‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 72 sur 92 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

M. Jacques-Fanvier Vinet.— Kes premiers travaux. Education.—Écoles paroissiales,— Le collège de Montréal où la plupart des curés du Sault ont reçu leur éducation.— Les deux grandes œuvres de M. le curé Vinet, les Dames du Sacré-Cœur et les Jésuites.— La Vénérable Mère Barat se rend au désir de Mgr Bourget en envoyant au Canada des membres de sa communauté.— Leur voyage.— Premier établissement à Saint-Jacques.— Mme Bathilde Sallion, première supérieure.-— Novices canadiennes.— Mère Léocadie David.— Ses rapports avec li fondation du Saultau-Récollet.— Mère Henriette de Kersaint.— Le couvent du Sacré-Cœur transféré à Saint-Vincent (île Jésus). — Mère Jouve.— Son éloge par Mgr Baunard.— Mme de Monestrol.— M. Vinet réussit à établir les religieuses du Sacré-Cœur dans sa paroisse.— Bénédiction de la première pierre du couvent du Sault-au-Récollet par Mer Bourget. — Sermon de circonstance par M. le vicaire général Granet, supérieur de Saint-Sulpice à Montréal. — Mme Trineano, ses œuvres, sa mort, son éloge par Mer Bourget.— Les Enfants de Marie lui éilèvent un monument.— Mur Pinsonnault préside la cérémonie.— Fondation de KSainte-Sophie.— La Vénérable Mère Barat : contribue généreusement.— Mère Bienvenu.— Les Cagweurs.— Mme Cornélis.— Mère Tomasini.— Mère Sarens. — Retour des Pères Jésuites au Canada.— Œuvre de leur noviciat.— M. Olivier Berthelet.— Influence salutaire du noviciat sur la paroisse.—Les Pères Louis Saché, Jacques Perron, Firmin Vignon, Ch. Charaux.— Mission préchée au Sault par les Révérends Pères Oblats.— Construction de la nouvelle façade de l’église.— La Villa Bedini, aujourd’hui Saint-Janvier.— Pont des Saints- Anges.— Charité de M. Vinet.— Elle est récompensée par

son élévation à la dignité de camérier de Pie IX.— Voyage à Rome.— Cloche romaine.— M. Labelle premier vicaire au Sault. — M. l'abbé Boissonnault.— Mur Vinet se retire du ministère, prend ses chambres à l'Institut des sourdes-muettes de Montréal.— II vient passer les dernières années de sa vie à Naint-Janvier— Sa mort édifiante,

Ah! situ revenais sur la rive fleuris

Que ton cœur généreux nous légua pour patrie,

Noble père de nos aïeux !

Comme ton cœur charmé bondirait d'allégresse,

Eu voyant tes enfants tout brillants de jeunesse, Grandis, prospères et joyeux !

A.-B. ROCTHIER (Za france au Canada).

De tous les curés du Sault-au-Récollet, M, Vinet est celui qui a le plus contribué à la sanctification et à la vraie prospérité de la paroisse.

T1 naquit à la Longue-Pointe, le ler janvier 1806, de Hippolyte Vinet et de Marie Beaudry.

Ordonné le 20 septembre 1828, il fut aussitôt nommé vicaire à Saint-Jacques de PAchigan. En 1829 il fut envoyé comme vicaire à Longueuil, puis il revint vicaire à Saint-Jacques en 1830.

Sa première cure fut Saint-Valentin, en 183

De là il passa à la cure de Rigaud en 1834; il y demeura jusqu’à sa nomination au Sault-au Récollet en 1841.

I] dirigea notre paroisse pendant 29 ans.

En 1870, il se retira du ministère actif, au grand regret du saint évêque Bourget et de tous les paroiïssiens.

RENE if | vie

\ | } 15 } La ji 4] +7 11 2 a (Hi RS +R LE SAULT-AU-RÉCOLLET 387 Rp) … Ce regret s’explique facilement quand on consi- cl 4 dère les projets élevés et généreux de son admi- ï Le JE leg nistration. LIRE . Nous allons voir avec quel zèle ardent et avec PURE ” CRETE quelle habileté il les mena à bonne fin en établissant 5 4 des œuvres solides qui assurent l'avenir heureux et “A e. prospère d’une paroisse, TER se. Il ne recula devant aucun sacrifice et mit rot sse, ; constamment sa fortune personnelle À contribution. 1e Son premier acte d'administration fut d’agran- RES dir le jubé de l’église, afin d'augmenter le nombre As net ; en ion des bance et d’y placer un orgue. TE Marchant sur les traces de tous les curés du RO 06 pays, il se dévoua à la cause de l'éducation, en fon- LES à 06, à ME:

dant des écoles paroissiales. DC, à tt D’après le recensement de 1844, il y avait 1559 4 ai te ICO SUEDE En petites écoles sur le sol canadien, dans lesquelles HS ‘ 51,000 enfants recevaient le bienfait de l’édu- 45 uil, ut | cation (Garneau, III, p. 393). 158 Ces chiffres sont faibles comparés À une popu- L: 4: lation de 550,000 habitants: mais en se rappelant ja Re les effets de longues années de guerre, l'état du FEB 1 Lu:

pays après la conquête, les calculs d’un gouverne- \ ment oppresseur, l’on comprendra la valeur des Er id sacrifices accomplis dans ces temps pour la cause RU ranc al | de l’édu-: tion. LPE SE ; les DR €

PT ce js al |

Le clergé se mit à la tête du mouvement.

