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CHAPITRE VII

L'ENVOUTEMENT D'AMOUR

LE NOUEME?^T DE l' AIG UILLETTE

J'avoue ne pas me trouver très à Taise au milieu de ces prescriptions du grimoire, qui s'enchevêtrent à l'obscure génération. Ici la magie relève davantage de Brantôme que d'Agrippa. En tout cas, je serais assez disposé à bénir, à remercier du moins le bon diable noueur d'aiguillette; il semble boucher les conduits d'égout, refréner la vieille bestialité hennissante, il frappe et lie le petit démon de chair qu'il déchaîna trop souvent et par lequel tant de bassesses et tant de trahisons s'accomplissent. Certes, l'ordure humaine tarie par le Diable, c'est drôle; mais ce n'est pas sur le débauché que le sort s'acharne, bien plutôt sur le paisible et légitime époux. Allons, ne félicitons pas trop d'avance le malin astringent de l'amour; c'est un collaborateur d'Onan, un malthusien excessif et en délire...

Dirai-je sans rougir après le R. P. Crespet, prieur des

L'ENVOUTEMENT D'AMOUR

Célestiûs de Paris \ les méthodes « dont use le Diable pour empêcher l'effet du mariage? » De Laacre y raffine plus, dirait-on^ Je tempérerai, s'il se peut, leur double faconde, tout en sauvegardant leur naïveté :

Si j'ai bien compté, il s'en trouve jusqu'à onze :

Satan ôte la puissance d'engendrer :

« 1° par certaines racines d'herbes et jus qui refroidissent et rendent sans chaleur; 2^ en distrayant et séparant les corps de peur qu'ils ne s'accouplent; 3^ si la nature est inerte; 4° en aliénant la volonté de l'une des parties non de l'autre pour la transporter ailleurs; 5'' en estoupant les conduits de la semence de peur qu'elle ne découle au vaisseau propre à engendrer; 6^ en empeschant l'élancement des esprits esquels la vertu de se remuer consiste et en retenant les membres; 7^ en persuadant à l'un que l'autre est difforme et mal accompli et qu'avec cela il lui est couvertement ennemi et fort contraire; 8^ en assaillant et saisissant le corps du mary ou de la femme et perturbant les mouvements de leurs esprits ; d"" en fermant la nature, ou y faisant trop grande arctitude, ou resserrant et ôtant à l'homme sa génitalité; 10'' en inspirant un invincible dégoût au mari et à la femme, quand, incités par le Diable, ils en viennent aux embrassements ; H"* lorsque le Démon enchâsse l'homme avec la femme d'une telle façon qu'ils se trouvent liés et pris comme avec de la glu et si puissamment qu'à peine les pourrait-on disjoindre. »

Ce dernier procédé vraiment baroque est relaté par de

* Deux livres de la hayne de Sathan et malins esprits contre Thomme, 1590, chez Guillaume de la Noue, in-i2, p. 274.

• L'incrédulité et mécrcance du sortilège plainement convaincue (p. 309). Voir aussi le Père Lebrun (Histoire critique des pratiques supei'stitieuses^ t. P', p. 246) et Roch le Baillif : Le Demostrion^ p. 115.

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Lancre qui en donne comme preuve l'exemple suivant . « Dans la ville cle Tarente, cette manière de liaison était si forte que souvent on mett^iit les personnes liées en la façon des cliiens accouplez, sur une perche, le mâle d'un costé, la femelle de l'autre, en forme de balance propre pour peser leur crime ou forfait, les exposant à la risée du peuple comme un spectacle monstrueux avec une huée et acclamation si grande qu'il semblait que Dieu se fût servi de la main du diable comme de celle d'un bourreau pour exécuter cette sorte de supplice envers des gens qui l'avaient bien mérité. » Et le spirituel écrivain ajoute non sans judiciosité : « Si Ton exigeait semblables peines de tous adultères ou concubinaires, la peine et l'infamie seraient plus notables et cent fois plus grief ves que la mort. »

