‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 47 sur 92 · ARE · texte numérisé non relu

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LE SAULT-AU-RÉCOLLET 137 des Neiges, îgée de quatre ans et dix mois, prise à la Congrégation ; elle était Agniéronone, donnée pour fille à M. de Maisonneuve par sa mère, À l’âge de dix mois.”

La Mère Bourgeois adopta deux autres petites Indiennes auxquelles elle donna encore le nom de Marie des Neiges (List. du Mont., 1662-1663).

En 1670 elle repassa en France pour enrôler des jeunes filles et les associer à ses œuvres. Comme le vaisseau retardait à mettre à la voile, la Mère Bourgeois se rendit avec ses compagnes en pèlerinage à Notre-Dame des Neiges, sanctuaire célèbre dédié à la sainte Vierge, éloigné de plusieurs lieues du Havre-de-Grâce (Vie de la Sœur Bourgeois, édition de 1818).

Décidément, elle avait une dévotion bien spéciale pour Notre-Dame des Neiges.

Quand la chapelle de la montagne s’éleva à l’entrée du tort, les messieurs de Saint-Sulpice ne crurent mieux faire que de la consacrer à Marie sous ce titre.

La mission prit un grand développement, et au bout de vingt ans, il devint nécessaire de la diviser (Mémoires de l'abbé Cuoq).

Il faut cependant admettre que la raison prineipale de ce changement fut d’éloigner les sauvages de la ville, où ils étaient exposés à de mauvais

exemples, surtout à l’ivrognerie.

Le commerce de l’eau-de-vie x toujours été la cause des plus grands désordres, nous lPavons dit plus haut. En vain les missionnaires, écrit le P. Charlevoix (Journal hist, V, p. 208), ont employé pour arrêter ce désordre toute leur industrie et toute leur vigilance; ils ont en beau implorer le secours des puissances, menacer de la colère du ciel, apporter les raisons les plus prersuasives, tout à été inutile, On voit jusque dans les places et les rues de Montréal les spectacles les plus atfreux, suites inévitables de livresse de ces barbares: les maris et les femmes, les pères, les mères et les enfants, les frères et les sœurs, se prendre à la gorge, arracher les oreilles, se mordre à belles dents comme des loups enragés. Les airs retentissent pendant la nuit de hurlements beaucoup plus horribles que ceux dont les bûtes féroces font retentir les bois.”

Le commerce de l’eau-de-vie prit donc des proportions très alarmantes. M. de Maisonneuve lança quatre ordonnances, défendant la traite des boissons fortes avec les Indiens. ‘ C’était le fléau permanent de la colonie, éerit M. Pabbé Rousseau (Maisonneuve, 248), que les traiteurs s’offorcaient d'introduire dans Ville-Marie.”

Nous n'avons pas à nous occuper de cette ques-

tion ; seulement, il faut reconnaître la sagesse des , Le]

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missionnaires de la montagne, en prenant la généreuse résolution de séloigner avec leurs néophytes d’un lieu offrant des occasions si prochaines de démoralisation.

Vingt ans s'étaient à peine écoulés, des dépenses considérables avaient été fuites, et il fallait déjà quitter ce lieu pour assurer aux évangélisateurs la tranquillité et le succès.

‘* La montagne ne fut cependant pas de suite abandonnée, disent les mémoires de Pabbé Cuoq, et deux cents sauvages, dont plusieurs encore ‘athécumènes, y restèrent sous la conduite de messieurs Trouvé, Mariet, et de Belmont, tandis que trois autres missionnaires : Robert Gay, Maurice Queré de Tréguron et Hamon Gouen allaient, avec un égal nombre d’Indiens, fonder une nouvelle mission au Sault -au-Récollet.? Je dois remarquer cependant que messieurs Gay et Queré vinrent ensemble iei dès le début de la mission: tandis que M. Gouen, arrivé de France en 1714, fut assigné alors À notre mission.

Ces établissements n'avaient pas seulement un but religieux, ils offraient aussi à la colonie une défense précieuse.

M. de Belmont, dans son court récit de la guerre des Iroquois, cite plusieurs rencontres où les forces

réunies des diverses missions sauvages furent du

plus grand secours. Ainsi, il mentionne un engawement, en juin 1687, où 40 hommes de Lorette prirent part ; et en 1691, 120 hommes de la mission Saint-Louis, 40 de la montagne, et 20 de Lorette, y contribuèrent, Il s’agit ici évidemment des sauvages de Lorette de Québec, puisque notre Lorette ne commença qu’en 1696.

Le fait du concours des enfants de nos missionnaires, n'est pas suffisamment apprécié; on perd de vue leur endurance et leurs connaissances des pays de chasse,

I faut signaler un autre point, c’est la géné-

reuse assistance des messieurs de Saint-Sulpice

pour la colonie en un temps de dangers si graves.

Le fort de la montagne fut bâti aux frais personnels de M. de Belmont ; ce fut la première fortification importante de tous les environs.

M. Hector de Callières écrivait au ministère en 1635: % La ville de Montréal n’a pas de clôture ni réduit, Il (le gouverneur) se propose de faire travailler les soldats à ces clôtures de palissades terrassées autour de Ville-Marie, avec des redans

dans les endroits les plus nécessaires. Tous les

habitants de île s’yretireraient avec leurs meilleurs eftets”” (Bulletin hist., 1, p. 145).

Mais voici ce qu'écrivait M. le gouverneur de

Denonville, le 12 novembre 1685 : ‘ A l'Isle de

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