‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 32 sur 92 · ETES · texte numérisé non relu

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que les uns faisaient le signe de la croix, et les autres non ” (Sagard, III, 861).

Ces paroles montrent une influence pernicieuse, tendant constamment à paralyser les efforts des missionnaires et à soulever les Indiens. Impossible de nier que ces Indiens, en contact si fréquent avec les agents de diverses compagnies établies sur toutes les côtes qu’ils fréquentaient, recevaient une dangereuse direction.

C’est là qu’ils reçurent les armes à feu, avec l’eau-de-vie, source de tant de désordres et de cruautés. Sagard, après avoir exposé ses vues au sujet de ces maux désastreux, amena facilement ses confrères de France à la conclusion qu'il fallait appeler à leur secours une communauté de religieux préparés à la lutte, et capables de résister aux plus terribles attaques. “ Nous jugeons avec le même Seigneur, écrit-il, que pour entretenir tant de peuplades, continuer la conversion des sauvages, et établir des séminaires partout pour l'instruction de la jeunesse, il nous était nécessaire d’avoir le secours de quelques religieux rentés, qui puissent, par leurs propres commodités et moyens, fournir aux frais et À la nourriture des dits enfants et nouveaux convertis, puisque la compagnie de marchands s’excusait sur son impuissance, et nous

sur notre règle qui nous défend les revenus ” (Sagard, ITI, 862).

‘Entre tous les religieux, nous proposîmes les Pères Jésuites, lesquels, comme personnes puisgantes pouvaient beaucoup à ces peuples indigents ” (idem, 863). ‘On supposait, écrit le Père Rochemonteix (1, 139), ces derniers très riches (sot préjugé, cent fois réfuté); et surtout, plus influents qu'ils ne l’étaient en réalité.”

Ces expressions ‘religieux rentés, puissants,” doivent s'entendre dans ce sens que Pinstitut des Jésuites permet la possession commune de biens et de revenus, et qu’en conséquence, ces religieux seraient moins à charge à la colonie et plus en mesure d'attirer les Indiens.

Quand plus tard, après le traité de Saint-Germain-en-Laye (29 mars 1632), les Jésuites seront seuls chargés de la mission de la Nouvelle-France, ce sera bien encore cette raison qui déterminera le cardinal Richelieu à leur donner la préférence. C’est l’opinion formelle du Père Rochemonteix (les Jésuites et la Nouv.-France, I, 182), quand il cite M. Faillon (ist. de la col. française, I, 282). “ Richelieu eut À choisir entre les Jésuites et les Récollets. Son choix s’arrêta de préférence sur les premiers, attendu que d’après leur institut, ils pouvaient posséder des biens et des revenus, et qu’ils

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