‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 33 sur 92 · EN · texte numérisé non relu

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seraient ainsi moins à charge à la colonie et plus en mesure d'attirer les Indiens.”--“Jean de Lauson, intendant des affaires du Canada et président de la compagnie des cent associés, partageait sur ce point les vues du Cardinal, affirme le Père de Rochemonteix (1, 182).

Champlain était tout à fait porté ponr les Jésuites, ‘jugeant n’en trouver de plus capables pour ramener ces peuples à notre for” (Ch., 1070). Cinq Jésuites furent d’abord désignés; c'était le Père Charles Lallemand, principal du collège de Paris, “très dévot et zélé religieux ”, dit Champlain (1070) ; Jean de Brébeuf, Ennemond Massé, et les frères Francois Charton et Gilbert Burel (Rel. de 1635, 23 ; Champlain, 1070).

Les religieux quittèrent la France en compagnie d’un fameux Père Récollet d’illustre famille (illustre maison des comtes de Lude) (Ch., 1076), le Père Joseph de La Roche Daillon, en avril 1625. Ils firent une heureuse traversée et de beaucoup moins longue que d'habitude, d’après Sagard.

Ils ne reçurent pas un bon accueil de la population, ce qui est facile à expliquer. Les idées hostiles des huguenots qui dominaient, la frayeur des agents de voir leurs torts redressés, les sympathies des nouveaux missionnaires assurées d’avance aux sauvages, tout cela fournit tant d’obstacles que,

n’eût été l’intervention des Récollets, ils seraient certainement retournés en France par les mêmes vaisseaux (Sagard, III, 868 : Le Clerq, Prem. établ. ; Ferland, [, 216). “ Comme on s'était cortenté, écrit le Père Le Clercy (1, 309), de tirer un consentement verbal de Sa Majesté, on n'avait pas trouvé lieu d'obtenir des lettres authentiques pour l’établissement de ces Rév. Pères. Ni bien que l’entreprise allait échouer, ils étaient sur le point de repasser en France par les mêmes vaisseaux et d'abandonner complètement leurs desseins.” Le Père de Rochemonteix, dans son récent ouvrage dont nous avons déjà fait quelques extraits, confirme ce témoignage (vol. [, 153). ‘ Leur arrivée (des Jésuites) se fait cependant sous les plus tristes auspices. On a fait circuler de main en main les pamphlets publiés en France contre la compagnie de Jésus : aussi catholiques et protestants, également prévenus et excités, refusent de les recevoir, En l’absence de Champlain, retenu à Paris par les affaires de la colonie, Émery de Caen, son rempla- “ant, leur déclare qu’il n’y a place pour eux, ni à l'habitation ni au fort, qu’il n’a du reste reçu à leur sujet aucun ordre du vice-roi. Que seraient-ils devenus sans la charité exquise des Récollets ?.... Prévenus de l’accueil désagréable fait aux Jésuites, ils vont les chercher sur une chaloupe au milieu

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de la rade,les conduisent chez eux, et mettent à leur disposition la moitié de leur couvent, de leur jardin, et de leur enclos. Les fils de Saint-François et de Saint-Ignace vivront ainsi de longs mois sous le même toit. Hospitalité vraiment fraternelle que la compagnie de Jésus ne devait jamais oublier.” Le Père Lalemant ne tarda pas à exprimer sa vive reconnaissance dans deux lettres écrites au sieur de Champlain et au Père Provincial des Récollets. Nous ne citerons que la première, en date du 28 juillet 1625, parce qu’elle renferme un détail important au sujet de la mort du Père Viel.

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