‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 76 sur 92 · RAR · texte numérisé non relu

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Mgr Pinsonnault, évêque de Birtha, ancien évêque de Sandwich, qui demeurait alors chez M. le curé Vinet, éleva la voix dans cette circonstance solennelle.

‘ Mesdames, dit Sa Grandeur, avec une visible émotion, permettez-moi de vous féliciter. C’est une sainte et salutaire pensée d’être reconnaissants envers ceux qui ne sont plus, et qui nous ont fait du bien. Sainte, parce qu’elle vient de Dieu qui vous l’a inspirée; salutaire, car, en rappelant à votre mémoire le souvenir de cette femme éminente, ce monument vous redira les maternels enseignements qui ont jailli de son cœur dans les vôtres. Vous avez fait une bonne œuvre en témoignant ainsi votre gratitude pour le bien immense qu’elle a fait À votre pays, et À vous en particulier. Chacune a pu apprécier la profondeur de son Jugement, la persuasive éloquence de son langage, et

surtout son admirable sainteté Je suis bien aise,

Mesdames, d’être l'interprète de la communauté, en vous remerciant de ce témoignage affectueux que vous rendez à sa Mère, votre bienfaitrice. Je

vous remercie encore au nom de la société dont

vous faites partie, et du clergé, qui conserve pour elle une profonde estime. Je le fais enfin au nom de Mgr de Montréal, qui apprendra avec un sen-

sible plaisir, ce que vous avez offert À la mémoire

de cette religieuse vénérée ” (Chronique du couvent).

Après ces émouvantes paroles, les ncsnbreuses

filles du Sacré-Cœur se groupaient, attristées, pen-

sives, près des restes de leur insigne hienfaitrice.

Leurs veux baignés de pleurs, contemplant cette

tombe chérie, s’élevaient ensuite vers le ciel;

toutes semblaient dire avec le poète :

En avançant dans notre obscur vovage, Du doux passé l'horizon est plus beau ;

En deux moitiés notre âme se partage, ! Et la meilleure appartient au tombeau.

LAMARTINE, Harmonies, Pensée des morts.

A la vue du rapide et consolant progrès de son ordre en Amérique, la vénérable Mère Barat écri- - vait à Mme Aloysia Hardey : ‘“ Ah!sil m'était

donné de pouvoir m’embarquer et de passer quel- 1 Il

ques mois avec vous, je mourrais contente ensuite !

Dans ma jeunesse, je l’ai quelquefois espéré, mais € Lan l 9

maintenant il n’y a plus guère d'apparence, du

moins mon cœur sera-t-il souvent avec vous; sur-

tout il s’occupera de vous devant Notre-Seigneur ? (Baunard, IL, p. 417).

La généreuse mère fit plus que suivre de la pen-

sée et du cœur, la fondation du Sault-au-Récollet.

Elle comprit que ce couvent, appelé à procurer

le bien général du pays, devait accorder une large

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——— part de ses bienfaits À la paroisse où il était situé.

C’est pourquoi elle contribua largement, de ses propres deniers, À y établir une maison pour les filles de la localité.

la résidence Meilleur fut disposée et aménagée dans ce but aux frais de la Mère Barat, et un de ses noms de baptême fut donné à l’école afin de perpétuer le souvenir de sa vénérable fondatrice.

En 1864, une aile fut construite, ce qui fournit une chapelle et des appartements dans le but d’y commencer un pensionnat paroissial,

Parmi les religieuses qui en eurent la direction, il en est une dont le nom, et surtout les bienfaits, ne seront Jamais oubliés : c’est la Mère Bienvenu.

Voici ce que les chroniques de son ordre rapportent à son sujet :

“ Vers 1790, quatre frères bretons, du nom de Fontaine, vinrent chercher au Canada fortune et sécurité. Ils offrirent leurs bras À MM. de Boucherville et de Verchères, seigneurs de la localité, qui, en les accueillant sur leurs terres, leur dirent : “ Soyez Les bienvenus.”

