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En réalité, on trouve des sarcomes à cellules rondes, très peu évolutifs, et inversement des sarcomes à cellules fusiformes très envahissants.
L'aspect intérieur des cellules tumorales ne diffère pas essentiellement de l'aspect des cellules sarcomateuses en général : gros noyaux, souvent nucléés, inégaux, cellules déformées, mitoses anormales, tassement des cellu!es. les unes contre les autres. En somme, le désordre habituel à ces sortes de tumeurs.
Le protopiasme cellulaire est chargé de mélanine, en granulations si nombreuses que parfois le noyau cellulaire ne devient visible qu'après une décoloration énergique à l’acide chlorique (méthode de Grynfeldt).
Les vaisseaux sont difficiles à voir, leurs parois très minces et les lumières vasculaires fort irrégulières.
Le stroma conjonctif est bousculé par l’envahissement néoplasique.
Peu de cellules cancéreuses dans les lumières vasculaires: ciles abondent, par contre, dans les vaisseaux et espaces lymphatiques, ce qui explique à la fois l’extension de Ja tumeur en anneau, comme nous l’avons montré plus haut, et ia propagation sous-conjonctivale, si remarquable dans les deux cas de Siégert et de Sedan : par les espaces lymphatiques de l’angle irido-cornéen, les cellules gagnent le canal de Sch'emm, où on les retrouve toujours; elles sont déversées dans les fentes lymphatiques de la conjonctive, où elles viennent former ces taches conjonctivales dont il a été queslion dans l’étude du diagnostic de début.
Il est un fait certain, mis bien en évidence par les travaux de Siegert, que la tumeur irienne a tendance à s’effriter et à laisser tomber dans le courant de l'humeur aqueuse des cellules néoplasiques, que cette dernière canalisera vers les voies de filtration dans l’angle irido-cornéen, menaçant déjà de passer, par cette voie, dans la circulation générale, pour aller coloniser à distance, dans le foie le plus souvent. Pour Siegert, d’ailleurs, ce serait d’abord à elles que devrait s’attri-
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buer l'hypertonie, à cause de ce tamponnement de tout l’angle de filtration qu'elles provoquent.
Faisons remarquer que sur nos préparations nous avons observé deux faits importants :
a) tout d'abord, l’elfritement de la tumeur au niveau de la zone la plus antérieure, infiltrée, de l'iris;
b) ensuite, une colonisation importante et évidente des cel-
lules cancéreuses dans l’angle de filtration inférieur et dans la
PER UeR:
portion du canal de Schlemm correspondante, ce Qui nous permet de nous demander si les lois de la pesanteur n’interviennent pas ici par la sédimentation qu'elles imposeraient aux Cellules néoplasiques isolées dans le liquide camérien.
On s’imagine facilement alors que cette humeur aqueuse, vectrice de ces cellules, puisse constituer un redoutable danger pour les espaces sous-conjonctivaux, avec lesquels elle serait mise en contact, à la faveur d'une sclérectomie ou d’une trépanation.
Même si l’on admet, avec certains auteurs, que ces cellules isolées, baignant dans l'humeur aqueuse, ont perdu à la longue, grâce à des phénomènes osmotiques inconnus qui modifieraient leur constitution, même si elles ont perdu leur pouvoir cancérigène, il n’en est pas moins certain que 1a brèche sclérale constitue une facile voie de passage à la tumeur elle-même.
Et un exemple frappant est donné par une pièce du laboratoire du Professeur Beauvieux. Il s’agit encore d’un sarcome annulaire de l'iris, adressé par le Docteur Papillon en 1934 (fig. 3).
La coupe passe par la brèche de sciérectomie et d'iridectomie périphérique et montre nettement l'issue de la tumeur intra-oculaire à travers la brèche, provoquant une tumeur épibulbaire. On pourrait appeler cet aspect le sarcome en bouton de chemise, ‘décrit par Heine.