LEP NON NUE CALE LUE AUS
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premiers pionniers de la foi! Ils ont tout quitté pour pénétrer dans les bois, heureux de partager les misères ües tribus sauvages, afin d'améliorer leur sort, de changer leur vie et de les guider vers le ciel !
Le voyage fut donc parsemé de nombreux dangers et dura longtemps. Nos missionnaires, partis le 18 mars, ne mirent pied à terre que le 28 juin suivant, comme le raconte Sagard : ‘un doux zéphir, enflant favorablement nos voiles, nous portait À Québec, où nous arrivâmes la veille de saint Pierre et de saint Paul, vers les cinq heures du soir, en très bonne santé, et assez mouillés d’une pluie qui nous tombait du ciel, de quoi nous louâmes Dieu et primes port au lieu accoutumé ”? (Sagurd, vol. I, p. 159).
Un peu plus loin, dans son récit, le même auteur, louant la cordiale hospitalité du sieur de Champlain, qui les retint cette première nuit et les fit accompagner à leur modeste couvent le lendemain matin, fait cette charmante réflexion : ‘ Il semblait que cette affection nous eût fait naître des ailes aux pieds, tant nous allions vite, et ne pensions déjà plus à tous nos maux passés. Mon Dieu, il est bien vrai, votre joug est doux et suave à ceux qui ont bonne volonté, et n’est pénible qu’à ceux qui n’ont point d'affection pour votre service” (Ibid., I, p. 161).
Il est facile de se représenter la joie, la satisfaction des religieux de Québec à la vue de ces généreux confrères venant à leur secours. Agenouillés dans leur humble chapelle, ils offrent ensemble la prière de vive reconnaissance pour ce nouvel appui dans leurs travaux.
Sans tarder, ils s’occupent des préparatifs pour voler au secours des enfants des bois. Leur zèle rencontra de sérieux obstacles de la part de ceux-là mêmes qui auraient dû les encourager. Le mécontentement éclata parmi les trafiquants en voyant poindre le jour où leurs fraudes et leurs immoralités seraient découvertes et arrûtées. ‘ Ni nous voulons, dit Sagard (vol. I, p. 169), pénétrer plus avant et voir de quel genre de dévotion ils se sont portés à la conversion des sauvages, nous trouverons que nous n'avons eu aucun plus grand empêchement que de la part des Français, car outre la mauvaise vie de plusieurs, la plupart ne désiaient pas en effet qu’il sy fit aucune conversion, tant ils appréhendaient qu’elle ne diminuât le tratic du castor, seul et unique but de leur voyage. O mon Dieu, le sang me gèle quand je rentre en moi-même et considère qu’ils faisaient plus d’état d’un castor que du salut d’un peuple qui vous peut aimer. Et l’indévotion est arrivée jusque-là qu'une
personne de condition, “ Catholique de profession ?,