Les messieurs de Saint-Sulpice avaient fondé des écoles dès leur arrivée à Ville-Marie.

Ils les dirigeaient eux-mêmes, et ils en étaient tellement heureux, que les registres, en mentionnant leurs noms, indiquent leur emploi par ces mots : maître d'école (Registre de Ville-Marie).

Les curés établirent aussi des écoles paroïssiales, suivant les ressources, non seulement près des églises, mais encore dans les rangs ou côtes.

Une note de M. Benjamin Sulte (Histoire des Canadiens-Frunçais, VIL, p. 147) dit que: “ Dès 1776, Anbury, officier anglais qui visitait le Canada, remarquait des écoles dans presque tous les villages.” Les livres de délibérations des fabriques démontrent du reste clairement le fait aux cha-

pitres des dépenses. Nous en avons déjà parlé

quand il a été question de l’école de notre village.

En 1842, la fabrique votait 1500 écus pour aider

à la construction d’une maison d’école dans le bas

du Sault, et en 1843, elle allouait tous les fonds

nécessaires à celle du rang Saint-Michel (Livre des J FAST SN? dél. 1843, p. 54).

Pendant que les enfants recevaient les notions

de l’école élémentaire, le clergé fondait aussi des

Te À Rent rt {4 D ti 1 li M 41 1 #14 lel «

ri LE TOR |

collèges où les talents furent cultivés avec un tel paf. |

è succès, que bientôt les Canadiens purent occuper M CA les plus honorables positions, avec une juste fierté Hs A nt de leur foi, de leur langue et de leur nationalité. LE +. 1% % n- Parmi les anciens élèves du collège de Montréal, 14 8 es fondé par les Messieurs de Saint-Sulpice, nous LE à trouvons les noms suivants des curés du Sault-au- DEN 8; Récollet: MM. Pouget, Prévost, Chenet, Cha- +4 7 es boillez, Périnault, Plinguet et Vinet. 0 Ce fait nous impose l’heureuse obligation de En: les donner quelques détails sur ce célèbre établisse- RUES es ment. ia JAM lit- Vers 1763, M. Curatteau de La Blaiserie, alors ti . L ; LES il- curé de la Longue-Pointe, ouvrait des classes régu- EU Les lières dans son presbytère. RUE:

la - Le nombre des élèves ayant augmenté rapiderlé ment, ces classes furent transférées, en 1773, au bas NT

ge. de la place Jacques-Cartier, dans le château Vau-

ler dreuil, et l’établissement prit alors le nom de col- IE pas lège Saint-Raphaël. qe:

1ds Il comptait, en 1773, 52 pensionnaires, et à peu DOTE | des près le même nombre d’externes, écrit M. Benja- ri a.6) min Sulte (VII, p. 147). NRETE : \ . . , J AR Le SE à ons Après avoir mentionné les noms des élèves, : des

parmi lesquels se trouvent MM. Chenet et Cha-

boillez, anciens curés de cette paroisse, le même historien ajoute :

“ Le collège Saint-Raphaël enseignait les humanités et la rhétorique. En 1789, on y établit une classe de philosophie et une classe de langue anglaise, qui s’accrédita tellement que, en moins de quatre ans, elle fit tomber presque toutes Îles écoles protestantes de la ville, où les enfants catholiques de la ville étaient envoyés, jusque-là, par leurs parents.

‘“ Les classes anglaises de cette institution comptaient ordinairement de quinze à vingt élèves. I] n’est pas étonnant que la plupart des hommes que nous venons de nommer, se soient vus plus tard en position de figurer avec honneur dans la vie publique, car, instruits dans les deux langues, ils

pouvaient parler et écrire correctement, et tenir

tête à leurs adversaires moins favorisés qu'eux ”

(Histoire des Canadiens- Français, VII, p. 147).

En 1804, le collège Saint-Raphaël fut établi non

loin de la Pointe-à-Callières, où l’œuvre de Ville-

Marie avait pris naissance.

Le gouvernement ayant loué des MM. de Saint-

Sulpice, en 1861, la bâtisse du collège pour y loger

ses troupes, les élèves furent transférés au grand

séminaire, à la montagne, lieu consacré par les

plus doux souvenirs.

ne

pir

Lai

hot

ille-

intper and

les

Deux grandes œuvres dominèrent la vie de’ M. Vinet pendant toute son administration, celle des Dames du Sacré-Cœur et celle des Jésuites.

Elles étaient, À ses yeux, comme deux sources fécondes et inépuisables de lumière pour tout le pays. La paroisse devait sans doute en bénéficier sous tous rapports. mais cette considération ne fut pas d’abord con prise par les paroïissiens au sujet des Dames du Sacré-Cœur. Le lecteur pourra s'en convaincre par les détails que nous donnerons plus loin.

Les œuvres de Dieu souffrent violence, et ce n’est qu’à force d'application qu'on en fait apprécier les avantages.

Mgr Bourget, en annonçant dans une lettre pastorale (12 avril 1841) son premier voyage à Rome, adressait aux fidèles les belles paroles qui suivent :

‘ Pour correspondre aux desseins de Dieu sur vous et eur nous, nous quittons tout, et nous allons nous embarquer sans délai pour la Ville éternelle, atin d'exposer au vicaire de Jésus-Christ nos doutes et nos besoins, et concerter avec lui les meilleurs moyens de remédier à tous vos maux spirituels.”

Parmi ces moyens de salut, le vénérable évêque n’en trouva pas de plus efficace que

d'inviter des communautés religieuses à parta-

Page 1