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tumeur dont l'origine bronchique paraît probable au premier aspect, sur la table d'amphithéâtre. Elle offre deux particularités très intéressantes : d’une part, l'envahissement du muscle cardiaque avec même l'existence d’un bourgeon cancéreux faisant saillie dans la lumière auriculaire ; d'autre part, l'existence d'une caverne d'assez grande dimension et dont une partie seulement des parois est de nature néoplasique.
La suite de l’autopsie est dénuée d'intérêt. La crosse aortique n'est pas dilatée, mais elle est pavée de larges plaques d’athérome. À signaler, en avant de la veine cave supérieure, tout près de l’origine du tronc céphalique, un petit ganglion du volume d’une noisette, à coque indurée et dont le contenu épais est formé de quelques cristaux de cholestérine, de gouttelettes de graisse et de cellules allongées pourvues d'un gros noyau. L'aorte thoracique a perdu toute souplesse ; l'aorte abdominale est transformée en un tube rigide, dont les parois crissent sous le couteau, par suite d’une calcification intense.
Les ganglions cervicaux, axillaires, abdominaux sont de volume et de couleur normaux.
Le péritoine est sain ; l’appendice en position rétro-cæcale est toutefois bridé par quelques adhérences. Rate diffluente. Pancréas auto-digéré. Le foie est normal. Dans les autres organes il n'y à pas de particularités à signaler.
Le contenu de la caverne pulmonaire était fétide ; examiné au microscope, on y reconnaissait du mucus, de la graisse, des polynucléaires et des cellules dégénérées très déformées, prenant mal les colorants ; ces cellules étaient allongées, plutôt de forme cylindrique ; nulle part, on ne put y trouver d'éléments rappelant des globes cornés. La flore microbienne était très abondante, analogue à celle trouvée dans l’expectoration. Il est donc vraisemblable que cette cavité hydro-aérique communiquait avec l'air extérieur, malgré l'oblitération apparente de la bronche gauche, d’où la fétidité intermittente
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de l'haleine et de quelques crachats perçus pendant la vie. II est certain d'ailleurs que ce liquide ne s'évacuait que partiellement malgré des quintes de toux violentes et prolongées. Remarquons, pour terminer, que le bourgeon néoplasique proéminent dans l'oreillette gauche devait, sans doute, être responsable du souffle diastolique constaté à la base du cœur et que toutes les cavités du cœur, gauche et droite, sauf le ventricule gauche, avaient conservé leur volume normal.
Voici maintenant l’observation qu'a bien voulu nous communiquer M. le professeur U. Monnier.
Un cas de sarcome primitif du poumon, par MM. À. et U. Monnier et Picard.
Le 10 juillet 1923 entrait salle 9 de l'Hôtel-Dieu de Nantes, dans le service de l’un de nous, un malade du nom de P.…., âgé de 43 ans.
Il avait sollicité son admission à l’Hôtel-Dieu parce que, depuis plusieurs semaines, ilse sentait oppressé. Cette dyspnée ne faisant que s'accroîitre et l’'empêchant de travailler, il se décida à entrer à l'hôpital.
L'examen révélait, à l'entrée du malade, des signes de pleurésie gauche à épanchement moyen. Cette pleuropathie n'avait été précédée ni de point de côté, ni de frissons. Pas de toux non plus, ni d'expectoration. Le seul symptôme qui attirait l'attention était la dyspnée. Cette dyspnée augmenta d’ailleurs les jours suivants et ne fut nullement influencée par le traitement classique.
Une ponction exploratrice faite vers la fin de juillet donna issue à un liquide nettement hémorragique où fut mise en évidence la réaction hémolytique de Bard. ë
L'examen cytologique ne permit aucune conclusion précise relativement à la nature tuberculeuse ou cancéreuse de l'épanchement.
D'autre part, il n'existait aucune manifestation tuberculeuse nette au niveau du parenchyme pulmonaire. On ne pouvait non plus déceler de ganglions rappelant par leur localisation ou leur aspect la présence d'un néoplasme thoracique. ;
L'ensemble symptomatique, surtout la permanence et la progression de la dyspnée plaidaient plutôt en faveur d'un néoplasme pulmonaire dont la pleurésie hémorragique semblait la conséquence. Et ce fut alors l'hypothèse admise.
Mais bientôt apparurent de nouveaux signes qui cadraient mal avec cette idée. £
On put assister en effet à des manifestations cardiaques rappelant l'asystolie: cyanose, gros œdèmes violacés des membres inférieurs et du scrotum, foie gros et douloureux, arythmie complète.
Cette évolution cardiaque fut brutale et courte : le malade succombait en pleine asystolie, le 19 août 1923.
L'autopsie devait nous donner l'explication de cette marche singulière; outre une pleurésie hémorragique de grande abondance, ou trouva un énorme néoplasme pulmonaire de tout le lobe supérieur gauche, mais surtout une extension de ce cancer au myocarde et au péricarde. Aucune trace de généralisation ne peut être mise en évidence dans d'autres organes. Le foie représentait le type du foie cardiaque, et les reins étaient congestionnés.
ÉTUDE MACROSCOPIQUE. — La tumeur siégeait en plein parenchyme pulmonaire gauche. Elle envahissait en arrière le médiastin, en avant, les membranes d’enveloppe du cœur. Elle était de couleur blanchâtre, de consistance dure, ne donnait pas de suc au râclage. Les contours étaient nets, tant du côté du poumon qu'elle refoule que du côté du cœur. =
Au niveau de ces organes, le dessin en détermine nettement les limites. Le poids total du poumon et du cœur avec la tumeur était de 1 kgr. 400. L'épaisseur du parenchymé
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pulmonaire au voisinage de 6 à 7 centimètres en sa partie moyenne et de { centimètre dans la partie la plus élevée.
Les dimensions de la tumeur étaient de 10 centimètres pour le plus grand diamètre et de 7 pour le plus petit,
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Le poumon était refoulé, comprimé. Sa face externe était lisse, Dans sa face interne, était encastrée la tumeur, qui, en arrière, du côté du médiastin, formait une masse dure, bosselée, irrégulière. En cette région, au milieu de la masse tumorale, apparaissaient en coupe la crosse de l'aorte et une bronche de premier ordre qui semblaient indépendantes. Tout à fait en arrière enfin, couchés sur la tumeur, on reconnaissait l'aorte descendante et l'æœsophage. Ces organes étaient seulement déviés, ils n'adhéraient pas.
Le.cœur avait subi un mouvement de bascule, la pointe était dirigée transversalement en dedans. La base se confondait avec la tumeur. On distinguait seulement un bout de l'oreillette avec son auricule.
Ja surface du cœur était rugueuse, hérissée de petits mamelons inégaux et durs, dépendant de l’épicarde. Le cœur ouvert, montrait un épicarde épaissi, de la base à la pointe. Le minimum d'épaisseur était vers la pointe, le maximum vers la base.
Du côté de la base, le cœur se perdait dans la masse. Les cavités ventriculaires étaient normales et ne contenaient ni bourgeons, ni nodosités néoplasiques. De même, le myocarde semblait intact. Toutefois, certains points de la surface avaient perdu leur coloration habituelle ét étaient le siège d'un envahissement assez discret de la tumeur.