‹ Le satanisme et la magieChapitre 51 sur 61 · LA LÉGENDE DE LA MORTE ET MORTELLE FIANCÉE · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE LA MORTE ET MORTELLE FIANCÉE

Cette fusion du vampire et de l'iQcube préexiste dans les légendes. Histoire surnaturelle et humaine à la fois, volonté du fantôme à se survivre, obstination du germe sur le cadavre, amour et mort, mariage funèbre et tendre, impérissable désir! Mais le diable est rusé. Avez-vous remarqué comme sans cesse son grouin, son museau, sa vile grimace sait s'adapter un masque gracieux souvent d'un irrésistible charme. Cette fois il lui a plu d'assimiler, de confondre le cimetière et le monastère; il colore avec les purs lys de la moniale le suçoir du vampire infect. La foule a subi la suggestion démoniaque. Elle a créé la sacrilège réhabilitation du Démon paré de l'intacte robe des recluses.

La grande légende de l'incube, c'est la légende de la Fiancée de Corinthe. II importe peu que la nonne amoureuse soit fantôme ou être réel ; elle existe de par son désir inassouvi, de par ce droit d'aimer et de vivre qu'un vœu ne peut aliéner, qu'un ordre ne peut détruire. Un jeune païen vient d'Athènes d Corinthe, afin d'épouser la jeune fille que son père lui avait accordée. L'heure est tardive ; tout le monde au lit; la mère seule sert un bref repas à l'hôte fatigué. A peine dans la chambre, vers le premier sommeil, une forme blanche se penche sur son visage. « Ne me reconnais-tu pas, dit-elle, ou te suis-je déjà une étrangère? » Ses joues dans ses mains, elle elle se met à pleurer. « Pourquoi es-tu si pâle, répond

le fiancé. Si belle, les déesses doivent te protéger. — Je n'appartiens plus aux déesses Je suis la proie d'un Dieu hypercharnel. J'ai renoncé à ton baiser, à notre race. — Tu es donc la vierge attendue; oh! demeure; donne-toi. — Je ne le puis, le vœu de ma mère chrétienne m'a enchaînée au cloître ; je ne pourrais être que l'épouse de tes nuits, le petit souffle qui passe dans les chambres sans lampe. — Je te veux tout de même, que tu sois esprit ou femme, infidèle à nos dieux, ou la fille de Cérès! » L'ombre se remplit alors de râles et de soupirs, de gestes confus, d'angoisse. Ils pleurent, ils aiment, ils bravent la loi divine, ils protestent par le baiser contre l'ascétisme et contre la mort.

Mais la mort ne pardonne pas à ceux qui la violent. Le cloître est plus puissant que la vie. Dès que l'aube touche les fenêtres, l'amante chuchote : « Tu dois mourir à ton tour, bien-aimé. Ma caresse est de celles dont on languit sans guérir. Viens au tombeau, viens au cloître, abandonne le dieu trop matériel, il n'est de bonheur qu'au delà de la vie, il n'est repos que hors la vie.

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