PLAN DU FORT DE LA MONTAGNE
A Chapelle de Notre-Dame des Noiges.— PB Maison des missionnaires.— C' Tours à l'usage des sœurs de la Congrégation. — D Grange destinée à servir d'asile aux frmmes et aux enfants en cas d’'alarme.— ÆE Bastions.— F Village indien.
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et la Montagne) et la ferveur y était admirable avant que l’avarice de nos traitants y eût introduit livrognerie, qui y a fait de bien plus grands ravages encore que dans les missions de Saint-François et de Beckancourt.” |
Les sauvages des divers postes mentionnés plus haut, affluèrent à la montagne en bon nombre, et vécurent sous leurs huttes avec leur missionnaire, jusqu’à ce qu’on eût entouré un bon lopin de terre de palissades, pour se préserver des attaques des ennemis.
Mais à peine ces nouvelles constructions en bois avaient-elles surgi, qu’elles devinrent la proie des flammes par l’imprudence d’un sauvage ivre. Heureusement, le ciel avait suscité un homme pour réparer ce désastre; c'était M. Vachon de Belmont, qui doit être assigné comme l’un des plus insignes bienfaiteurs de son temps.
I] fit bâtir à ses frais, en 1680, un fort en pierre avec des bastions ou tourelles. La chapelle de Notre-Dame des Neiges fut placée entre les deux tourelles faisant face à la ville.
Le séminaire a eu l’heureuse idée de les conserver ; ce sont de bien précieuses reliques, à peu près les seules qui nous restent, pour nous rappeler les gloires les plus pures de notre passé.
La Mère Bourgeois désigna deux de ses filles pour aller instruire les enfants sauvages. ‘“ Elles partagèrent avec eux leurs dangers et les incommodités des cabanes d’écorce (ist. de la Mère Bourgeois, publiée sur des mémoires certains et originaux en 1818, p. 116).
C'était, ajoute auteur, ‘un voyage d'aller de la ville à :. montagne: on ne pouvait y arriver qu’à travers d’épaisses forêts, entrecoupées de marais et de savanes, dans lesquelles il n’y avait point encore de chemin tracé. Un senl prêtre du séminaire v était d’abord occupé à linstruction des sauvages. et deux missionnaires y furent logés sous des “abanes d’écorce, comme la plupart des sauvages.”
M. Guillaume Bailly était sans doute ce prêtre. Il était arrivé à Montréal ‘ vec un autre confrère sulpicien, le 7 septembre 1666, M. Michel Barthélemy.
Ce dernier, après avoir aussi trvaillé au ministère
de la montagne, devint curé de la Rivière-des-
Prairies, où son nom apparaît sur les registres de 1687 à 1692.
Dès que les tourelles furent terminées, les sœurs
se logèrent dans celle que l’on trouve À droite en entrant dans le fort, et la tour qui est de l’autre côté de la chapelle, servait d’école et de boulan-
gerie ?” (même auteur, 116).
Aujourd’hui, à cet endroit même où tant d’etforts d’évangélisation ont été accomplis, s'élèvent les imposants édifices du grand et du petit séminuire. Au-dessus de la porte, faisant face aux tourelles du vieux fort, le visiteur peut lire: ‘“ Spes messis in semine; les prières et les soupirs des premiers missionnaires out été entendus: leurs espérances n’ont pas été trompées, la pépinière de leurs néophytes a été transformée en un foyer de lumière évangélique.
Il faut donc reconnaître en ce lieu béni de la montagne, la réalisation des désirs des vertueux fondateurs de Ville-Marie. Dès les premiers temps, M. de Maisonneuve en avait gravi les premières hauteurs, accomplissant en cela un vœu pour la conservation de la colonie naissante.
Vers la fin de décembre 1642, les travaux du fort sur la pointe à Callières étaient terminés, quand les eaux du fleuve montèrent tellement, qu’elles mena- “aient de tout détruire (Rel. du P. Vimont, 1643). M. de Maisonneuve planta sur la rive, à l’entrée du fort, une croix, s’engageant à la transporter sur la montagne si le malheur était détourné.
L’attente fut bien pénible, Dieu paraissait même sourd à la voix de son fidèle serviteur, quand enfin les eaux vinrent battre leurs dernières vagues sur le seuil du fort.
Le jour de l’Épiphanie (1643), M. de Maisonneuve “acheminait vers la montagne, portant lui-même ia croix sur ses épaules.
La sainte messe fut célébrée à cette occasion par le Père du Perron, de la société de Jésus, et la Mère Bourgeois rapporte que, depuis ce temps, cet endroit devint un lieu de pèlerinage “ où les personnes qui pouvaient quitter l’habitation, allaient y faire des neuvaines, à dessein d’obtenir la conversion des sauvages et de les voir venir avec soumission pour y être instruits” (Écrits autographes de la Mère Bourgeois).
En traversant l'Océan, M. de Maisonneuve avait entretenu la Mère Bourgeois de sa croix de la montagne. ‘Quand je fus arrivée, écrit-elle, M. de Maisonneuve, pour acquitter de la promesse qu’il m'avait faite, de me mener sur la montagne, détacha trente hommes qui m'y accompagnèrent. Mais les sauvages avaient Ôté la croix”? (Ecrits autographes).
Affigée de ce méfait, la sainte femme, de retour au fort, s’employa auprès des ouvriers pour la reconstruire. “.J’y menai Minime (fervent chrétien et charpentier très habile), avec quelques autres hommes, et nous y fûmes trois jours de suite.
