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dons que la charité ui prodiguait, a ouvert cette inaison À ceux de ses enfants que la maladie et le: grand Âge empêchent de vaquer aux travaux du saint ministère.
C’est bien la maison de l'évêché, comme du reste tout le monde la désigne.
Voici un extrait de acte de donation du terrain, passé en assemblée régulière de paroisse :
“Ce dix mars 1850, en conséquence de deux annonces faites aux prônes de nos messes paroissiales dimanche dernier et ce Jour, convoquant une assemblée de tous les paroissiens, pour être tenue à l’issue de la dite messe du jour, en la salle publique de cette dite paroisse, au son de la cloche, afin de prendre en considération le projet de céder à Sa Grandeur Mgr Ignace Bourget, évêque catholiqne romain de Montréal, toute cette partie du terrain de la fabrique qui se trouve au sud-ouest de église actuelle et de la place publique, le long d’un chemin de passage qui conduit du chemin de la reine au pont Saints-Anges de MM. Delisle et Lemoine, tenant par-devant au chemin de la reine, par-derrière le fleuve où rivière des Prairies, au sud-ouest, à un chemin qui conduit à la rivitre, au nord-est au chemin de passage suxdit, à Pexception de lémplacement et de la maison d'école bâtie
sur le dit terrain, ot après mûre délibération. il a
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été résolu à l’unanimité que messieurs le euré et le marguillier en charge de cette paroisse sont autorisés à céder le terrain susdit au dit seigneur évêque catholique romain de Montréal, à telles clauses et conditions qu’ils jugeront convenables ? (Livre de dél. 1850, p. 76).
Le pont des Naïints-Anges dont il est ici question avait été construit en 1849, et la cérémonie de bénédiction est consignée dans les registres (1849, p. 82). Mgr Bourget l’accomplit lui-même le 26 juillet 1849. Il vest dit :
“ Monseigneur fit, apres la messe, un discours de circonstance, ensuite il procéda à la bénédiction. Le nom des saints Anges fut donné au pont par une demoiselle de M. Delisle, âgée d'environ sept ans.”
Ce pont ne dura que peu d'années, ayant été brisé par les glaces. Une nouvelle association de apitalistes auxquels se joignit M. Vinet, se chargea de le reconstruire plus haut, au même endroit où il est de nos jours.
En 1853, la superbe maison de M. Vinet était terminée.
Il profita du passage de Mgr Bedini au Canada pour la faire bénir par ce prélat, et la résidence prit, à cette occasion, le nom de ‘“ Villa Bedini.”
Mgr Cajétan Bedini était gouverneur civil de
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Boulogne durant les troubles pontificaux, et archevêque de Thèbes.
Il fut envoyé, À cette époque, en qualité de nonce apostolique auprès de l’empereur du Brésil et de missionnaire extraordinaire aux États-Unis (Mgr Tanguay, Répertoire général du Cl. van.
Mgr Vinet ne borna pas sa générosité envers son évêque à la donation de la Villa Bedini: tou- Jours il lui fut dévoué et il souserivait À toutes ses œuvres,
Ses épreuves furent les sienne: et il a su cacher si bien ses largesses, qu’ellr ‘ restées presque complètement inconnues.
Ceux qui ont vécu avec lui attestent que la plus légère allusion À une aumône quelconque de sa part, le piquait au vif.
Se présentait-il une occasion de contribuer à une œuvre recommandable sous tous les rapports, il étonnait souvent par un refus péremptoire. Les solliciteurs n’en revenaient pas, et la connaissance qu'ils avaient de sa fortune augmentait leur embarras. Mais une fois qu'ils étaient partis, l’aumône du prêtre, si humble au milieu de ses richesses, leur arrivait par une voie détournée. Il
s’assurait, de cette facon, le mérite de humilité et
de l’aumône bien accomplie.
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Voici un fait entre mille.
Le bon curé avait depuis longtemps remarqué un enfant de sa paroisse, docile en classe, servant la messe avec piété et empressement.
IT appartenait à une de ces braves familles où se sont conservées les traditions vatriarcales, ce qui ne lui attirait cependant aucane faveur spéciale de son curé.
Il grandit, resta le même, pieux et fidèle.
