‹ Le Sarcome Ostéogénique des Os du Chien et du ChatChapitre 7 sur 28 · PISTES · texte numérisé non relu

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chiffres des auteurs sont contradictoires. En ce qui nous concerne, dans les quelques cas où nous avons pu questionner les propriétaires de nos malades, ils ne nous ont jamais signalé un traumatisme ancien ou récent.

Chez l’homme, J. SaBrazes, G. JEANNENEY et R. MA- THEY-CORNAT, s'arrêtent à la conclusion du sarcome des os, latent et révélé par le traumatisme.

Les facteurs irrilatifs chroniques : séquelle d’ostéite, exostoses, chondromes traumatisés, ostéite fibreuse, ostéopathies déformantes..., ont été mentionnés chez l’homme, assez arbitrairement, comme prédisposant au sarcome osseux. On pourrait peut-être également en faire état chez les carnivores domestiques, qui n'en sont pas exempts ; mais 1l n’en va plus de même pour nos grands mammifères, comme le cheval, très fréquemment atteint d'’ostéites et d’ostéopathies déformantes. Or, ce dernier n’est presque jamais porteur de sarcome des os au niveau des membres. in tout cas, nous n’en avons pas trouvé un seul exemple dans la littérature vétérinaire.

Il semblerait d’ailleurs que, chez les équidés, les traumatismes exercent une influence peu marquée sur Ja genèse des tumeurs osseuses. Une méthode, d’ailleurs assez discutable de traitement des exostoses, développées sur les métacarpiens (suros), ne consiste-t-elle pas à les warteler avec un maillet? Consécutivement à cette intervention, on n'a jamais signalé l'apparition de sarcomes osseux.

De nombreux troubles précurseurs ont été, sans preuves, invoqués : perturbations dans le fonctionnement du système réticulo-endothélial ou des glandes endocrines,

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dans le métabolisme des substances protéiques et des lipoïdes ; inclusions cellulaires embryonnaires acquérant un caractère malin, comme pour certains épithéliomas, etc.

DIAGNOSTIC. — En pathologie humaine, le diagnostic de ces tumeurs s'appuie :

1° sur l’examen clinique ;

2° sur l’examen radiologique ;

3° sur l’examen histologique.

Il n’y a pas de raison pour qu'il en soit autrement en pathologie vétérinaire, du moins dans nos Ecoles, car il est bien évident que les praticiens s’appuient surtout sur l'examen clinique.

Cliniquement, donc, il faut distinguer deux cas :

a) la tumeur siège sur des os autres que ceux des membres ;

b) la tumeur siège sur les os des membres.

Le diagnostic précoce présente des difficultés sérieuses, les lésions n'étant pas caractéristiques d'emblée.

Dans le premier cas, la confusion est moins aisée que dans le second ; le symptôme douleur n'a d'intérêt qu'au début, et encore. À un stade plus avancé, et c'est ce qui frappe, la tumeur augmente de volume et se bosselle ; elle peut offrir des foyers de ramollissement superficiels avant de s’ulcérer ; l’état général s’altère peu à peu.

Dans le deuxième cas, on peut confondre, écrivent MM. Coouor et R. Moussu, « avec une entorse et aussi une « arthrite. L'entorse du genou, qui n'est pas très rare chez « le chien, s’accuse surtout par des signes fonctionnels, « boiterie vive, avec, le plus souvent, suppression complète « de l'appui, et par des signes locaux peu marqués, léger « empâtement plus ou moins localisé. Les mouvements

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« forcés sont toujours très pénibles, alors qu'ils ne provo- « quent pas de réactions sérieuses lors d’ostéosarcome. « Quant à l’arthrite, elle est à peu près impossible à diffé- « rencier au début d'un ostéosarcome intéressant toute la -« Jointure. »

Ces auteurs en donnent comme preuve un moulage du Musée de l'Ecole d’Alfort, catalogué arthrite et qui représente indiscutablement, d’après eux, un ostéosarcome du genou.

Mais, dans le cas de sarcome dont on peut suivre l’évolution, la tuméfaction rapide de la région, qui peut devenir énorme, permet le diagnostic différentiel d'avec l’arthrite. Même celle excessivement rare chez le chien. d’origine tuberculeuse, n'’atteignant jamais un volume comparable. Un autre signe sur lequel le Professeur Coquor attire tout spécialement l'attention, c’est l’émacialion musculaire, beaucoup plus marquée lors d’arthrite que dans le cas de sarcome.

Diagnostic radiographique. — Comme en pathologie humaine, il convient d'utiliser les examens radiographiques, qui doivent être répétés.

Les sarcomes osseux évoluant rapidement, leur image se modifie, ce qui n'arrive pas pour les lésions inflammatoires, lesquelles rétrocèdent avec le temps. Le diagnostic radiologique est surtout précieux quand l'examen clinique ne fournit que peu de renseignements. Des lésions, trop discrètes encore pour être soupçonnées cliniquement, sont ainsi décelées et fixées quant à leur siège périostique ou central.