Cet appellatif plut aux émigrés, ils ladjoignirent à leur propre nom, et se firent appeler Bienvenu dit Fontaine.

L'un de ces quatre Bretons était l’aïeul de la Mère Bienvenu, ancienne directrice de Saïinte- Sophie. Elle fut un modèle du plus pur dévouement, et sa charité était si ardente, qu’elle n’hésitait pas à se mettre à lu tête des œuvres Îles plus difficiles.

Née à Verchères le 22 novembre 1827, Marie- Delphine Bienvenu avait sans doute puisé la force de son euractère dans la méditation des prouesses des héroïnes de son village. Qu’on en juge par le fait suivant.

La descente des radeaux sur les flots bouillonnants des rapides, remplit son îme d’émotion et de sainte pitié pour les hommes exposés À tant de dangers. Quand ils se heurtaient contre les rochers écumants, leurs blasphèmes arrivaient à ses oreilles comme des cris agaçant la mort sans aucun eftroi des jugements de Dieu.

. La Mère Trincano, sa supérieure, nous Pavons dit, avait une âme d’apôtre, et Mme Bienvenu trouvait en elle la vraie fontaine d’où coulaient les eaux vives capables de féconder tous ses bons projets.

II y eut aussitôt tout un plan de sanctification organisé. Il s'agissait de rien moins que d’attirer les voyageurs sur la plage, de les faire prier, de les enrôler dans une confrérie du Sacré-Cœur. Mère

la Trincano ne voulut rien permettre sans consulter ite- l'autorité ecclésiastique.

es Le projet fut jugé trop téméraire, et peu en rapelle port avec les règles du couvent. C'était juste. k les Mais voilà que, un jour, une de ces fameuses “cages ” se brise précisément en face du couvent : irie- trois hommes avaient péri, et le lendemain, rappororce tent les chroniques, six se présentèrent d'eux-mêmes Res pour avoir des scapulaires du Sacré-Cœur, car l’un ar le d’eux avait échappé à une mort certaine en tenant le sien serré contre sa poitrine.

llon- La Mère Trincano leur fit le plus bienveillant nm et accueil, et Mère Bienvenu fut raftermie dans 1t de toutes ses espérances. Les hommes furent invités À hers | revenir. Mme Trincano mâûrit à leur endroit toute silles | une organisation de salut, les cageurs de bonne ffroi volonté seraient associés dans une confrérie dite

‘“ des zouaves pontificaux,” ils planteraient l’éten-

vons dard du Sacré-Cœur en tête de leurs “cages” en venu | promettant d'éviter le blasphème et l’ivrognerie. Lt les Le printemps arriva et nos hommes avec lui. bons La Mère Bienvenu leur communiqua ses projets, et les voyageurs promirent de faire leur possible. tion Ils se retirèrent avec force médailles, chapelets, et tirer portant fièrement l’étendard du Sacré-Cœur. Chose e les | frappante ! d’après les chroniques, les cages qui le Mère portaient furent préservées des plus grands dangers,

tandis que celles qui ne l’avaient pas, furent impitoyablement brisées contre les récifs.

L'œuvre des voyageurs fut bénie et patronisée par Mgr Bourget, jusqu’à ce qu’il pût en confier la direction à quelque membre de son clergé.

Il y eut une foule d’autres œuvres auxquelles la Mère Bienvenu se livra et qui opérèrent un bien considérable dans tous les environs du Sault. C’est ce qui explique l’amour et la reconnaissance profonde attachés à sa sainte mémoire. Elle mourut au Sault le 2 novembre 1891.

Mme Cornelis succéda à la vénérée Mère Trincano, en 1868.

Elle s’appliqua, avec un zèle admirable, À développer les œuvres établies pour la gloire de Dieu et le bien des familles ; mais sa santé ne lui permit pas de diriger la maison du Sault plus que cinq années.

Dans l'espoir qu’un changement d’air pourrait refaire ses forces, elle fut envoyée comme supérieure à Saint-Jean, N.-B.