Je crois, malgré de hasardeuses anecdotes et toutes les surprises normales de la physiologie, qu'un magicien, pouvant actionner l'esprit et le corps d'un être sous sa dépendance, saura susciter ou éteindre en lui l'amour et ses forces nerveuses. Là surtout, il semble qu'interviennent les nerfs ; donc les ligatures ne sont pas un mot vaiii, un rite vide. La suggestion seule a suffi pour commander à l'éréthisme; nos hypnotiseurs le savent. Or, dans toute opération magique, la part d'hypnose et de magnétisme, t)n ne saurait la contester.

En somme, nouer et dénouer l'aiguillette, jeu banal au lemps passé; les grimoires enregistrèrent les plaisantes pratiques de Fenchaînement du sexe ou de sa délivrance. Je me garderai de les citer toutes ; nous serions vite saturés de superstition, car, à quelque symbolisme près S et en

« On allait jusqu'à employer l'hirondelle pour exiger la fidélité 1

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acceptant comme probable l'efficacité de certains gestes condensant l'opératoire vouloir, tout le reste s'ironise de possible mystification et d'un évident charlatanisme.

Le Petit Albert recommande une cérémonie adroite pour endiguer les agitations de Vénus. « Ayez, dit-il, le nerf d'un loup nouvellement tué ; puis, étant proche de celui que voulez lier, vous l'appellerez par son nom et aussitôt qu'il aura répondu vous lierez ce nerf avec un lacet de fil blanc et l'homme sera si inapte qu'il ne le serait pas davantage si on l'avait châtré. » Pour rendre inoffensif ce charme, le même livret prescrit de porter un anneau dans lequel soit enchâssé l'œil droit d'une belette !

D'autres opuscules indiquent, pour cet envoûtement, la peau d'un chat ou d'un chien, à nouer trois ou neuf fois; cracher à trois reprises dans son giron ou sur la poussière et dire tout bas des mots de malédiction pendant que le prêtre bénit le mariage. Alors, pour dénouer, il est nécessaire que l'homme se débonde par l'anneau nuptial, un vendredi matin au soleil levant, en prononçant trois fois : Yémen ^.

L'analogie et le symbolisme étant la méthode et la langue mystiques, la recette de ce maléfice paraîtra moins inepte. Les poètes d'ailleurs se chargèrent de le rendre aimable, et Virgile dans l'Églogue VIII l'affuble de coquetterie :

Necte tribus nodis ternos, Amarilli^ colores,

Necte Amarilli, modo : et Venons, die, vincula necto.

(C'est trois fils, trois rubans de couleurs diverses qu'il

* Comment ne pas rire tout à fait de cette insinuation àn Livre deseci^ets de magie » (Bibliothèque de TArsenai) : « Pour dénouer Téguillette, mettez du vif argent dans un chalumeau de paille et ce chalumeau sous le chevet du lit du maléficié. »

faut nouer en trois nœuds et en s'écriant : « Je noue les liens de Vénus. »)

Saint Augustin, saint Jean Chrysostome, saint Jérôme n'omettent pas les ligatures, et un décret du Canon va jusqu'à s'incliner devant elles, à reconnaître que si elles persistent, le Diable n'a été alors qu'un instrument de Dieu*.

Ces nouements de l'aiguillette nous semblent bien maté- ^ riels à côté de certains freins antipassionnels cités çà et là dans Ténumération du R. P. Crespet et de Pierre de Lancre. En effet, ce ne serait plus parfois l'organe qui serait ligotté, mais la faculté elle-même. Il semble alors qu'un peu d'incubat se mêlerait à l'impuissance d'aimer ^

Tantôt un fantôme sépare les lèvres conjugales, tantôt en l'ardeur de la concupiscence une autre ardeur vraiment infernale se lève, une haine qui fait blasphémer et mordre ; et les douces étreintes s'achèvent en égratignements et en lacérations sous l'œil joyeux d'un invisible ennemi.