Au début, si le sarcome osseux est périostique, on voit des érosions de la corticale qui se continuent par une pe-

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tite masse sombre. Si, au contraire, le sarcome est central, on voit des mouchetures forcées dispersées sans ordre ou réunies en foyer (SABRAZES, JEANNENEY et R. MATHEx- CoRNAT).

À un stade plus avancé, les images sont plus faciles à interpréter. Le sarcome s'étend excentriquement, sur une assez large zone, comme le montre la fig. 9. Ici, la corticale est rompue au centre, au niveau de la fracture; les zones claires, aperçues à ce niveau, montrent qu'une raréfaction de l’os s’est produite. Le tissu osseux réagit différemment à l’envahissement sarcomateux : tantôt le périoste produit des ostéophytes grêles, fichés perpendiculairement ou obliquement à la surface de l'os ; tantôt la réaction se traduit. soit par une ostéite raréfiante, soit par une ostéite condensante, comme on le voit également sur notre figure 9.

Diagnostic histologique. — L'examen histologique, toujours intéressant, intervient surtout quand la clinique et la radiologie laissent un doute sur la nature du néoplasme. La biopsie (1) doit être faite avec précaution. Si elle offre quelques risques d’'hémorragie ou d'infection, elle donne des renseignements très précieux et permet, dans bien des cas, de redresser un diagnostic erroné ou insuffisant. Elle permet de se faire une opinion sur la malignité de la tumeur ; elle vient donc en aide au pronostic.

La ponction exploratrice est une autre méthode, à laquelle le praticien peut éventuellement avoir recours. La difficulté de pénétration du trocart fait penser à une tumeur

(1) P. Varane, L'utilité des biopsies (Recueil de Médecine vétérinaire, 15 novembre 1932).

fibreuse ou chondroïde. La ponction peut ramener des cavités kystiques un liquide séreux ou séro-sanguin. Dans un sarcome, elle donne écoulement le plus souvent à du sang, surtout s'il s’agit d’un sarcome télangiectasique. Lors d’abcès, qu’on ne peut guère confondre avec un sarcome, la ponction fournit un pus plus ou moins sanguiuolent ; enfin, dans le cas de kystes hydatiques, elle donne un liquide d’une parfaite limpidité.

PRONOSTIC. — On peut dire que le pronostic est très grave et quasi-fatal.

Le Professeur Coquor et R. Moussu n'ont jamais obtenu de guérison, tous leurs sujets ont dû être sacrifiés ou ont succombé après l'intervention.

Chez les jeunes, le pronostic est encore plus sombre. car l’évolution est plus rapide que sur les adultes. Les traumatismes accidentels ou chirurgicaux ne peuvent-ils pas précipiter la marche d’une tumeur maligne ? Enfin, le siège intervient dans le pronostic. En effet, selon le cas, l'intervention chirurgicale sera possible ou non. Les sarcomes de la mâchoire ont la réputation d’être relativement peu malins. Le développement au voisinage de tel ou tel organe a des conséquences plus ou moins graves, selon l'importance, notamment, de cet organe.

L'apparition de métastases ganglionnaires ou viscérales annonce que la terminaison n’est pas lointaine. Nous avons dit que les biopsies procurent des données pronostiques de grande valeur ; nous y reviendrons au paragraphe consacré à l'anatomie pathologique.

TRAITEMENT. — Comme chez l’homme, les résultats sont des plus décevants, des plus aléatoires. En pathologie

comparée, les interventions chirurgicales ont toujours été suivies d'échecs. Le Professeur CApior n'écrit-il pas : « les sarcomes des os récidivent presque toujours, même « quand la résection est faile bien au delà des limites du « néoplasme » ?

Les cas de sarcomes des os que nous avons personnellement observés avaient été précédemment traités par la cautérisation ponctuée. Les résultats donnés par cette méthode sont désastreux : il y a d’abord une poussée inflammatoire ; mais, surtout, l’évolution du néoplasme s'en trouve considérablement hâtée et l'effet produit est l'inverse de l’effet recherché ; aussi, en présence d'une tuméfaction osseuse suspecte chez le chien, devra-t-on proscrire la cautérisation, « quand bien même le propriétaire la réclamerait, ce qui est fréquent », dit le professeur Coquor, et 1l ajoute : « les cicatrices laissées par les pointes de feu se comportent à la façon des plaies de l'écorce des arbres, qui s'étendent en même temps et dans le même sens que s'effectue la croissance du tronc ».

La figure 8 permet de se faire une idée de ce curieux aspect.

Reste la radiothérapie. — Elle donne, dans le cas particulier, des résultats précaires en raison de la résistance offerte par le tissu ostéoïde aux radiations, mais elle mériterait cependant d’être éprouvée largement sur nos animaux. Nous ne pouvons que le signaler, mais il y a là tout un champ d’expérimentation, dont la médecine de l’homme pourrait vraisemblablement tirer profit.

Anatomie pathologique

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