LE SAULI-AU-RÉCOLLET
M. Quéré a baptisé, le 18 septembre 1719, Simon, né aujourd’hui de Shoentak8ani et de Elisabeth P. Téatog8ach, son épouse légitime.
Simon Honontianare a été parrain.
(Signé) M. Quéré, Prôtre.
M. Maurice Quéré de Fréguron suivit avec l’intérêt le plus paternel le développement de cette famille, Il prévoyait qu’elle lui deviendrait de plus en plus précieuse parmi ses néophytes, à aison de ses exemples de foi, de piété et de tempérance. Aussi prit-il un soin tout spécial de tous les enfants qui naquirent de ce mariage. Simon est le seul né au Sault-au-Récollet.
Dès 1721, lorsque le zélé missionnaire dut transporter la mission au lac des Deux-Montagnes, Ignace le suivit immédiatement avec sa chère famille.
‘“ Les prêtres de Saint-Sulpice, écrit M. Faillon (Notice sur la famille Ruïseïne), charmés de la conduite sage et édifiante d’Ignace et d’Elisabeth, de leur intelligence dans les affaires domestiques et de leur amour pour le travail, résolurent, en vue de procurer leur avantage et le bien général de la mission, de les y établir d’une manière fixe et leur donnèrent en toute propriété un vaste terrain à une petite demi-lieue du village. C’est là que
Jérôme, Marie et cinq autres filles virent le jour.
Les MM. de Saint-Sulpice, sur le témoignage bien 5 favorable de M. Quéré, se chargèrent de Pédu- Ne cation de Simon et de Jérôme, pendant que les ALES sœurs de la Congrégation se dévouaient à celle des HI filles.
Hi, ar Il faut reconnaître ici une protection ivine bien EENE manifeste; tous répondirent avec une constante d application à l'appel, et tous mirent à protit les Ai précieux avantages versés sur leurs pas.
| *HE Simon poursuivit ses études avec docilité, jus- TH jai qu'à ce qu’il fût jugé digne de recevoir Ponction Pi sainte du sacerdoce.
| fil: it, ‘ Jean-Baptiste-Jérôme, écrit M. Faïllon (Voice | $ ïE if sur la famille Raïsenne), désirait beaucoup de suivre AE exemple de son frère, en embrassant aussi lui- Hi À même l’état ecclésiastique. Mais la mort de Mer ul de Pontbriand, qui survint dans ces circonstances, ! SEA et la longue vacance du siège de Québec, qui 1Ë REA suivit, dérangèrent ses projets. Ne pouvant passer | Es en France, pour recevoir les ordres, il se décida DHEA enfin à s'établir dans le monde, et épousa une très : Î pe vertueuse fille, Marie-Elisabeth Sabourin, bien Î #4 Fe digne d’être unie à un tel époux.” ul È Parmi les filles nées de son mariage, deux LA 1 joignirent l’institut de la Congrégation. Madeleine, HET NS Paînée, y prit le nom de Saint-Herman.
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Après son noviciat, elle fut envoyée au couvent du Lac.
Elle était naturellement destinée à cet emploi à
raison de sa parfaite connaissance des langues sau-
vages. Aussi se dévoua-t-elle sans relâche à lPéducation des Indiennes,et toute une vie de cinquantequatre ans leur fut consacrée (Faïllon, Hist. de la Colonie, T1, 447).
À l’exemple du célèbre missionnaire qui l'avait baptisée, elle ne quitta ses chères élèves que pour aller mourir à la maison mère, à un âge très avancé.
Sa sœur Marie prit en religion le nom de Saint- Ignace. Ce fut sans doute en souvenir affectueux de son père qu’elle obtint ce nom ; mais je dois ajouter que le grand saint favorisa l’enfant de sa meilleure protection, ear elle devint la treizième supérieure de son ordre, en 1778 (Faillon, Vie de la Mère Bourgeois, IT, 442).
Voici en quels termes M. Faillon parle de la Mère Saint-Ignace : ‘“ Les heureuses dispositions d'esprit et de cœur dont Dieu l'avait pourvue, firent fructifier au centuple les soins qu’elle reçut de ses charitables maîtresses : et elle fut sans contredit le plus beau fruit de leur zèle dans cette mission.
“Elle entra comme déjà toute formée À la commu-
nauté de la Congrégation de Ville-Marie en 1752,
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à l'âge de seize ans : les exemples de ferveur et de régularité qu’elle avait admirés dans ses pieux parents lui ayant inspiré dès l'enfance le goût et l'amour de toutes les observances de la vie parfaite. Un trait que nous ne devons pas dérober à l’édification de nos lecteurs, c'est que lorsque sa mère eut expiré, on trouva sur son corps un rude cilice qu'elle avait coutume de porter et qu’elle voulut conserver jusqu’à sa dernière maladie. La digne fille d’une si sainte mère joignait à une piété sincère et solide un espri. droit, facile, un cœur généreux, plein de courage et d'énergie ; ces heureuses qualités étaient relevées en elle par un grand fonds d'instruction, des talents supérieurs et une éducation des plus distinguées.
“Mais un avantage plus précieux encore et qui lu rendit surtout utile à toute la Congrégation, c’est qu'elle possédait dans un degré remarquable le véritable esprit de la sœur Bourgeois, et qu'elle s’efforça de ranimer de plus en plus dans toutes ses filles” (Faillon, Mémoire particulier sur les Supérieures de la Congrégation).
Les registres de la mission du lae des Deux- Montagnes établissent que Catherine Raisenne épousa Jean-Baptiste Séguin; Marianne épousa Louis Séguin, Suzanne épousa Joseph Chénier, et Anastasie, Pierre Castongué.
M. l'abbé Simon Raisenne avait été ordonné prêtre par Mgr Henri-Marie Dubreuil de Pontbriand, le 19 septembre 1744.
Nommé curé de Saint-Pierre-les-Becquets en octobre suivant, il passa ensuite à la cure de la Visitation de Champlain, de 1746 à 1749, desservit aussi Saint-Jean Deschaïillons, et finalement il devint chapelain de l'Hôpital Général de Québec, où il mourut le 14 avril 1798.
Jean-Baptiste-Jérôme Raisenne hérita de la terre que son père avait reçue des messieurs de Saint- Kulpice dès son arrivée au Lac.
M. l'abbé Cuoq écrit à son sujet (Mémoires) : ‘ Les sauvages l’aimaient et l’estimaient pour ses rures vertus et pour ses grandes qualités, et ile l’avient fait chef d’une de leurs trois bandes. Le nom de * Satewas ” (c’est pareil), qu'ils lui donnèrent,
“est perpétué dans toute sa descendance jusqu’à ce
jour. Les Iroquois ne nomment pas autrement la
famille Raïsenne ; c’est toujours ‘ Satewas.” Le nom ‘c'est pareil” donné aux membres de cette famille ne fait-il pas l'éloge de toute cette
lignée de vertueux chrétiens ?