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HISTORIQUE

Emploi du plomb depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Colique de Poitou. — Colique saturnine. — Saturnisme.

§ I. — Emploi du plomb depuis l'antiquité jusqu'à, nos jours.

Le plomb est connu depuis les temps historiques. Pline cite ses dérivés, le minium et la céruse (cerussia), mais ne désigne pas très clairement le métal lui-môme. La terminologie est d'ailleurs assez confuse à cette époque. Les auteurs grecs et latins emploient souvent le même nom pour désigner le plomb et rétain. C'est ainsi que les interprètes latins rendent le mot xadutiepoç par « plomb » ou « étain ». Plus tard Géo Agricola distinguera trois sortes de plomb, l'un blanc qui est notre étain, un autre couleur de cendres qui est le bismuth actuel, enfin un troisième, noir ou livide, le plomb proprement dit. Le terme |Â5Xu53os s appliquait indifféremment à divers minéraux plombifères, au graphite et au sulfure de molybdène qui ne fut distingué de la plombagine qu'après les travaux de Scheele (1778). Le plomb portait chez les alchimistes le nom de « Saturne » en raison de son avidité pour les autres métaux qui semblent se dissoudre dans le plomb fondu. « Le plomb, dit James, est dune na-

ture tout à fait surprenante et d'une utilité admirable dans certaines rencontres; il est appelé le père et l'origine, aussi bien que le dévorateur de tous les métaux. » (James, Dictionnaire encyclopédique, traduction de Diderot.) Ainsi, même au xvin e siècle, il régnait entre les termes plomb, molybdène et saturne une confusion dont se ressentent toutes les recherches faites dans les anciens textes.

Quoi qu'il en soit, le plomb dut être un des premiers métaux isolés par l'homme. Son minerai le plus commun, la galène, devait attirer l'attention au même titre que les sulfures de cuivre et d'étain. L'isolement particulièrement facile du métal a dû se produire d'une façon fortuite dès les premières tentatives, puisque l'action de la chaleur suffit à séparer la majeure partie du plomb que renferme la galène. Si le plomb n'est pas rencontré plus souvent dans les stations préhistoriques, c'est qu'il est détruit à la longue par les agents telluriques, dissous et entraîné par les eaux. On a cependant trouvé des haches de pierre manifestement réparées avec des morceaux de plomb (Capitan).

Les anciens employaient couramment le minium et la céruse pour la décoration de leurs maisons. Les Romains tiraient le plomb de la Gaule et de l'Espagne ; ils savaient qu'il renferme très souvent de l'argent. Ils avaient appris à façonner des conduites pour alimenter leurs fontaines et des récipients pour la conservation de l'eau (Belgrand), Parmi les applications les plus comjnunes dans l'antiquité, nous citerons les plombs monétiformes employés couramment en Gaule, en Espagne et en Afrique, l'orfèvrerie commune et les miroirs. L'emploi du plomb fondu parait, en effet, avoir précédé celui de l'étain amalgamé dans la préparation des miroirs de verre doublés de métal. L'usage des feuilles métalliques était d'ailleurs courant dans l'orfèvrerie des anciens et du moyen âge, et les applications d'un métal aussi facile à travailler que le plomb ne tardèrent pas à se multiplier.

C'est aux alchimistes que l'on doit la préparation de divers sels de plomb et particulièrement du sucre ou sel de Saturne

qui occupa bientôt une place importante dans l'arsenal thérapeutique.

Le plomb paraît avoir été employé de tous temps au vernissage des poteries communes. Les potiers de terre exerçaientleur art dans un quartier d'Athènes, le Repars, depuis les temps les plus reculés.

De nos jours, le plomb permet de répandre le confort et Thygiène dans nos agglomérations urbaines. Les canalisations d'eau, de gaz, d'électricité, d'air comprimé ont rendu possible la centralisation des grands services d'édilité ainsi que la transmission économique et sûre des divers agents indispensables à notre civilisation. La plupart des usages de certains métaux dans l'économie industrielle et domestique n'ont été possibles que grâce à l'addition d'une certaine quantité de plomb qui modifie heureusement les qualités physiques de ces métaux et permet de les manipuler avec plus de commodité.

Des traces de plomb permettent d'effectuer plus facilement Tétamage et la galvanisation des métaux, mais cette dernière addition constitue une fraude quand les objets ainsi recouverts doivent être employés aux usages domestiques.

Parmi les alliages plombifères les plus employés, citons l'étain commercial à divers titres qui sert à confectionner une foule d'instruments, le métal des caractères d'imprimerie, le bronze, le laiton, la soudure des plombiers.

Nous mentionnerons plus particulièrement parmi les usages du plomb l'emploi de ses dérivés dans la peinture et dans la teinture, car c'est à la préparation et à l'emploi de ces dérivés que sont dus la plupart des cas d'intoxication saturnine.

Le plomb et ses composés subissaient facilement la fusion ignée au contact des silicates pourdonner un produit analogue au verre ou aux émaux. Cette propriété est mise à contribution pour le vernissage des poteries, la préparation du cristal et des émaux communs, pour l'émaillage des ustensiles destinés à divers usages domestiques. L'émail est généralement constitué par un silico-borate de plomb.

Nous citerons au cours de ce travail une foule d'autres

applications du plomb et de ses dérivés qui présentent des dangers pour l'hygiène industrielle ou domestique (fabrication des accumulateurs, travail des fausses perles, controxydation de fer, etc.).

Dans ces dix dernières années la consommation du plomb s'est montrée constamment plus élevée que la production et a suivi une marche rapidement ascendante :

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