‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 77 sur 92 · FR ANT · texte numérisé non relu

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Les Pères qui ont eu ‘charge du noviciat ont eu trop de rapports avec la paroisse pour que nous nous dispensions de quelques détails sur leur vie.

Un des hommes dont le souvenir est gardé avec profonde reconnaissance, c’est le Père Louis Saché.

L'auteur de sa vie à résumé le caractère de ce

premier maître des novices en disant qu’il avait

Phumilité d’un enfant, la mortification d’un anachorète, et le zèle d’un apôtre. C’est réunir les pius précieuses qualités, et le bon père en a donné les preuves les plus éclatantes À tous ceux qui ont eu l’avantage de le connaître.

Le Père Louis Saché naquit à Beaumont-la- Rance, en Touraine, le 23 décembre 1818.

Il arriva au Canada le 13 mai 1845, et il passa trois ans à la cure de Laprairie.

En 1848 Mgr Bourget lui demanda d’aller séjourner au collège de Sainte-Thérèse, afin d’y établir une discipline solide et de remédier à certains abus. C’était une tâche très délicate, et que peu d'hommes auraient pu accomplir.

Le Père Saché sy prit avec tant de douce fermeté qu’il arriva sous peu au succès, et tous les anciens élèves ont conservé le plus beau souvenir

de son passage.

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On chante encore au collège une cantate qu’il composa. Elle fut mise en musique par son compagnon, le Père Cicaterri, musicien distingué.

Ce fut le Père Saché qui ouvrit la résidence des Pères Jésuites à Québec, en juillet (27) 1844, « qualité de premier supérieur.

Îl quitta Québec pour venir au Sault À la fin de Juillet 1853: il prit alors la direction du noviciat que lon venait de construire. Il y fit en tout un séjour de quatorze années, donnant les plus beaux exemples de vertu.

Les registres paroissiaux où sa signature apparaît fréquemment, démontrent qu’il fut toujours prêt à rendre service À M. le curé. Beaucoup de personnes parlent encore avec reconnaissance des consolations que ses sages conseils ont longtemps déversées dans leurs Âmes.

Il ÿ eut à la tête du noviciat, à deux reprises différentes, un homme au port plein de grandeur, et dont les manières de haute éducation rév élaient la noblesse de son origine. Comme beaucoup d’antres Jésuites avant lui, il avait quitté le faste des grands salons et les gloires brillantes de l’armée. C'était le Père Jacques Perron, fils du général Perron.

Par sa naissance il pouvait hériter d’une

immense fortune, et continuer ses liaisons avec les

44 plus belles familles de France. Il commenca même à marcher sur les traces de son père, et n'ayant reçu aucune éducation religieuse, il entre sans contrainte dans lu vie des plaisirs et des sivants honneurs.

d-| Il alla de succès en succès jusqu’à ce qu’il it devint aide de camp du général Bugeaud. Pendant [a la campagne d’Afrique, qu’il fit à ses côtés, son ia cheval roula un jour sous lui dans un précipice.

A son grand étonnement, il échappa à la mort.

\ De retour en France, les chances les plus séduisantes de promotion s’offraient à lui; mais son âme souffrait beaucoup. Que s’était-il passé ?

Durant ses études à l’école polytechnique, il de avait fait la connaissance de quelques jeunes gens,

- membres assidus des conférences de Saint-Vincent

‘ne de Paul. Une fois en contact avec cette société

d'élite, le souffle de charité brûlante d’Ozanam

gagna vite cette âme noble et droite. Il donna

généreusement, cachant aux homines ses aumônes ;

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“y mais Dieu les vit du haut du ciel. C’est pourquoi

un ange apparut pour guider ses pas. C'était la

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sœur Rosalie, dont la prière et les œuvres ont sauvé

des milliers d’âmes.

Elle fit entendre au jeune Perron cette voix qui

pénètre et fait tout vibrer. Elle pria beaucoup

pour lui, et elle le confia au zèle d’un saint prêtre,

is sans jamais le perdre de vue. Quand le brillant : | ayant officier raconta À sa bienfaitrice son danger l 4 18 CON- d'Afrique, il sut que ce jour-là même la sainte 4] ivants fille avait communié pour lui. Elle le tint sous il l'égide de sa prière, et À force d’instance auprès de +}! > qu'il Dieu, elle lui obtint cette grâce inestimable de voir endant le monde tel qu’il est, et de comprendre qu’une da aoû seule chose est nécessaire, le salut de son âme. scipice. | Étant entré dans la compagnie de Jésus, il vousn ï lut s’exiler pour la gloire de Dieu, comme il s’était sédui- | expatrié pour la gloire militaire. I] demanda les } is son | missions d'Amérique, et c’est l’oblation généreuse 9 de ce grand cœur qui valut à notre paroisse l’hon- :] neur de poéssser cet homme éminent, et de pro- 8 gens, | fiter de ses lumières et de ses vertus. à Jincent | Le Père Perron fut remplacé au noviciat par le # tte | Père Isidore Daubresse, qui y demeura à partir ana | d'avril 1875 au 28 juillet 1876.

j \ ‘ : . A | donna 1e os AR Vignon, dont les “Hoenee mônes ; | qualités ont été universellement appréciées, soit

ourquoi au collège Sainte-Marie, soit À la résidence des

était la | Pères à Québec, a fait un séjour d’un peu plus de | - À É , 9:

itsauvé | quatre ans au noviciat du Sault-au Récollet, du 23 | Juillet 1876 au 13 novembre 1880. Il à rendu les k roix qui | services les plus précieux à la paroisse, surtout + -r ù { l inistère de la prédication où il excella: “at >aucoup | e ministère de la prédication où il excellait par | À 28 RE ) tre 4 L 5 pretre, 1 à

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une grande facilité de parole jointe à une clarté

remarquable dans l’exposition de la doctrine.

Le Père Charles-F, Charaux est celui des Pères Jésuites qui dirigea le noviciat pendant le plus grand nombre d'années jusqu’à présent.

D'après les chroniques de lordre, il est né en Lorraine le 19 avril 1830, et il entra dans la compagnie le 50 avril 1852,

Arrivé aux États-Unis en 1854, il y demeura jusqu'à sa première nomination au noviciat du Sault, au mois d'août 1871.

Le 11 juin 1875, il fut nommé supérieur de la mission unie de New-York et du Canada. Il rem-

plit cette charge jusqu’au 13 novembre 1880,

époque où il vint prendre son poste de recteur et de maître des novices À son cher noviciat du Saultau-Récollet.

Malgré ses nombreuses occupations, il porta toujoursle plus vif intérêt aux «œuvres paroissiales, et fit tout en soñ pouvoir pour aider à leur succès. Les prêtres retirés à Saint-Janvier et les bonnes sœurs de la Providence chargées de cet hospice ont toujours apprécié ses attentions délicates avec la plus vive connaissance.

Les généreux services de son ministère si éclairé

et si consolant, ont été encore plus multipliés aux

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