu dans des vestes et des culottes où on aurait pu loger deux garçons de sa taille, avait l'air d'un épouvantail à moineaux, bon à p^iPcher sur un cerisier. Et puis il était gauche et maladroit, et ne réussissait pas dans les jeux et les exercices des autres enfants : peut-être était-ce faute d'habitude.
Pour toutes ces raisons, les quolibets pleuvaient dru sur lui comme grêle, et le pauvre garçon, timide par nature, le devenait encore davantage : il ne faisait plus que des bévues dès qu'il se sentait observé. Quelle bonne fortune pour les loustics du village qu'un être pareil, à qui on pouvait jouer tous les tours possibles sans qu'il se vengeât ni par des paroles ni par des coups, tant il était doux et inoffénsif et tant il avait la réplique difficile!
A seize ans, il était arrivé à une taille de grenadier et à un appétit qui indignait et stupéfiait l'oncle Guillaume, lorsqu'un des habitants du village, se trouvant la bourse bien garnie, eut ridée de se faire bâtir une nouvelle maison, et fit venir pour cela des maçons de la ville. Grégoire, passant par là, s'arrêta pour les regarder travailler, et leur travail lui parut amusant. Un des maçons, le voyant, bouche béante, planté sur ses deux jambes écartées et les mains dans les poches d'un vieux pantalon de l'oncle Guillaume (Grégoire recommençait à être habillé
trop court et Irop serré, l'oncle étant de moins belle taille que lui), l'interpella en ces termes : « Hé! garçon, si tu n'as rien à faire, passemoi donc ces pierres qui sont en tas à côté de
^ toi ! »
N>^ Grégoire rougit de plaisir et se mit vite à la besogne. Au bout de cinq minutes, les maçons lui firent des compliments, tout en riant de sa gaucherie, car il y a une manière de porter des pierres, et il ne s'y prenait pas avec grâce; mais il allait vite, il était complaisant et ne craignait pas de se fatiguer. Au bout d'un quart d'heure il causait avec ses compagnons de travail ; au bout d'une heure il leur avait raconté son histoire, et il exprimait son enthousiasme pour un métier où l'on recevait tous les soirs un certain nombre de sous dont on pouvait faire ce qu'on voulait. Le pauvre Grégoire n'avait jamais possédé un rouge liard.
Le maître maçon, le voyant fort et plein de bonne volonté, lui proposa de l'engager.
« Oh! si mon oncle voulait ! dit Grégoire.
— J'irai lui parler, i> répondit le maître maçon.
Justement, l'oncle Guillaume cherchait à se débarrasser de son neveu. Le fils de l'oncle Guillaume, qui était soldat, allait finir son temps de service et revenir au village ; il suffirait à cultiver les terres paternelles, et Grégoire deviendrait une b^u^he inutile. Et quelle bouche! ce n'était pas une bouche oisive, assurément. L'oncle Guillaume donna donc à Grégoire son consentement et sa bénédiction, et Grégoire quitta le village./\
Tout ceci se passait longtemps avant que Grégoire devînt le maître de Papillon ; car ce fut à Paris qu'il rencontra l'ami qui devait exercer une si grande influence sur sa vie.
D'apprenti il était passé ouvrier maçon (ouvrier médiocre, il faut le dire), quand, un dimanche, se promenant dans la campagne, il entendit de petits gémissements qui lui firent pitié. Il chercha d'où ils venaient : sur un petit fumier qui dépendait d'une assez belle propriété, il aperçut plusieurs petits chiens. La
maison appartenait à un savant médecin qui faisait des expériences in anima vili^ et les petits chiens étaient ses dernières victimes. Grégoire se baissa, les prit un à un, les retourna, les palpa : trois étaient morts, un autre agonisait; le cinquième ne voulait pas mourir, et c'était lui qui gémissait si plaintivement Grégoire le mit dans sa blouse et l'emporta.
