‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 30 sur 92 · RS · texte numérisé non relu

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‘ar quelque chose qui arrive, vous aurez toujours un ver qui vous rongera la conscience ?

Bruslé échappa nne fois à la mort en se servant dun Agnus Dei pendu à son eou, prédisant toute espèce de fléaux si les sauvages le lui enlevaient. Le tonnerre se mit à gronder, et la peur s’empara des bourreaux (Sagard, TT, p. 467).

Ceci n'empêcha pas que plus tard. s'étant rendu coupable de nouvelles indignités, il fut repris par les Furons, condamné à mort et mangé en leur festin (Sagard).

Pendant un temps assez considérable, le costume des religieux, leur manière de vivre, leurs conseils, wétablissaient pas une grande différence entre eux et les autres Français. La rancune des Indiens les enveloppait dans la même animosité. Elle finit par diminuer en intensité, quoique la manière de parler des premiers missionnaires indique toujours la nécessité d’une défiance constante.

Après un an de résidence aux Hurons, il est de fait historique que nos généreux missionnaires avaient pris un ascendant considérable sur les principaux chefs et sur les conseils des tribus qu'ils visitèrent. Champlain secondait leur zèle et fortifiait en toute sincérité leur noble entreprise. D’autres personnages fournirent une influence des plus utiles.

Quand apparurent les héroïques enfants de Saintlunace, ce fut le complément des énergies voulues pour l’occasion. Alors les Indiens virent un plus grand nombre d'hommes de Dieu faisant accorder leur conduite avec leurs promesses, la pratique de leur vie avec leurs principes : ce fut le commencement des pieux résultats.

Un jour, à Saint-Gabriel des Hurons, il v eut assemblée au couvent improvisé de nos religieux. C’est Sagard qui rapporte le fait (vol. IT, p. 427). Un sauvage n’y occupant pas la place qu'il convoitait sirrita contre un Français ; il fittant de bruit que le Père Joseph dut intervenir. Le sauvage brandit une massue sur la tête du religieux, et aurait même frappé sans intervention de personnes présentes. L'ordre se rétablit difficilement.

Une plainte motivée fut faite au chef de la nation. Il assembla son conseil pour entendre l'accusation, et porterson jugement. Le Père Joseph ne voulut pas assister, mais le Père Nicolas Viel et le frère Sagard furent présents.

Voici comment l'affaire fut réglée, d’après l’historien. Nagard avait commencé à formuler ses plaintes, d’une manière habile, en mettant sous les yeux de ses auditeurs les points saillants de différence entre les avantages du pays qu’ils avaient

quitté, et les misères de la forêt. Ils ne lhabitaient

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que pour leur bien, et le salut de leurs âmes, Après cet exposé, le grand chef éleva la voix, et reconnut hautement les services rendus par Îles missionnaires. ‘ Et bien, dit-il (Sagard, vol, II, p. 431), que voulez-vous qu'ils fassent davantage pour vous? Ils vous instruisent, ils enseignent vos enfants, ils parlent à Dieu pour nous, et nous traitent comme leurs parents, et pour récompense uous leur voulons rendre des déplaisirs ; quoi, la chose serait-elle raisonnable * non, il n’en sera pas ainsi ?.

Après cette harangue, dont nous n'avons cité que les points principaux, des présents furent ofterts aux Pères avec mille excuses, de la part des nombreux assistants, jointes aux invitations de sagamité et de pétun. Les bons Pères en avaient assez ‘ pour leur dégoût ” de ces dernières choses, de sorte qu’ils remercièrent les Indiens de toutes leurs politesses et se retirèrent dans leur cabane, heureux de eette preuve de respect et de reconnaissance pour leur ministère et leur dévouement.

Au printemps 1624, les confrères religieux se décidèrent à descendre à Québec ; leæ provisions

manquaient, Le frère Sagard fut chargé de cette

pénible mission. A cette fin, il réussit à se faire

accueillir par les sauvages descendant à la traite,

On voit ici l’attachement réel des sauvages par

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toutes les objections qu’ils opposent à son départ. Il réussit quand même à s’en détacher en faisant la promesse formelle de revenir pour ne plus les quitter.

Malgré le désir de ce bon religieux, il ne devait plus les revoir, car, dès son arrivée à Québec, une lettre de son supérieur lui enjoignait de revenir au couvent de Paris par le prochain vaisseau. ‘IT me fallut donc changer de batterie, écrit-il (vol. III, p. 836) et laisser Dieu pour Dieu par lobéissance, puisque sa divine majesté en avait ainsi ordonné, car je ne puis recevoir aucune raison pour bonne de celles qu’on m’obligeait de ne m’en retourner point et d'envoyer mes excuses par écrit.”

La prière suivante que Sagard nous a laissée fait connaître d’une manière touchante l'attachement qu’il avait pour ses chers sauvages. “ O mon Dieu ! je vous recommande et remets entre les mains ce pauvre peuple que vous nous aviez commis. Vous ne m'avez pas jugé capable de vous y servir plus longtemps. Seigneur, puisque sitôt vous m’en avez retiré et avez commandé à l’ange tutélaire du pays de ne points débattre de mon retour avec celui de la France, où il faut que j’accomplisse vos divines volontés” (vol. IIT, p. 840).

Les adieux se firent après les prières d'usage en la modeste chapelle de Notre-Dame-des-Anges ;

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