La maladie s’aggrava et elle rendit sa belle âme à Dieu, le 14 janvier 1876.

Elle fut remplacée au Sault par la révérende Mère Tommasini, dont la douce physionomie est encore vivante dans tous les souvenirs.

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. | impi- Qui ne se rappelle son chant à la chapelle ! Avec quelle pureté de style elle rendait les motets nisée | qu'elle a légués à sa communauté, et où son âme non lé s’épanchait toute entière, En 1882, l’obéissance appela à la Louisiane, Hétlés puis ensuite à la Havane, où elle exerce les foncetan tions de supérieure, C’est Elle fut remplacée par la digne Mère Caisso, e pro- dont la mauvaise santé ne permit pas un long jourut séjour au Sault, Depuis son départ, en 1884, l'excellente Mère Trin- Sarens continue les mêmes traditions de charité et de science qui, jointes aux efforts de ses devandéve- cières, ont assuré à l'institut du Sacré-Cœur sa e Dieu place parmi les plus beaux établissements d’éduui per- cation.

1e cinq Le pensionnat paroissial dura Jusqu'en 1883, La communauté jugea alors de n’en faire désornat mais qu’un externat.

; supé- Dans ces dernières années, Mme Sarens, su périeure-vicaire du Canada, s’est appliquée à y introle Âme duire les améliorations les plus modernes. Un étage supérieur a été ajouté, ce qui a permis d'y érende établir des salles vastes, bien aérées, où se donne TS at l’enseignement pratique de la couture.

Les élèves de Sainte-Sophie reçoivent aussi des

leçons spéciales préparatoires aux examens d’ins- «

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titutrices. Bon nombre déjà, après de brillants examens, ont été avantageusement placées.

de Sainte-Sophie n’est pas seulement un foyer d’ins-

truction, c’est aussi un centre de ralliement, où

toutes le personnes pieuses se réunissent pour leur

à bien spirituel et le progrès des œuvres paroiïssiales.

Il est facile de voir les bienfaits immenses qui déjà ont été produits, et qu’une maison de ce genre ai est appelée à répandre pour toujours dans la paroisse.

6 Comme nous l’avone déjà dit, c’est dans son pre- Fa ss mier voyage à Rome que Mgr Bourget demanda au général des Jésuites de reprendre leur mission au Canada.

Parmi tcutes les œuvres que son zèle ardent cher- E e chaït à faire surgir dans son vaste diocèse, celle de DE haute et saine éducation lui paraissait la plus

utile. Aussi Sa Grandeur écrivait-elle, dans une

lettre pastorale en date du 13 septembre 1846, les paroles suivantes :

‘ Un des motifs qui nous engagea, nos très

chers frères, à faire, en mil huit cent quarante et un,

le voyage d'Europe, fut de préparer les voies à l’é-

tablissement d’un nouveau collège dont l’effet prin-

cipal serait de donner, dans une ville, aux per-

sonnes appelées par la divine providence à vivre

* dans le monde, une éducation qui serait adaptée

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aux besoins des diverses classes de la sociét , et qui serait en même temps religieuse., ...,......,.

“ Or, ç’a été pour en arriver à cette fin si désirable que nous avons cru, nos très chers frères, devoir appeler à notre secours des hommes éminemment pourvus du talent de former la jeunesse à la piété et aux sciences qui conviennent aux gens du monde, Vous les recommander sous ce rapport serait chose inutile, puisque les catholiques n’ont qu’une voix pour proclamer les dons excellents qu'ils ont reçus du ciel pour répandre dans le monde les bienfaits de l'éducation. En obtenant pour l’objet que nous avions en vue ces hommes dont la capacité est si généralement appréciée, nous croyons avoir fait ce qu’il y avait de plus important et de plus nécessaire pour le succès de cette entreprise ”? (Fioretti, Extraits des mandements, p. 20).