l'incantation d'amour

Rite classique, car Théocrite et Virgile en font les frais, rite dont la grâce m'a pénétré, rite d'amour qui m'a rem-

* « Si par l'art des sorciers et du Diable, il est advenu par un secret, mais juste jugement de Dieu, le Diable faisant ces choses, que ceux qui sont mariés ne se puissent connaître charnellement, il faut exhorter ceux à qui ceci advient que d'un cœur contrit, ils se confessent à Dieu, et s'ils ne peuvent être guéris, qu'ils soient séparés ! »

2 Vincent de Beauvais en donne un étrange exemple au livre 26 de son Jl/îVoir historiaL

L^ENVOUTEMENT D'AMOUR

pli d'amour. Tout y est rythme, incantation et « cliarme » dans le sens absolu du terme, chef-d'œuvre ^ J'avoue que l'amante rappelant avec de telles caresses de syllabes et de gestes l'amant, c'est humain comme un soupir de détresse, comme l'amplexion vide jetée dans le vent chaud.

« Je vis sa barbe dorée et sa taille robuste, chante-t-clle, ma beauté fut blessée, je ne sais comment je pus revenir à la maison et je suis resiée couchée dévorant mon angoisse. »

Et elle a la tentation de la vieille enchanteresse, tout de suite ; mais l'enchanteresse lui prend son or et ne lui apportepassonamant.il faut qu'elle aille le chercher ellemême, qu'elle gagne cet homme, d'abord par la naturelle magie de son désir. La plainte reprend, comme mouillée cette fois par la rosée d'amour :

(t Quand il franchit mon seuil, la sueur tombe de mon front... je ne puis ni partir, ni même bégayer comme font les petits enfants qui rêvent de leur mère... mon sang est figé... mon beau corps de plâtre. »

Certes il a dû la prendre, brutal et doux; il n'est pas fait pour attendre, s'attarder aux préliminaires étant si robuste ; mais il est frivole, il se lasse vite de cette énamourée qui tombe en catalepsie pour un baiser. Délaissée, elle gémit, regrette qu'il ne veuille même plus s'asseoir chez elle pour

• Les amantes de Tibulle ont découvert le chant mystérieux qui trompe répoux : « Trois fois tu chanteras, dit Tune d'elles, trois fois tu cracheras. Ainsi il n'en croirait pas même ses yeux, s'il me voyait dans ta couche voluptueuse. » Properce est plus sombre ; à part le détail charmant et symbolique du rhombe (l'amant tourne aux vœux de sa maîtresse ainsi, qu'une toupie) il réclame un crapaud gonfle près d'un buisson, des tronçons de serpent, des plumes de hiboux ramasses sur des tombeaux écroulés, la bandelette du lit d'un mort. Cette cuisine sent la décadence.

boire à la vieille amphore ou au jeune flacon. A la fenêtre elle le suit des yeux. Que fait-il l'ingrat? il orne de guirlandes la nouvelle maison qui Tattire.

Cette fois, elle n'y tient plus. Bien sûr elle ne retournera pas chez la menteuse enchanteresse, elle l'enchantera ellemême avec ses philtres — ou elle mourra !

Elle mourra, comprenez-vous? L'œuvre magique, sauf pour l'incurable et natif pervers, c'est la ressource suprême du désespéré, la prière sacrilège de qui se noie, le vœu au saint des causes quasi perdues...

Elle mourra... non; l'égoïste instinct se réveille. Non, non, pas elle, mais lui, lui mourra.

« S'il m'outrage encore, décide-t-elle, il frappera à la porte de Tlladès grâce à ces poisons que je garde dans un corbeille et que me remit un hôte assyrien. »

Ah ! philtre d'amour, philtre de haine! Les deux envoûtements se regardent, fantômes aux yeux absents et sur leurs magiques écheveaux le ciseau des Parques pend.

