‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 74 sur 92 · PIRE FETE · texte numérisé non relu

PIRE FETE

les PP. Jésuites. qui desservaient cette paroisse depuis leur retour en Canada.

À peine étaient-elles arrivées qu’elles insistèrent pour traverser le fleuve, sans s’effrayer des objections des canotiers canadiens, qui déclaraient que “ de leur vie durante, ils n’avaient jamais vu traverser dés créatures en pareil temps.”

Le bon Père Martin les accompagna et les chroniques racontent que le danger de périr au milieu des glaces, fut si iriminent que “tous invoquèrent Notre-Dame de Bonsecours afin d'arriver à bon port. La traversée s’effectua, sinon sans danger, du moins sans accident ; les rameurs s’écriaient dans le transport de leur reconnaissance: ‘ Vive Notre-Dame de Bonsecours ! Ce n’est pa son coup d'essai, nous lui devons encore une belle chandelle.”

Les religieuses se rendirent aussitôt à Pévêché.

où Mgr Bourget les accueillit avec une bonté toute

paternelle.

Iles confia aux soins des sœurs de la Congré-

gation, qui eurent pour elles les attentions les plus

délicates, et les logèrent jusqu’après les fêtes de Noël.

Heureuse coïncidence !

Les filles de la Mère Barat viennent associer les

ettorts de leur zèle à ceux des enfants de la véné-

ré xrélus

de

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able Mère Bourgeois, qui, la première, s'était si généreusement dévouée à l’éducation des filles de Ville-Marie.

[l convenait done que les Dames du Sacré-Cœur fussent reçues au pays par les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, et accueillies par elles sur cette voie si large et si glorieuse de l'instruction de la jeunesse. Et ce fut à l’occasion de la naissance du Dieu-Sauveur que cette nouvelle œuvre du Sacré- Cœur parut en notre pays déjà si favorisé, afin d'établir une fois de plus que rien ne lui à manqué à mesure que ses besoins se sont acerus.

Le lendemain de Noël 1842, M. Paré, alors curé de Saint-Jacques, dépêcha deux prêtres, quatre marguilliers et des trafneaux prendre les religieuses et leurs bagages.

Grâce à ce moyen de transport, les voyageuses franchirent rapidement les douze lieues qui les séparaient de Saint-Jacques.

Elles furent accueillies avec les plus grandes bontés.

Après les bénédictions d'usage, elles s’installèrent dans un superbe édifice pouvant contenir plus de cinquante pensionnaires.

Il était situé sur une ferme mesurant 360 arpents en superficie. C’était un don généreux fait à la

nouvelle communauté par le vénérable M. Paré, que

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ses vertus et ses œuvres ont placé au premier rang parmi les prêtres modèles et les insignes bienfaiteurs du diocèse.

La prédiction de Mgr Bourget à la Mère Barat se réalisa bientôt, car, à la fin de mai, il y avait au couvent de Saint-Jacques quarante élèves venues de Montréal ou des environs, et soixante se présentèrent à la rentrée de septembre 1843.

L'école paroïssiale, sous la direction des mêmes religieuses, prit un développement considérable, puisqu’elle compta jusqu’à 150 élèves,

Mme Bathilde Sallion, première supérieure de l'établissement de Saint-Jacques, naquit à Nantes, le 29 septembre 1791.

Ayant pris le saint habit le 13 décembre 1828, et fait sa profession en 1836, elle obtint la faveur qu'elle sollicitait de se dévouer aux missions d'Amérique.

C'était À l’époque où la célèbre Mère Galitzin propageait le zèle ardent de la Mère Buarat, de ce côté de l'Océan.

Elle s’embarqua au Havre avec la petite colonie conduite par la révérende Mère Galitzin.

Quand il fallut transférer le couvent du Sacré- Cœur à Saint-Vincent, elle fut chargée de son installation. Mais la maladie vint arrêter ses travaux

4e zèle et la Mère Barat fut forcée de la rappeler

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en France, où, malgré les bons soins, elle mourut à Laval le 4 décembre 1875.

Les deux premières novices canadiennes furent la Mère Léocadie David et Sœur Julie Beaugrand dite Champagne. Ù

Cette drnière religieuse était née à Saint-Jacques.

Elles prirent le saint habit le 7 septembre 1843.

La Mère David a eu trop de rapports avec la maison du Sacré-Cœur, au Sault, pour nous dispenser de donner quelques détails sur sa vie.

Elle naquit à la Malbaie le 28 avril 1827.