La croix fut plantée, ainsi qu’une palissade de
pieux pour la clore. Mais l’on ne put y retourner ;
ar il survint des empêchements des [roquois, qui se cachaicnt dans le bois pour surprendre nos travailleurs” (Ecrits autog.).
Ce lieu fut toujours cher aux colons, et du moment que les dangers disparaïissaient, ils en reprenaient le sentier. La messe y fut célébrée souvent. + [l se rencontra ur joar,rapporte la mère Bourgeois (Ecrits antog.), que de quinze ou seize personnes qui y étaient allées, pas une ne pouvait servir la sainte messe.
“ Mile Mance fut obligée de la faire servir par Pierre Gadoiïs, qui était un enfant, en lui aidant à prononcer les réponses. Tout cela se passait avec bien de la piété.”
M. de Maisonneuve avait conçu le projet d’v bâtir une chapelle en honneur de la sainte Vierge, et il publia une ordonnance à cet effet, le 19 novembre 1661, “ Avant une entière connaissance du zèle et de affection du sieur de St-André, disait ordonnance, pour l'établissement de la foi en ce pays, nous, en vertu des pouvoirs qui nous ont été donnés par messieurs les Associés, Seigneurs de cette île, lui avons donné commission de recevoir toutes les censives qui leur sont dues, avec pouvoir de faire profiter l'argent qui proviendra de cette recette, pour être employé, suivant nos ordres, À la
construction d’une chapelle sur la montagne, en
l'honneur de la très sainte Vierge, le tont sous le bon plaisir de M. Pévêque de Pétrée (Greffe de Ville-Marie, 19 novembre 1661). C'est ce qui fait écrire à M. l'abbé P. Rousseau, dans son excellent ouvrage sur M. de Maisonneuve (p. 250) : “T1 voulait remplacer le calvaire abattu par les Iroquois par un pèlerinage nouveau, et attirer sur Ville-Marie la protection de la Reine du ciel.”
Ilest naturel de supposer que c'était précisément à sa croix de la montagne que Maisonneuve se proposait d’ériger ce nouveau sanctuaire.
Ce soin fut laissé À d’autres, car il ne lui fut pas possible d'accomplir son pieux projet.
Méconnu dans ses intentions sincères de pro-
mouvoir les intérêts de sa chère colonie, il fut destitué et se retira en France (1665).
On doit dire qu’il laissa son cœur à Ville-Marie, et qu’il ne se vengea de son cruel revers que par F la prière et les bienfaits.
ê: I mouxut à Paris le 9 septembre 1676, “ dans son TRS domicile ordinaire, écrit M. Faiïllon (/Zist. de la | col, frang., {, p. 116), situé sur la paroisse de Saint- AIRE Étienne-du-Mont, entre les portes Saint-Marcel et Saint-Victor.
Son corps fut transporté dans l’église des PP,
de la Doctrine chrétienne, où l’on fit ses obsèques.
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Montréal, après tant d'années d'oubli presque complet, vient enfin d'évoquer les souvenirs de son glorieux berceau, en lui élevant un monument vraiment digne en beauté artistique, de son héroïque fondateur.
Quand le temps de la mission de la montagne arriva, ce fut à peu près au même endroit où Maisonneuve avait planté sa croix, que la chapelle de Notre-Dame des Neiges fut construite, unissant ainsi le vœu de Pillustre gouverneur à son généreux accomplissement.
Certains écrivains ont plusieurs fois donné à la montagne le nom de Notre-Dame des Anges ; les registres conservés à Oka portent cependant tous le titre de Notre-Dame des Neiges.
C’est la résidence des Pères Récollets à Québec qui prit d’abord le nom de Notre-Dame des Anges, et ensuite celle des Pères Jésuites.
Cette dernière fut fixée sur une concession de terre accordée aux Pères par le duc de Ventadour ; ils en prirent possession le premier septembre 1626, en y plantant une croix (Rochemonteix, P.
Le patronage de Notre-Dame des Neiges a dû être donné à la montagne à la suggestion de la Mère Bourgeois.
On trouve cette sainte femme À la tête de tous
les mouvements de piété, dès que Dieu l’a conduite
vers la Nouvelle-France. Voyez l’intérêt qu’elle porte à cette croix de la montagne, comme elle s’empresse de la relever! Du moment qu’un sancetuaire y fut érigé, elle a dû insister pour qu’il fût dédié à Notre-Dame des Neiges: elle avait du reste une dévotion toute particulière pour Marie, invoquée sous ce titre.
Ayant réussi à obtenir une petite Iroquoise, au
moyen de présents offerts à sa mere, elle se hâta de la faire baptiser. Ce fut le quatre août 1658, que l’eau sainte coula sur son front. Elle fut nommée Marie des Neiges. M. de Maisonneuve fut son parrain, et sa marraine fut Élisabeth Moyen, épouse du major Lambert Closse.
“Le Père Le Moine a assuré que c’était la première baptisée des Iroquois, écrit la Mère Bourgeois elle-même (Faillon, Vie de la Sœur Bourgeois, 1, p. 97).
“ Peu de temps après que j’eus cette enfant, j’allai en France, et durant mon absence, elle fut mise chez la petite Lacroix. Le père de l'enfant qui vint à Montréal voulut ravoir sa fille, mais il ne put découvrir où elle était, et fut contraint de s’en retourner sans lavoir, Cette enfant est morte à six ans dans notre maison.”
Le registre de Notre-Dame dit à son sujet :
‘ Le 19 août 1663, a été enterrée Marie, surnommée