Mgr Bourget devait espérer une réponse favorable, car la compagnie de Jésus ne refuse Jamais le travail ; et puis il était si naturel aux Jésuites de désirer leur retour sur ce sol arrosé des sueurs et du sang de leurs martyrs et de leurs apôtres.

Ils étaient partis, mais dans l'affection la plus pure de leur cœur, ils chérissaient ces plages, ces fleuves et ces lacs où le souvenir de leurs grands exploits ne pouvait périr. Ils revinrent avec Joie

reprendre leur place au foyer canadien.

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C'était sous le généralat du très révérend Père Roothan et la province de France, dirigée alors par le révérend Père Boulanger, fournit les premiers sujets de cette importante mission.

Voici leurs noms: Révérends Pères Chazelle, Hanipaux, Félix Martin, Dominique du Ranquet, René - Joseph Tellier, et les frères coadjuteurs J.-Emmanuel Brennans, Joseph Jeunescaux.

Ces religieux quittèrent le Havre le 24 avril 1842, et arrivèrent à New-York le 25 mai, jour de la Fête-Dieu (Archives du collège Sainte-Marie).

Mgr Bourget ne pouvant leur offrir pour le moment une place dans la ville, leur assigna la paroisse de Laprairie. Ils la desservirent de 1842 à

C’était un pays de connaissance pour leur ordre. Ils en possédaient la seigneurie depuis nombre d’années,

Le révérend Père Raffaix y avait donné naissance à la célèbre mission iroquoise qui, à la suite de certains différends entre ses chefs, s'établit un peu plus haut et finit par se fixer définitivement à Caughnawaga.

‘ Ce nom, écrit M. l’abbé Forbes, missionnaire actuel, a été introduit parles Anglais dès le com-

mencement de ce siècle, et n’est autre chose que le

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nom iroquois Kahnawake (au Sault), dont l’orthographe est horriblement massacrée.”

L'établissement primitif de la mission iroquoise à Laprairie est clairement prouvé par un précieux document ayant pour titre : “ Le récit de ce qui s’est passé dans la mission du Sault-Saint-Louis, depuis sa fondation Jusqu'à 1686, par le Père Claude Chauchetière, S. J. ” (Archives du collège Sainte-Murie).

‘ François Tonsahoten, sa femme Catherine Kandaktena, et cinq autres Onneiouts, étaient venus À Montréal en 1667 pour y conduire des missionnaires sur les glaces. Le Père Raffaix les rencontre quelque temps après leur arrivée, et les invite À aller sur ses terres (à Laprairie). Ils y passèrent Phiver.—Au printemps de 1668, d’autres Onneionts, parents des premiers, se rendirent À Laprairie. Au nombre de dix ou douze, tous ces sauvages descendirent à Québec, sur la fin de l'été. Le Père Raftaix les présenta au Père Chaumonot, qui acheva de les instruire. Mgr l’évêque leur donna le baptême. Le chef de cette bande s’appela François-Xavier, du nom de la mission, et sa femme fut nommée Catherine. On voulut arrêter François-Xavier à la mission des Hurons (que le Père Chaumonot ve-

nait de fonder), mais Dieu, qui avait ses desseins,

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lui Ôta la pensée d’y rester. Nos nouveaux baptisés s’en retournèrent l’automne suivant, et s’en furent à Laprairie.”

L'œuvre du noviciat des Jésuites se rattache intimement à l’histoire du Sault.

Elle commenca à Montréal dans la maison de l'honorable Charles-Séraphin Rodier, et après cinq

ans de généreuse hospitalité, les novices furent

installés au collège de la rue Bleury.

Il est facile de comprendre que les jeux bruyants des élèves ne pouvaient convenir au silence et au recueillement d’un noviciat ; aussi les Pères s’occupèrent-ils de trouver un endroit retiré dela ville, afin que les novices pussent poursuivre, dans la piété et la ferveur, leur travail de formation.

De ferventes prières furent adressées à saint Joseph, disent les chroniques de l’ordre.

