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prouvent qu’il nest venu s'établir qu’une centaine de familles sur les terres canadiennes, et cela à leurs dépens.
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“Tout le roulant de cette époque, c’est la traite (Mémoires de la Société Royale), et il était défendu au colon de s’en mêler.”
Ces colons sont les vrais pères de la patrie, les fondateurs de toutes nos paroisses.
En se dévouant à la culture du sol, ils formèrent la société des habitants dans le pays, société si longtemps négligée, et à laquelle, même de nos jours, on n’accorde pas encore toute la considération qu’elle mérite.
Elle eut pour protecteur éclairé et généreux M. Pierre Boucher, qui, faisant exception aux autres seigneurs, tout en gagnant de l’argent, se livra résolument à l’agriculture.
IT arriva à cent arpents en rapport vers 1681, et il avait dans sa seigneurie une trentaine de familles commençant à cultiver (B. Sulte).
Le Père Charlevoix dit de lui qu’il fut “un des premiers habitants de la Nouvelle-France, où, imitateur de la simplicité et de la piété des patriarches, il a participé aux bénédictions que Dieu a répandues sur eux, ayant vu sa nombreuse et florissante postérité jusqu’à la cinquième génération. Il est mort âgé de près de cent ans, et sa veuve qui lui a survécu de quelques années, a vu les petits-fils de ses petits-fils”” (Charlevoix, Liste des auteurs, p. 399).
En 1661 le sieur Boucher passa en France pour exposer à la Cour la désolante situation du pays à raison des incursions constantes des sauvages.
Il représenta qu'avec des troupes en nombre suffisant, l2s Iroquois seraient chassés, maintenus en respect, et que, pendant ce temps, l'habitant pourrait profiter du sol canadien si riche et si fécond, et sy établir d’une manière solide et durable.
Sa voix fut heureusement entendue.
“ Alors, écrit M. B. Sulte (Histoire des Canadiens- Français, III, 4), le grand siècle se levait sur le monde. Un rayon matinal éclaira la Nouvelle- France. Vingt années de prospérité furent notre partage, les seules durant un siècle et demi, hélas !”?
Sur les affirmations de M. Boucher, le roi devait continuer l’envoi de nouvelles troupes et de nombreux colons.
À Montréal, dans les années 1658-59, il était arrivé cependant près de deux cents hommes et une quarantaine de filles (Benj. Sulte, III, 5), ce qui prouve qu’on persistait à y établir la colonie sur des bases solides.
“ Le zèle pour l’exploitation des terres, écrit M. Faillon (Histoire de la Colonie française, TIT, 225), ne se montra nulle part plus empressé ni plus courageux qu’à Ville-Marie. On a vu que les
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seigneurs de Montréal avaient, à diverses reprises, essayé d'appliquer les colons à l’agriculture, et que les guerres continuelles dont Ville-Marie était le théâtre, forcèrent les habitants d'abandonner leurs champs pour cultiver les terres qui avoisinaient le fort.”
Dès que la chose fut possible, les colons furent échelonnés le long du fleuve; et alors les divers groupes d'établissements prirent le nom de côtes sous la protection de saints, noms qui leur ont été conservés, même après que les paroisses furent établies.
Ce fut en contournant le bas de l’île que la population arriva jusqu’à l’endroit occupé présentement par notre paroisse.
Il y avait de cette manière beaucoup moins de danger pour les colons; et ensuite les MM. de Saint-Sulpice, ayant à songer au déplacement de leurs sauvages de la montagne, jugeaient avec sagesse de ne pas concéder de terres près du Sault où ils se proposaient de les transporter.
Un certain nombre de colons s'étant fixés au pied du courant, la côte fut désignée sous le nom de “ Saint-François ; ” ce fut le commencement de la Longue-Pointe (1664).
En 1665, d’après le livre terrier contenant les diverses concessions faites par les MM. de Saint-