RECUERCHE DU PLOMB DANS LE CERVEAU
Chatin et Bouvier, 1851. — Lassaigne, 1851. — Empis et Robinet, Arch. phys., 1851. — - Bouchard. — Gubler, Lrote et Bergbron, 1874. — Cl. Bernard et Daremberg, 1874. — Troisier et Lagrange, Gaz. méd., 1874. — Personne. — MeillSre. Soc. biologie, 1901, 1903. — Launois et Meillère, Soc. méd. Hop., 1902.
ENCÉPHALOPAT1IIE SATURNINE
Thèses : Danjoy, Paris, 1864 — Lefrançois, Paris, 1866. — Ripault, Paris, 1869. — Renaut, Thèse agrég., 1875. — Véron, Paris, 1878. — Charlier, Paris, 1882. — Apoplexie hystérique, Achard, 1887. — Pillaud, Paris, 1893. — Mazin, Paris, 1900, Encéphalop. revêtant Voilure clinique de la méningite tubercul. Obs. VII, VIII, IX etX. — Mlle Humbert, Paris, 1902. — Lï JÇncéphalopathie considérée comme la première manifestation du saturnisme. Observation d Ollive, Soc. méd., Nantes, 1 er sém. 1893 et de Desplats, Soc. méd., Lille, 15 octobre 1897 et Thèse Mlle Humbert, 1902.
Cliniques, Revues générales et Observations: Grisolle, Journ. hebd., t. IV, 1836. — Léoo Ducresne, Eclampsie saturnine, Soc. biologie, 1-862. — Jaccoud, Clin. méd. Charité, 1867. — Bottentuit, Union
méd.y 1873. — Lépine, Gaz. méd., Paris, 1874, n° 47. — Debove, Soc. méd. Hop., 1879. — Dinarie, Loire méd., 1895. — Denison Stewart, Lead convulsions. Am. journ. M. &., Philadel., 1895. — Desplats, Traitement encéph. par saignée et sérum, J. Se. méd., Lille, 15 octobre 1897. — Delearde, Oaz. Hop., 15 juin 1901. — Debove, Clin. Beaiyon, décembre 1901, Analyse dans Thèse M. Humbert, Obs. I, H, V, 1902. — Seligmuller, Diagnostic entre syphilis et sat. céréj>r., Rev. gin. paih. int., 5 juin 1902. — Voir Urémie, Albuminurie, Amaurose, Paralysie générale.
Paralysie générale des saturnins. — Calmeil et Esquirol ont signalé les premiers le saturnisme comme une cause possible de paralysie générale. Delasiauve (1851) compare les troubles observés dans l'encéphalopathie à ceux que l'on constate dans la paralysie générale. Peu après, Falret semble admettre que le saturnisme peut produire la paralysie générale et conduit rarement à ce qu'il appelle la folie paralytique. Cet auteur paraît d'ailleurs établir une confusion entre la paralysie générale et la paralysie à généralisation progressive observée parfois dans le saturnisme.
Devouges publie, en 1857-1858, 6 observations de paralysie générale chez les saturnins.
Bpurdesol établit, en 1861 un parallèle entre la paralysie générale des aliénés et celle que l'on observe chez les saturnins.
L'existence d'une paralysie générale des saturnins paraît dès lors au-dessus de toute discussion. La notion de l'étiologie saturnine se précise avec Marcé, Charcot, Wickham et surtout à la suite du mémoire classique de Vallon (1892) sur les pseudo-paralysies générales saturnines et alcooliques. Les conclusions de ce travail sont appuyées sur plus de trente observations; elles consacrent définitivement l'exis-* tence des/wewdo-paralysies générales ne se différenciant des paralysies générales proprement dites que par la possibilité d'une régression du processus quand le malade est soustrait aux causes d'intoxication.
La question est de nouveau discutée au Congrès de Neu-
rologie de Toulouse où Bail et Régis affirment contre Pierret l'existence des pseudo-paralysies générales.
Symptomatologie. — Les deux variétés de paralysie générale (pseudo-paralysie et paralysie vraie) présentent la plus grande analogie. Les pseudo-paralysies ont parfois un début moins insidieux parce qu'elles succèdent alors à un épiphénomène, crise de délirium chez l'alcoolique, crise d'encéphalopathie chez le saturnin. De plus, il suffit parfois d'éloigner la cause d'intoxication pour provoquer la régression complète de la maladie vers la guérison, ce qui n'a jamais lieu dans la paralysie générale ordinaire dite progressive. Celle-ci présente bien des rémissions passagères mais jamais de guérison. Pour obtenir une pseudo-paralysie typique, il faut s'adresser à un processus chronique d'empoisonnement sans réimprégnation successive, ce que réalisent les syphilis méconnues et l'intoxication saturnine latente à évolution lente, sans phénomènes critiques. En pareil cas, la paralysie ne se distingue pas de la paralysie progressive. Pour Vallon d'ailleurs, la paralysie générale des saturnins peut suivre une marche fatalement progressive, malgré des rémissions trompeuses et aboutir au marasme et à la mort comme la maladie de Baillarger. En résumé, le pronostic doit toujours être réservé.