‘“ Ce grand saint, qui toujours à donné au Canada des marques de sa protection spéciale, ne fut point sourd à des prières faites pour l’extension de la gloire de Dieu et le bien des âmes en ce pays. L’instrument que saint Joseph choisit fut M.Olivier Berthelet, cet autre citoyen de Montréal, si libéral, si chrétien, si plein de foi, à qui cette ville doit la fondation d’œuvres de charité si nombreuses. I] venait de vendre À M. Janvier Vinet, alors curé

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de la paroisse du Sault-au-Récollet, une terre qu'il possédait en cette paroisse, précisément en face de église paroissiale. Apprenant le besoin extrême des Pères de la compagnie de Jésus, il concut l’idée d'obtenir de M. Vinet la cession de cette terre pour la fondation du noviciat. Celui-ci n'avait pas encore payé entièrement la terre et comprenant aussi la grande utilité de cette fondation pour le pays, il consentit, au moyen de nouvelles conditions, À faire la cession demandée.”

M. Vinet abandonna donc aux Pères une partie d° cette terre, et le noviciat y fut installé. Sa construction fut commencée sur un plan qui permit un agrandissement suivant les besoins et les ressources.

Il n’y eut d’abord que deux étages terminés intérieurement, ct en attendant que Îles plâtres et les peintures fussent suffisamment séchés, M. Vinet accucillit les premiers novices pendant quelque temps dans l’ancien presbytère.

Ce fut le 6 août 1853 que la première messe fut dite au noviciat. La chapelle fut dédiée à saint Joseph, en reconnaissance de son aide puissante dans cette nouvelle fondation.

Les paroïissiens voulurent témoigner de leur

haute satisfaction de l’arrivée dee Pères parmi eux,

en faisant une souscription pour l’achat d’une cloche. Elle fut solennellement bénite en l’église du Sault par Mgr Joseph Larocque, au mois d’octobre 1854. C’est cette même cloche qui, en union avec celle de l’église paroissiale, redit aux échos des cieux l’hymne de la prière et de la reconnaissance.

Après que M. Vinet eut abandonné la cure du Sault, il céda aux Pères tous ses droits, et même il leur légua une somme considérable qui leur permit de compléter leur établissement en ajoutant une dernière aile, où se trouvent les parloirs, des chambres pour les retraitants et une superbe chapelle.

La fondation du noviciat eut une influence des plus salutaires sur la paroïsse du Sault-au-Récollet, et les divers Pères qui en eurent la direction rendirent de tout temps aux curés les services les plus précieux.

Ce qui fit le plus de bien, fut la visite des écoles par les novices. [ls y épanchèrent leur zèle et leur piété. Sous farme de catéchisme, d'instructions à la portée du jeune Âge, ils ont nourri la foi, l'amour de Dieu dans l’âme des petits. Il leur ont fait aimer la prière, la pratique des sacrements, et les ont préparés de longue main au grand jour de-

la première communion.

Une fois arrivés à cette époque mémorable qui influe sur toute l’existence, ils les accompagnent À l'église, les suivent de pins près, meublent leur esprit de plus amples connaissances religieuses, les dirigent saintement dans la prière et le recueillement, jusqu'à lheure À jamais bénie où Dieu descend dans leur âme.

Les novices trouvent là un moyen efficace de formation aux œuvres de zèle dont la vie du jésuite doit être remplie ; mais quels bienfaits inappréciables découlent de ce travail opéré dans l’âme des enfants !

Rien d'étonnant qu’ils demeurent fermes dans leur croyance et attachés aux pratiques religieuses, Après bientôt un demi-siècle de cette visite bienfaisante des écoles, il est consolant d’en toucher les résultats.

Les enfants d’autrefois ont gardé en grandissant mémoire de leurs pieux catéchistes, et leur vie est acquise à la vertu et à la piété.

C’est bien le lieu d'apprécier la valeur de l’influence religieuse dans l’école catholique, où le pain de la doctrine nourrit les âmes, où les prin-

cipes de foi sont inculqués si profondément que presque rien ne saurait les détruire.

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