Acheter un sou de lait chaud à une vieille femme qui vendait du café au lait aux passants, le faire boire au petit chien, frotter celui-ci bien doucement pour le réchauffer, c'était l'idée qui devait venir à tout le monde : aussi elle vint à Grégoire ; et il y eut bientôt un attroupement de badauds autour de cet ouvrier assis sur une pierre, insinuant du lait goutte à goutte entre les mâchoires d'un chien malade. Quelquesuns se moquaient de lui; mais les bonnes âmes s'apitoyaient sur le pauvre animal, et une femme qui demeurait tout près proposa à Grégoire d'entrer chez elle, où elle ferait une flambée pour réchauffer la pauvre petite bête. Et le chien,
étendu sur les genoux de Grégoire devant un bon feu, se ranima bientôt tout à feit. Il commença à laper de sa langue rose le lait que lui donnait l'ouvrier, et quand il eut la force de comprendre sa situation, ce fut la main de Grégoire qu'il lécha en signe de reconnaissance. Puis il se mit à courir, à tourner, à sautiller dans la chambre, si vif et si preste, que la bonne femme qui lui avait donné asile déclara qu'il avait l'air . d'un petit papillon blanc. Et le nom lui en resta/ ^
Grégoire l'emporta chez lui, et à partir de ce jour-là la vie lui partît un paradis. Il avait un ami ! et un ami dont il se plaisait à reconnaître la supériorité. « Papillon a bien plus d'esprit que moi, » disait-il. Il avait peut-être raison; du moins. Papillon avait infiniment plu s d'esprit comme chien que Grégoire comme créature humaine; mais comme l'un n'était pas jaloux et que l'autre n'avait aucun orgueil, ils s'arrangeaient parfaitement bien ensemble.
Le matin, c'était Papillon qui réveillait Grégoire, non pour le rappeler à son ouvrage et à
son devoir, que Grégoire n*eût point oubliés, mais parce qu'il était pressé de lui dire bonjour. Etc'étaienl des joies, des caresses, des cabrioles à n'en plus finir. On déjeunait ensemble, et Papillon s'en allait au travail, trottant sur les talons de Grégoire; quand le trajet était trop long, Grégoire prenait Papillon sur son épaule, et le chien s'y tenait droit, assis sur sa queue et appuyé sur ses pattes de devant, sa tête ne dépassant guère l'oreille de son maître.
C'est assez dire que Papillon n'était pas grand ; il n'était pas plus gros que le poing de Grégoire, depuis que celui-ci, pour le tenir propre plus aisément, ou parce qu'il trouvait que cela lui allait bien, lui avait rasé tout le train de derrière. Mais il lui avait laissé un beau bouquet de poils au bout de la queue, et sur la tête une superbe crinière, longue et soyeuse, qui retombait jusque sur ses yeux brillants et noirs. Papillon était tout blanc et toujours parfaitement propre; quoique, de par le métier de son maître, il dût vivre au milieu du mortier, il savait
se conserver net comme une hermine- Ce ne sont là que des qualités extérieures; mais Papillon en avait bien d'autres. C'était le chien le plus intelligent qu'on pût voir; et comme son intelligence était gouvernée par un excellent petit cœur, il ne s'en servait que pour bien feire- Par sa grâce, par sa gentillesse, par tous les charmes de sa petite personne, il s'était fait des amis de tous les camarades de son maître; mais il n'acceptait pas sans distinction tous les hommages ; pour être l'ami de Papillon, il fallait d'abord être l'ami de GrégoirelC^uiconque avait joué quelque mauvais tour au maître pouvait renoncer aux bonnes grâces du chien : il avait beau siffler, appeler Papillon de la voix la plus engageante, lui présenter le morceau le plus alléchant. Papillon lui tournait le dos avec un dédain superbe; ou bien, redressant sa queue et se plantant raide sur ses quatre> pattes, le cou tendu, la tête haute, la crinière hérissée, il le poursuivait de jappements hostiles. Mais qu'un ami de Grégoire, un bon .garçon qui lui donnait
des poignées demain el qui se montrait bon camarade envers lui, fît le moindre signe à Papillon, le petit chien accourait et prodiguait toutes ses grâces. Il faisait le beau, se tenait debout sur ses pattes de derrière, dansait, saluait de sa patte droile, et acceptait la moindre bouchée de pain sec avec un air de gratitude. Il savait trèsbien qu'il y a en ce monde des mains qu'il faut lécher et des mains qu'il faut mordre; et on n'avait pas besoin de lui apprendre lesquelles. Papillon valut bien des amis à Grégoire.
C'était un si amusant petit compagnon! On fit la cour au maître pour pouvoir jouer avec le chien, et l'heure du repas des ouvriers devint une heure d'étude pour Papillon, On lui enseigna des tours à rendre Munito jaloux; un ancien soldat lui apprit à faire l'exercice avec un bâton; on l'exerça à trouver des objets cachés, à choisir la carte qu'on lui désignait, à jouer aux dominos; el on riait aux larmes à chaque nouvelle prouesse de Papillon. Les compagnons de Grégoire en oubliaient parfois d'aller au caba-
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