L'état actuel de la question se trouve résumé dans les conclusions d'une clinique récente du professeur Dieulafoy, qui schématisent l'évolution des deux variétés de paralysie générale.
1° A côté de la paralysie générale vraie, dite progressive, maladie à évolution lente et fatale, il est des encéphalopathies toxiques, alcooliques, syphilitiques ou saturnines, qui par Tune de leurs modalités rappellent les symptômes de la paralysie générale vraie, mais qui n'ont pas sa marche progressive, parce que le primum movens diffère dans les deux cas; on les a nommées pseudo-paralysies générales régressives, parce qu'il suffit souvent de supprimer l'agent toxique pour enrayer le mal.
2° Il n'y a pas, entre les deux ordres d'affections, une barrière infranchissable, parce qu'il est des cas où, grâce à
la continuité de la toxi-infection et à la réceptivité du terrain, la soi-disant paralysie aboutit à la paralysie vrai*. 3° Le diagnostic différentiel est parfois impossible. La notion étiologique fournit pourtant une présomption en faveur de la pseudo-paralysie d'origine infectieuse, qui offre pour caractère son début brusque. Néanmoins, dans l'état actuel de nos connaissances, il est impossible d'acquérir une certitude absolue à cet égard, sans avoir assisté à. l'évolution de la maladie. (Dieulafoy, Clin. Hôtel-Dieu, l* r et 8 décembre 1900.)
CALMEiLet Esquirol, Parai, gén., — Delasiauve, Par. gén. sat., Ann. m+d.psych., 1851; Soc. méd. Bôp., 11 février 1852. — J. Falhet, Folié paralytique, Thèse, Paris, 1853» — Bourdesol, Thèse, Paris, 1861, Parai, gén. des aliénés et par. gin. des saturnins. — Charcot et Wickiiam, Lyon médical, 28 juin 1888. — Marge, Traité des maladies mentales, causes occasionnelles de la paralysie gén., p. 474. — Wallon, Comptes rendus Académie médecine, 1892; Congrès de Blois, Un cas de paralysie générale vraie consécutive à une encéphalopathie saturnine, Tribune méd., 15 septembre 1892; France médicale, 1893 ; Congrès de Toulouse. — Paris, Alcoolisme et saturnisme paralytiques Rev. méd. de VEst, 1893. — Marandon, Paralysie générale régressive, Gaz. hebd., 5 décembre 1897. — Dieulafoy, Cliniques de l'HAtel-Dieu, l or et 8 décembre 1900, Anal, in Tribune méd., 20 décembre 1900.
Divers : Parmi les névropathies attribuées au saturnisme mais observées très rarement nous citerons :
1° La tétanie saturnine, ou du moins une contracture intermittente des extrémités inférieures simulant la tétanie signalée par Manouvrier dans sa thèse, et par HaCnel, Bull, méd., 4 juin 1902, (d'après Neurol. centr. bl., 1 er mars 1902 ;) ■ 2° Vaphasie saturnine, observée par Gaucher, Bull. Soc. clin., Paris, avril 1880;
3° La manie saturnine^ décrite par Racine dans Deut. med. Woch., n° 10, 1884 ; Anal. Arch. gén. méd., 1884, t. DCCXXXV1II;
1 4° Le tabès dorsalis, Redlich, Wien. med. Woch., n°48, 19,1897;
5° Ukémichorée, signalée par Lewis 1872, Raymond, Hémianesthésie, hémichorée et tremblement symptomatiques. Thèse, Paris, 1876, n° 157. — Voir également, Saturnisme et hérédité, Dégénérescence héréditaire. Idiotie.
§ IV. — Troubles nerveux non classés dans les catégories
précédentes:
Modification des sécrétions. — Quelle que soit l'explication donnée des modifications observées dans les diverses sécrétions, c'est évidemment aux troubles nerveux qu'il convient de rapporter, en dernière analyse, la pathogénie des faits constatés. Le ralentissement des sécrétions peut s'effectuer par action directe du poison sur les nerfs secrétaires et par la vaso-constriction des artérioles des glandes. De fait, le sang circule moins vite chez le saturnin que chez un sujet normal, et c'est à ce ralentissement qu'il faut probablement rapporter les modifications observées dans les sécrétions normales (urinaire, sudoràle, intestinale) ou pathologiques.
Troubles de la motricité splanchnique. — On observe fréquemment chez le saturnin une sorte de parésie ou d'inertie des muscles lisses. C'est en grande partie à cette parésie et à la modification simultanée des sécrétions qu'il faut attribuer la genèse des affections intestinales (dyspepsie saturnine, colique de plomb). Les bons effets obtenus dans les crises de colique saturnine par l'usage de la strychnine et par l'emploi des lavements électriques viennent à l'appui de cette conception. On constate également une inertie des muscles bronchiques.
Les troubles de la miction, constatés au cours des affections saturnines relèvent de causes complexes. Ces accidents ont été analysés par Lejeune dans sa thèse ( Troubles de la miction dans le saturnisme aigu et chronique, Paris, 1881). Consulter également : Duchesne fils, Arck. gen. med. 9 1864 et Brown cité par Dufour Labastide, thèse 1902, pour les troubles de la miction observés chez les enfants.