Arrivé à l’âge d'entrer au collège, il vit que personne des siens ne pouvait lui procurer les moyens de faire ses études. Que de fois il songea à son curé! ‘Lui pouvait bien,” se disait-il. Mais il aurait sufhi de mentionner la chose pour avoir un refus.
Le curé cependant le suivait, et cachait sa manière de cultiver ce plant de la vigne du Seigneur.
Notre jeune homme se dit un jour: “Je m'’attacherai à quelque maison de commerce, je gagnerai ce que je pourrai, et j’entrerai au collège.”
Le voilà installé en un magasin.
Un jour le curé se présente sous prétexte de faire quelque achat.
—V a done, dit-il, trouver les Pères Jésuites, peutêtre congentiront-ils à se charger de ton éducation. —J’y suis allé déjà, répondit le jeune homme, et
ils ne peuvent plus en recevoir.
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— Va quand même, dit le bon curé.
Il y alla et, À sa grande surprise, il fut accueilli, Le Père recteur lui assura que tout dépendait désormais de son application et de sa docilité.
Il fat bon élève, régulier, pieux surtout.
Au jour de lan, rien de plus pressé que d’aller exprimer sa reconnaissance À son bienfaiteur.
Le bon jeune homme avait perdu de vue l’humilité de son protecteur.
À peine eut-il ouvert la bouche pour dire son merci :
—Comment !s’écria le curé, montrant une feinte
colère ; ce sont les Pères, ce sont les Pères, laisse-
moi donc.
Oui, c’était bien eux, sans doute, mais le vrai bon père, c'était Mgr Vinet,
Il continua de l’être jusqu’à ce que son inépui-
svle charité eût conduit le jeune homme À l'autel
où Dieu l’appelait, et qu’il fût devenu un pasteur
des plus zélés, s’efforçant de copier quelque chose
des vertus de son insigne bienfaiteur.
Nous pourrions ajouter à ces précieux détails un grand nombre de traits. Les Dames du Sacré-Cœur, entre autres la digne Mère Trincano, les mères Da-
vid et Bienvenu ont distribué À pleines mains ses
aumônes, et jamais il n’y eut une infortune dans sa paroisse qu’il ne s’empressât de secourir.
Après avoir donné secrètement, Mgr Vinet suivait avec attention la marche de l’œuvre qu'il avait favorisée ; il se passionnait pour elle, ses conversations en étaient pleines ; elles étonnaient Îles personnes auxquelles il communiquait ses inquiétudes, persuadées qu’elles étaient qu’il avait refusé tout concours.
Aujourd’hui ses dons apparaissent aux yeux de tous ; ils ont été nombreux, constants, et la paroisse du Sault-au-Récollet devrait élever un monument à cet homme qui, en la comblant de ses bienfaits, a si bien pratiqué la vertu fondamentale de notre sainte religion, l’humilité.
Un jour Mgr Bourget voulut reconnaître publiquement la générosité de ce prêtre modèle.
Voici en quelle occasion.
Sa Grandeur, appelée à Rome pour la canonisation des martyre japonais, annonçait son départ dans les termes suivants (Mandement du 23 février 1862) : Nous partons prochainement pour la ville sainte, et vous n’oublierez pas que c’est pour la quatrième fois que nous allons au tombeau des saints apôtres, depuis vingt-cinq ans que nous
sommes évêque. Il n’est pas nécessaire que nous
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vous disions que ce quatrième voyage, aussi bier que les précédents, est uniquement dans les intérêts de ce diocèse, pour lequel nous vivons, en consumant toutes les forces que la divine Providence a voulu nous donner,
“Il nous faudra dans ce voyage prendre place dans les consistoires, qui sont les assemblées les plus augustes qu’il y ait au monde, par le caractère sacré des personnes qui les composent, par la nature des affaires religieuses et divines qui sv traitent, et par les procédés majestueux qui y sont suivis,
“Nous avons done, de part et d'autre, un devoir réciproque à remplir, pour nous rendre le ciel favorable dans ce beau jour de canonisation : nous, la charge de vous représenter aussi dignement que possible, dans une circonstance si solennelle qui nous met en spectacle au ciel et à la terre ; et vous, celle de nous aider par la pureté de vos cœurs et la ferveur de vos prières, À devenir l’heureux canal de tant de grâces précieuses qui nous sont réservées.”