La scène est dans l'impluvium à ciel ouvert. Un frais matin s'annonçant à peine dans le départ tout pâle de celle qui est tantôt Selène la sereine, tantôt Hécate la sanglante; la terre, si grasse de germes, si avide matrice, voilà la complice, la bonne commère; sur son flanc d'un pied rapide et inquiet l'infidèle reviendra. Merci, entremetteuse des prairies dont les plantes alanguissent, dont les arbres ombreux convoquent au baiser. Ton époux, le ciel, ce voluptueux infatigable qui pleut jusqu'au fond de ton sein, alternativement, des rayons et des larmes, il sourit dans sa barbe de nuages... Lui aussi, il aime qu'on

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s'aime. Bon Ciel, tu collaboreras au charme. Si la terre fournit les fleurs, les herbes, les breuvages, le ciel accorde ses oiseaux; tout est bien. La Nature s'allie en faveur de la Femme.

Qu'il s'appelle Delphis ou Daphnis (ou autrement), l'homme est perdu ou plutôt il a tout gagné. Car qu'exiget-on de lui? Quel supplice?... un robuste et long baiser.

La servante seconde sa maîtresse en les préparatifs pieux; le chien les a suivies, il veut être de la fête.

La petite Amaryllis apporte de l'eau, ceint l'autel de molles bandelettes, brûle la verveine grasse, l'encens mâle.

« Le lâche! ses sens dorment auprès de moi! s'écrie la magicienne, il faut que mes chants les réveillent. Il les entendra de la ville, qu'il le veuille ou non, de la ville où il boit auprès de moins belles. Comment douterai-je du miracle? Les incantations de Médée ont fait descendre la lune, comme un tendre oiseau, qu'appelle une main amie, pleine de grains. Circé avec des paroles métamorphosa les compagnons d'Ulysse. Si la voix est puissante, elle peut même rompre la perfide couleuvre qui s'achemine vers la victime endormie. »

Tout cela est riant, purifié par la santé, le ciel latin, ne ressemble pas aux entreprises louches des nécromants au fond des caves. L'étoile du matin bleuit à l'horizon, l'air remplit les poumons de joie. Encore quelques rares aboiements qui saluent le départ de la déesse au carrefour. Amaryllis frappe l'airain, agite la cloche mystique en l'honneur d'Artémis.

4 Et d'abord, inaugure la prêtresse nouvelle, je verse trois libations à la déesse en cette coupe qu'entoure la

rouge toison d'une brebis. Trois fois je crie : « Qui que ce soit qui dorme à ses côtés, qu'il l'oublie comme autrefois Thésée oublia Adriadne ! »

« Voici l'image du Bien-Aimé ! Elle est là sur Tautel, aussi inerte que lui, qui n'est inerte que pour moi seule ! Allons, Amaryllis, apporte trois rubans de diverses couleurs, je vais lier cette image trois fois et trois fois, elle sur mon cœur, je tournerai autour de l'autel. Il n'en pourra plus aimer d'autres. J'ai noué cette image, je l'ai noué lui-même, ce sont [les liens de Vénus, mes liens; il ne bougera plus d'auprès de moi et auprès des autres il n'aura plus de gloire.

« Ah! mes chansonspuissantes, mes puissantes chansons, ramenez-moi le Bien-Aimé.

« J'ai fait de lui deux poupées, l'une en argile, l'autre en cire. L'argile durcit au brasier que tu attises. Amaryllis. La cire fond au-dessus des mêmes flammes. Qu'il en soit de même pour notre amour. Qu'il soit insensible à celles qui le tentent, qu'il soit tout ruisselant, tout faible dans mes bras !

< Bergeronnette magique, ramène-moi le Bien-Aimé.

« Vois comme elle tourbillonne, la chère oiselle, au-dessus des fumées et des fleurs. Mes paroles la retiennent; qu'elle soit la messagère ailée de mon cœur.