Sa famille avait conservé les traditions patriarcales de probité et de religion des colons français auxquels le Canada est redevable du don précieux de la foi. Son père, bon architecte, jouissait d’une honnête fortune ; sa mère se distinguait par une élévation de caractère, un tact et un jugement ares relevés par une piété mâle et une énergie qui en faisaient une femme d’un grand mérite (Chroniques du couvent).

Toute sa sollicitude se porta sur l’éducation de ses nombreux enfants.

Des revers de fortune dispersèrent un jour les membres de cette honorable famille, et c’est ce qui explique comment Léocadie David se trouvait à Saint-Jacques lors de larrivée des Dames du Sacré- Cœur.

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Elle y exercait les fonctions d’institutrice dans l’école du village. Ses rapports avec les religieuses la déterminèrent À se consacrer à Dieu en prenant l’habit de leur ordre.

Elle prononça ses premiers vœux à Saint-Jacques le 7 avril 1846, se rendit ensuite à Manhattanville (N.-Y.) pour «: probation, et ayant fait profession le 18 septembre 1852, elle fut envoyée à Saint-Vincent, où elle travailla avec un zèle ardent jusqu’à la translation du couvent au Sault.

Les chroniques de l’ordre attestent qu’elle ne se ménageait en rien. Elle se faisait surtout remarquer par son esprit d’abnégation et son amour pour la vie cachée.

C’est sous l’habile direction de cette bonne mère que le terrain piérreux et inculte sur lequel s’élève le superbe couvent du Sault, fut travaillé et disposé de façon à y tracer ces jardins splendides, ces ra vissantes pelouses, ces rangées d’arbres majestueux, dont l’ensemble forme un spectacle qu’on ne se lasse pas d’admirer.

Mère David s’occupa de la construction du couvent paroiïssial de Sainte-Sophie.

Elle remplit longtemps les charges d’assistante et d’économe.

Toujours d’une humeur égale, on eût dit que son imperturbable douceur lui était naturelle ; mais

Lis

LE SAULT-AU-RÉCOLLET 399 en Pobservant de plus près, on ne tardait pas à reconnaître que sa patience et son calme étaient le fruit de généreux combats.

Les pauvres et les malheureux étaient l’objet de sa compatissante charité, et elle savait trouver mille moyens de leur venir en aide.

Pour pouvoir répandre au dehors de son cloître ses constantes aumônes, elle décida un de ses frères à se fixer non loin du couvent.

Le souffle de sa charité le transforma en apôtre et en protecteur héroïque de l’indigence. Ses abondantes aumônes, sa profonde humilité, et sa piété à toute épreuve, lui valurent de la part des paroissiens un titre qui paraît étrange, mais tout de même mérité. On ne lappela jamais autrement que le ‘ saint roi David,” et il continue à régner dans son petit royaume de charité, en donnant à toute la paroisse les exemples les plus précieux de vertu.

Le souvenir de la Mère David est encore présent au Sault, et quand la mort la frappa, À Kenwood, le 19 février 1881, ce fut comme un deuil paroissial, et un concert de bénédictions et de prières s’éleva vers les cieux.

Il y eut à Saint-Jacques une religieuse d’un nom illustre.

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La noblesse de sa vertu dépassa encore de beaucoup celle de sa famille : c'était la Mère Henriette de Coetnempren de Kersaint.

Elle naquit le 21 mars 1799, à Hambourg, où son père, le comte de Kersaint, natif de Bretagne, avait émigré pendant la révolution de 1789.

Lorsque ses parents rentrèrent en France, Henriette fut placée au pensionnat du Sacré-Cœur à Saint-Brieuc. Se sentant appelée à la vie religieuse, elle n’hésita pas un instant à tout sacrifier. Elle reçut la saint habit des mains de Mgr Dombideau de Crouzelles, qui Pavait longtemps dirigée dans le monde.

Mme de Kersaint, disent les mémoires du temps, était un cœur brûlant d'amour de Dieu et dévorée de zèle pour le salut des âmes, ce qui la poussa,

sq] D: : Arofosgsio Ù ie le 25 lui aussitôt après sa profession, prononcée le 25 juin

1824, à demander les missions d'Amérique.

Dès qu’elle eut obtenu cette faveur si précieuse

À ses yeux, elle en écrivit à sa mère dans les termes

suivants :

‘ Je pars à telle heure, la voiture qui doit m’a-

mener passera au haut de l’avenue du château.

Lorsque vous entendrez le bruit de la diligence,

aussitôt jetez-vous à genoux, et offrez à Dieu votre

sacrifice. J’unirai le mien au vôtre, ma chère ma-

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