Ces paroles émurent le cœur du digne euré du Sault-au-Récollet.
Il connaissait le triste état des finances épisco-
pales, depuis la destruction complète de la cathé-
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drale et de l'évêché par le terrible incendie de 1852, ainsi que les dépenses considérables encourues pour les nouvelles constructions dans une autre partie
de la ville en 1854 ; c’est pourquoi il se chargea
généreusement de tous les frais de voyage de son
évêque.
Mgr accueillit avec reconnaissance cette nouvelle preuve de dévouement, et il ne l’oublia jamais.
Sa Grandeur s'était aussi assuré les services de M. J. Désautels, curé de Varennes, dans le but de régler certaines affaires de la plus haute importance.
En récompense du zèle sans bornes de ces deux prêtres distingués, Mgr Bourget leur fit accorder, par la cour romaine, une dignité jusqu'alors inconnue dans le pays. Elle n’en était que plus précieuse, et tous les membres du clergé n’eurent qu’une voix pour applaudir à cette décision.
Par des lettres expédiées de Rome le 5 septembre 1862, MM. Désautels et Vinet furent nommés chapelains secrets d’honneur de Sa Sainteté Pie IX, ce qui, comme l’explique Mgr Tanguay (Répertoire général du Cl., p. 201), entr’autres privilèges, leur donnait droit au titre de Monseigneur.
Cette marque insigne de considération accordée à leur curé par le Souverain Pontife, causa un contentement général aux paroiïssiens, et Mgr Vinet
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852, n’en profita que pour ajouter plus de solennité aux Ê |! pour cérémonies de son église. ‘4 ne Rien ne lui causait plus de joie que les beautés rgea du culte, aussi avait-il profité de son voyage d’Eues rope pour.faire l’acquisition de vases sacrés de +, grande valeur, et de superbes ornements.
elle Il eut l’heureuse idée de faire fondre À Rome sie même une cloche pour symboliser, disait-il, la voix | er du chef auguste de la chrétienté, | te Avec quelle joie il annonça à son peuple son por- arrivée, afin de raviver dans leurs cœurs les senti- ; ments d’obéissance, de respect et de dévouement 1 aie envers le très saint Père. La bénédiction de cette : der, cloche donna lieu À une cérémonie très imposante. és Elle est rapportée au livre des délibérations de fa- j use, brique dans les termes suivants : :
si * Ce seize octobre mil huit cent soixante-quatre a été bénite par Sa Grandeur Mgr Lynch, évêque vs de Toronto, une cloche du poids de huit cents livres dde romaines, achetée par le curé soussigné, en mil huit IX, soixante-dleux. La cérémonie a eu lieu un dimanche per dans l'après-midi, en présence de messire A.-F, ges, Truteau, V, G. et doyen du chapitre de Montréal, aussi que d’autres membres du clergé. Il y eut dés aussi une nombreuse assistance des fidèles de la É dat paroisse, et plusieurs de Montréal. Sa Grandeur if thod Mgr Joseph Larocque, évêque de Saint-Hyacinthe, 1
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donna linstruction sur la cérémonie actuelle, et Sa Grandeur appuya principalement sur le son de cette cloche qui serait comme la voix de Rome, la ville éternelle.
‘ Ont été parrains et marraines le capitaine Antoine Brousseau, écuier, représentant le corps des marguilliers de cette paroisse, et dame Marvuerite Saint-Omer, son épouse ; M. Joseph Beauchamp, représentant le bane-d'œuvre, et dame Archange Fournier dit Belval, son épouse ; M. Antoine Jeannotte-Lachapelle, représentant la côte Saint-Michel, et dume Émilie Dagenais, son épouse ; M. Georges Dagenais, représentant la côte du bord de l’eau, et dame Rosalie Charbonneau, son épouse ; Fabien Vinet,écuier, représentant le donateur de la cloche, et dame Margurite Verdon , son épouse.
“ Cette eloclie a été nommée Marie-Pie-Tynace,
(Signé) “,J..J, VIixET, prêtre, curé.”
(Livre des del, 1864, p. 124.)
Mgr Vinet ne se fit pas seulement remarquer par ses dons généreux et sa constante charité ; il fut encore des plus zélés dans les travaux du saint ministère.
Pendant quinze ans, il resta seul pour subvenir
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