I. — CARACTÈRES MACROSCOPIQUES
Aspect extérieur. — S'il s’agit d’un os de la face, la tuméfaction est de forme ordinairement sphérique et la peau très adhérente. Sur un os de la cage thoracique, on voit également une petite saillie globuleuse ; enfin, au niveau des os des membres, les épiphyses ou les diaphyses sont déformées. Quelle que soit la partie envahie, la surface est toujours bosselée. Près d’une articulation, on a l'impression fausse que les surfaces articulaires sont augmentées. À un stade plus avancé, la configuration anatomique devient méconnaisssble. Les tumeurs, bien que fermes, ne donnent pas, au palper, la sensation de tissu osseux. On peut discerner des points fluctuants, qui s’ulcèrent finalement et laissent écouler une sérosité sanguinolente. Ces cavités de ramollissement, une fois ouvertes, sont rapidement infectées et deviennent suppurantes.
Sur des pièces opératoires ou d’autopsie et après section des os atteints, suivant un plan les partageant en deux parties sensiblement égales, les caractères macroscopiques varient suivant la zone envisagée.
Sous le périoste épaissi, on rencontre tantôt un tissu fibro-lardacé de teinte blanchâtre, tantôt un tissu mou d'aspect encéphaloïde. Ce tissu est d'autant plus abondant que la lésion est plus jeune.
Au centre de la tumeur, l’os compact a disparu et est remplacé par un tissu ostéoïide de coloration jaunâtre,
eo
creusé de géodes ou lacunes sanguines de dimensions variables ; il devient alors difficile, pour ne pas dire impossible, de discerner l’origine ostéo-médullaire ou périostique de la tumeur.
Par suite de l'extension du néoplasme, tous les tissus et organes environnants : muscles, tendons, vaisseaux, nerfs, sont plus ou moins comprimés, refoulés vers l’extérieur, d’où la possibilité de certains troubles trophiques, circulatoires, etc...
La poussée néoplasique exerce sa répercussion jusque sur le tissu conjonctif sous-cutané, que nous avons vu plus ou moins œdématié, et la peau elle-même, qui est refoulée, amincie et finit par s’enflammer et s’ulcérer.
Dans nos observations, les cartilages diarthrodiaux ont toujours été respectés, ce qui ne veut pas dire qu'éventuellement, les bourgeons néoplasiques ne peuvent pas arriver à les perforer, d’où complication d’arthrite néoplasique.
La fracture spontanée peut survenir (voir figures 9 et 10) ; elle se fait assez tôt, quand le sarcome, ostéolytique et d’origine centrale, a détruit l’os primitif. En général, les sarcomes des os sont richement vascularisés, ce qui augmente les chances de métastases précoces.