« Ah ! mes chansons puissantes, mes puissantes chansons, ramenez-moi le Bien-Aimé.

« Jette cette pâte, le Bien-Aimé fondra tout comme elle; allons, Amaryllis, embrase au bitume ces fragiles lauriers ; que cette farine soit sacrifiée aussi. Le cruel Bien- Aimé m'a torturé dans les flammes jalouses; dis : « Ingrat, à ton tour que tes nerfs pétillent comme ce laurier;

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comme j'ai répandu cette farine, je répands les os du Bien- Aimé ^ »

« Bergeronnette magique, ramène-moi le Bien-Aimé.

< Regarde au flanc du coteau, Amaryllis, tu vois cette génisse qui, de fatigue, s'étend au bord du ruisseau; elle a cherché longtemps le jeune taureau fugitif, de colline en colline, et maintenant elle a oublié l'étable tant elle est lasse ! Qu'il en soit de même pour le Bien-Aimé, qu'il souffre de ne pas m'avoir, et que me vengeant je ne le guérisse pas de son mal !

« Ah ! mes chansons puissantes, mes puissantes chansons, ramenez-moi le Bien- Aimé.

« Voici les reliques de nos baisers, cette boucle que je lui ravis pendant son sommeil, ses lettres mensongères et si douces, et ces colliers aussi qu'il me donna, croyant que mon amour serait moins âpre parce qu'il m'aurait faite plus belle ! Amaryllis, je sais le secret et à voix basse je te le confie, porte tout cela, empaquète-le avec soin dans un lézard écrasé, et confiant ce puissant mélange à Gérés, notre amie, enfouis-le sous le seuil de sa maison à lui... tu sais, au carrefour... et dis : « Terre, je les dépose dans ton sein ces reliques magiques, elles me doivent le retour du Bien- Aimé ^ »

« Bergeronnette magique, ramène-moi le Bien Aimé.

» Cette tradition s'est perpétuée jusqu'au xviu^ siècle et même de nos jours; je trouve cette recette dans le procès de la Brinvilliers (Archives de la Bastille). « Jetez dans le feu un fagot avec de Tencens et de Talun et dites : fagot je te brûle, c'est le cœur, le corps, le sang, Fentendement, le mouvement, l'esprit de N... qu'il ne puisse demeurer en repos jusqu'en la moelle de ses os, rester en place, parler, monter à cheval, boire et manger, avant qu'il ne soit venu accomplir mon désir. »

2 La magicienne entreprend la « charge magique » pour se faire aimer: nous avons étudié le secret de ce rite dans VEnvoidement de haine.

« Il ne vient pas, il ne vient pas... la mer et les vents se taisent ; mais non le mal de mon cœur. Puisqu'il le faut, passe-moi les herbes vénéneuses que le sorcier me vendit, elles changent en loups les hommes, elles font sortir les mânes des tombeaux... peut-être arracheront-elles au sépulcre de son oubli le Bien-Aimé.

«Ah! mes chansons puissantes, mes puissantes chan-. sons, rameuez-moi le Bien-Aimé.

« Servante, porte ces cendres hors de Timpluvium ; sans regarder derrière toi, jette-les par-dessus la tète dans le ruisseau... Hélas ! Eu vain j'attaque le Bien-Aimé avec ces débiles armes. Lui se rit du charme, lui se rit des Dieux...

« Bergeronnette magique, ramène-moi le Bien-Aimé.

« Mais qu'y a-t-il ? Oh ! l'heurèux présage ; au moment où tu enlèves les cendres, une flamme en jaillit qui vient d'envelopper tout lautel. Et puis Hylax, le bon chien, aboie dehors... C'est lui! c'est lui! il court à perdre haleine. Sa barbe dorée est plus blonde que le soleil levant, il suit la Bergeronnette qui le devance, et il tend roreille comme pour écouter des sons mystérieux.

« Épargnez-le, ô mes puissantes chansons, épargnez-le, puisque voici le Bien-Aimé !

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