SEE ET US EEE
première messe à été offerte sur la plage canadienne depuis le départ de Jacques Cartier et de Roberval.
Nous avons nommé les quatre premiers religieux Récollets, et Sagard décrit ainsi leur heureuse traversée : “ Dieu qui leur avait donné ce bon sentiment et la volonté d’entreprendre ce pénible voyage, leur fit aussi la grâce de passer ce grand Océan et d'arriver heureusement à la rade de Tadoussac. Sitôt, ajoute-t-il, que ces bons Pères furent à terre, ils rendirent grâce à Dieu de les avoir assistés et conduits si à propos au port du salut, ?
Et après avoir donné quelques descriptions de l'endroit, qui, loin de lui déplaire, lui rappelait les “ âpres déserts de la Thébaïde où résidaient anciennement ces grands Pères ermites et anachorètes,” il rapporte que le Père d’Olbeau, après avoir séjourné un jour ou deux à Tadoussac, partit pour Québec dans la première barque, et cinq ou six
jours «près, les autres religieux le suivirent pour
se rendre au même lieu.
Cette expression, “ rendre grâce à Dieu,” pourrait donner à croire que l’on offrit dans ce but le saint sacrifice de la messe. Il peut nous paraître étrange aussi que des religieux d’une vie aussi régulière eussent passé plusieurs jours sans célébrer
les augustes mystères. Ce devait être leur désir ; et si nous n'avions aucun détail précis à ce sujet, on ne pourrait blâmer un historien de supposer que la chose ait eu lieu,
D’un autre côté, il était difhicile de trouver au milieu de toute la cargaison la précieuse cuisse contenant les objets nécessaires au culte, d'autant plus que l’on comptait sur le vent qui pouvait bien devenir favorable au premier moment ; mais ce qui tranche lu question, c’est que le frère Sagard, qui avait vécu avec les premiers missionnaires, recueillant leurs récits de leurs propres bouches, écrit en tête du quatrième chapitre de son histoire les paroles suivantes : ‘ Des dangers qu’ils coururent en chemin et de la sainte messe qu’ils célébrèrent pour la première fois à Tadoussac. ?” Oril s’agit ici du second voyage du Père Joseph Le Caron, deux ans après le premier.
Le Pè:2 Joseph était retourné en France pour demar ; secours en faveur de leurs missions ; il « à Tadoussac après 13 semaines et un jour
d .rilleuse traversée (Sagard, t. I, p. 47). Il y
laissa le Père Paul Huet, ce qui fait dire au même
historien : “ Le Père Paul resta à Tadoussac, où il
célébra la messe pour la première fois dans une
chapelle qu’il bâtit à l’aide des matelots et du
capitaine Morel, qui fit tirer tous les canons de son
D LE te eco à
basses dr
bord en action de grâces et réjouissances de voir dire la sainte messe où jamais elle n'avait été célébrée” (Sagard, t. I, p. 48).
Il y avait donc deux ans révolus que la messe se disait régulièrement ailleurs quand elle fut célébrée à Tadoussac, le Père Joseph y étant arrivé d’abord le 25 mai 1615, et cette seconde fois au commencement de juin 1617 avec le Père Paul.
Comment supposer après tous ces détails au sujet de cette messe À Tadoussac, que le même historien ait omis la description d’une première messe en ce lieu dès le premier débarquement? Non, il faut conclure qu’elle n’y a certainement pas été dite à cette époque.
Mais quand faudrait-il en fixer la date? Suivons les premiers missionnaires.
Après un ou deux jours de repos à Tadoussae, le Père Jean d’Olbeau part avec Champlain : “ Les barques accommodées, écrit Champlain, nous nous mîmes dedans (1615-1619), les autres religieux ne montèrent à Québec que cinq ou six jours après dans d’autres vaisseaux.
‘ Après avoir tant travaillé à se procurer les missionnaires, les voyant si zélés, brûlants de amour de Dieu, comme le dit Champlain, il lui tardait de choisir à Québec un lieu convenable pour leur saint ministère. ‘On commença à mettre des
hommes en besogne pour accommoder nos barques afin d’aller à Québec, lieu de notre habitation, et au grand Sault Saint-Louis, où était le rendez-vous des sauvages quiy vier enttraiter” (Ibid., 1615, p. 19). Il désirait d'autant plus revoir les sauvages, qu’on leur avait fait de faux rapports sur son compte, comme nous lavons déjà rapporté. De leur côté, les missionnaires avaient hâte de commencer leur ministère de régénération. Le Père Joseph LeCaron, arrivant de Tadoussac à Québec, ne s'y arrêta même pas, “et continuant, dit Champlain, sans faire aucun séjour à Québec, voulut aller droit au grand Sault, où étant, il vit tous les sauvages et leur façon de faire?” (Ibid., 1615, p. 10).
Celui-ci, à coup sûr, n’a pas dit la messe à Québec, ilne l’a pas dite non plus au grand Sault, parce qu'il n'avait aucun ornement avec lui.
Voyant que les sauvages paraïissaient bien disposés, il fit tout de suite des arrangements pour aller hiverner chez eux, afin d'apprendre leur langue et de les gagner à Dieu. “Cette résolution ainsi prise, dit Champlain, il s’en retourna à Québee, le vingtième jour de juin, pour avoir quelques ornements d'église et autres choses nécessaires À sa commodité” (Ibid., 1615, p. 10).
Évidemment, ces ornements n'étaient pas en vue, mais Champlain s’est hâté ‘ pour donner ordre à ce
RÉ EL à
ce
CNRERE
SNA FE,