PRES
PE SAME EEE
au signe de la croix sur le front et sur la poitrine. Eunice se voit tour à tour menacée de châtiments et séduite par des promesses. Que de fables lui sont racontées au sujet de la conversion de son père :
“On lui assure que d’affreux démons tourmentent les Âmes des petits enfants, et puis elle est fouettée parce qu’elle refuse de faire le signe de la croix.
“Toute offre de rançon est refusée, et si elle parle de retourner au foyer paternel, le missionnaire lui déclare qu’elle sera certainement damnée et vouée au feu de l’enfer, menace terrible, dit Pauteur, pour une enfant élevée dans la crainte puritaine du feu éternel.”
Et puis, pour complément d’insanité, l’auteur ajoute que les prêtres lempêchèrent de recouvrer sa liberté en prétendant que ce ne serait pas humain de * séparer la captive de son maître, qu’elle aimait comme un père” (A. Baker, Stories of Ner Engl. Capt., 136).
Or les documents mêmes cités par l’auteur prouvent qu’elle visita son endroit natal plusieurs fois et qu’elle préféra revenir au Canada pour y épouser un Indien, et y vivre jusqu’à l’âge de quatre-vingttrois ans. |
Les registres du temps font voir que le baptême n’a été donné qu’à ceux qui le désiraient ; toujours après un temps considérable depuis l’arrivée.
Le soin pris par ceux qui les recevaient dans notre Église À marquer les noms de leurs pères et mères, les dates de leur naissance, l’époque de leur
enlèvement, les lieux qu’ils habitaient, ne prouve-
t-il pas qu’ils n'avaient aucune intention de créer 4 des embarras ? Ë Au contraire, tous ces détails étaient calculés À
pour les faire retrouver plus facilement, afin d’aider les familles à se reconstituer en temps de paix.
Quoiqu'il v ait eu beaucoup de convertis, leur
nombre était insignifiant comparé à celui des pie a HAS ArER À a
autres prisonniers. Et même parmi ceux qui furent
inscrits aux registres, beaucoup ont dû s’en re-
tee En tourner, car ils disparaissent subitement, et on ne les voit plus dans aucun endroit de notre pays. LRRE Non, il faut admettre que ceux qui nous restè- IR rent en étaient heureux, et ne suivaient que les HET: sentiments sincères de leur cœur.
REA D’après Eggleston, cité plus haut, et comme aussi à | ‘| . . . . , ë HRINPN suivant lopinion du célèbre Parkman, ils préfé- È CRE | Es RUN: le ‘ y HEC rerent rester sur le sol canadien et refusèrent, au ÿ H fl . . 4 gi | moins pour un bon nombre, de retourner à endroit È | Et û natal. il ANS ATTS Quant à Abigaïl Nims, de notre Lorette, voici ë A ts LM: . se ‘ ‘ ee ù UE qui est de fait historique: sollicitée, pressée de x 1 Î (3 he ON nat ! 1 TENTE toutes manières par ses parents et amis, elle ré- 4 BE LR t à TR 3 AE DE pondit avec fermeté qu’ “elle aimait mieux n’être : EU | His al 4 4114 ; LEUR l g IA |
re pre
Te
qu'une pauvre prisonnière parmi les catholiques, que de devenir une riche héritière dans une famille protestante” (Faillon, Voice partieulière sur Le tumille Raisenne; Baker, Pocnmtuck, lecture).
‘ Ce fut sans doute, écrit M. Faillon (Histoire de la sœur Bourgeois, IE. 444), à la suite d’une si gcnéreuse résolution que les prêtres de Saint-Sulpice obtinrent des sauvages, quoique avec beaucoup de peine, la liberté de ces deux jeunes captifs (Egnace Raisenne et Elisabeth Nims).
“ Ils méritaient bien cette faveur, tant à cause de la bonne odeur de vertu qu'ils répandaïent dans toute la mission, dont îls étaient Pédification et le modèle, que pour Pattachement qu’ils témoignaient aux sauvages en renonçgant à leur propre nation pour demeurer parmi eux, et même en voulant se conformer à leur manière de vivre.
‘Comme ils étaient déjà en âge d’être mariés, où ne jugea pas qu'il leur fût possible de leur trouver à Pun et à Pautre, un parti plus convenable que de les unir ensemble. Ce qui eut lieu dans Péglise du Sault-au-Récollet,le 29 juillet 1715,1gnace Raisenne ayant alors vingt-trois où vingt-quatre ans, et Élisabeth Nims en ayant environ quinze.”
Voici l’acte de mariage, extrait du registre pour
Vannée 1715, copie en tout conforme à l'original,
Les 2
tel qu’en possession de M. l'abbé D. Lefebvre, prêtre de Saint-Sulpice et actuellement curé à Oka :
“ Ce vingt-neuf juillet 1715, jai marié Ignace Shoentak8ani et Élisabeth Téatog8ach, tous deux Anglais de nation, qui ont voulu rester avec les sauvages chrétiens, non seulement renonçant à leur nation, mais encore voulant vivre en sauvages. En présence de J.-B. Havonhiatek, Gabriel Girchavas, Pierre Hasonten, Alexis Tahsi.— [wnace Shoentak8ani âgé d'environ 23 ou 24 ans, et Élisabeth, d’environ quinze ans, tous deux ont été pris à Dierfile, il ya environ treize ans. Signé : M. Quéré, prêtre.”
Le lecteur comprend de plus en plus l’importance des événements pleins d’émotions que nous venons de décrire, préparant sous la maïn de Dieu Punion de ces deux captifs.
I v a là une belle page des premières années de notre histoire, surtout au point de vue du foyer domestique, où les vertus chrétiennes sont appelées à jouer un rôle si important.
L’aîné de cette excellente famille fut aussi Paîné du sacerdoce dans notre paroisse.
Il reçut sur les fonts baptismaux le nom de Simon, comme latteste lextrait suivant des registres de la Nouvelle-Lorette, pour l’année 1719
conservés à Oka.
EEE re aeremmpnemn rene
RSR RE UN À EN R TS RÉORE
ges