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nous dans l’abondance. Le bétail et les lards sont une douceur au pays, qu'autrefois on n’osait espérer.” ‘# Après trois ou quatre années de labours, écrivait la Mère de l’Incarnation, en 1654, les terres sont aussi bonnes et, par endroits, meilleures qu'en France. L'on v nourrit des bestiaux pour vivre et pour avoir des laitages.”
‘ Dans mon voyage de France, étrit M. Boucher, je rencontrai quantité de personnes qui me demandaient si le blé venait en la Nouvelle-France et si lon y mangeait du pain. C’est ce qui n’a obligé à faire ce chapitre pour désabuser ceux qui croient que Plon ne vit en ce pays-ci que de racines comme lon fait aux îles Saint-Christophe. Ils sauront donc que le blé froment y vient très bien : et on y fait du pain aussi beau et aussi blanc qu'en France. Les seigles viennent plus que lon ne veut, toutes sortes d’orges et de pois y croissent fort beaux, et l’on ne voit pas de ces pois véreux pleins de cossons, comme on voit en France; les lentilles, la voisse, l’avoine et le mil y viennent parfaitement bien ; les grosses fèves y viennent bien aussi, mais il ya de certaines années qu'il y a des grosses mouches qui les mangent quand elles sont en fleur. Le blé sarrasin y vient aussi ; mais il arrive quel-
quefois que la gelée le surprend avant qu’il soit
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mûr. Le chanvre et le lin y viennent plus beaux et plus hauts qu’en France.”
Après ces détails l'auteur fait allusion aux grains et aux légumes cultivés par les sauvages, puis il parle de “herbe à la reine, où pétun, dont ils font leur tabac, car les sauvages sont grands fumeurs et ne se peuvent passer de pétun.”
Cette manière de parler indiquerait que l'usage du tabac était de son temps plus généralement rérandu parmi les sauvages que chez les colons.
Ces derniers cependant ne tardèrent pas à se livrer à la culture du pétun, et en peu de temps devinrent des fumeurs acharnés. Chaque habitant
‘anadien choisit un bon coin de son petit domaine pour y faire pousser à plaisir son tabac et en faire une bonne provision.
Quoi qu’en disent les contempteurs de cette plante offerte par les sauvages à la reine de la civilisation, il ne faut pas faire un trop grand reproche à nos aïeux de l’avoir accueillie avec faveur, et de nous lavoir léguée avec un soin vigilant. Elle a été bienfaisante pour eux sous le rapport de la sociabilité, et leur a fourni un moyen bien innocent de rompre la monotonie des longues soirées en égayant un peu leur existence.
Quant aux légumes, M. Boucher écrit : “Toutes sortes denavaux et de rabioles, betteraves, carottes,
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panais, cereitis et autres racines viennent parfaitement et bien grosses. Toutes sortes de choux y viennent aussi en leur perfection, à la réserve des choux à fleur que je n’y ai point encore vus. On n’a point encore planté ici d'arbres de France, sinon quelques pommiers qui rapportent de fort belles pommes et en quantité, mais il y a peu de ces arbres. [Tv a une autre espèce d'arbre qu’on appelle érable, qui vient gros et hant, le bois en est fort beau, nonobstant quoi on ne s'en sert à rien qu'à brûler ou pour emmancher des outils, à quoi il est très propre à cause qu'il est extrêmement doux et fort. Quand on entaille ces érables au printemps, il en dégoutte quantité d'eau qui est plus douce que de l’eau détrempée dans du sucre, du moins plus agréable à boire.”
Ces paroles nous indiquent que nos ancêtres ont appris à se servir de l’eau d'érable dès les premiers temps de leur arrivée, et ils ont vite atteint un succès très avantageux à ce sujet, au point que le sucre du pays a toujours joui de la plus belle réputation pour sa saveur et son goût exquis.
M. Boucher nous décrit les maisons des anciens habitants comme suit :
‘“ De quoi sont bâties les maisons ? Lesunes sont bâties toutes de pierres, et couvertes de planches
en aix de pain, les autres sont bâties de colombages
LS