MGR ANTOINE LABELLE
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aux besoins d’une paroisse qui, à cette époque, était populeuse et étendue.
Ce ne fut qu’en 1856 qu'il accepta l'assistance que Mgr Bourget lui offrit dans la personne de M. Antoine Labelle. Il venait d’être ordonné prêtre à Sainte-Rose, où il naquit le 24 novembre 1834
Mgr Bourget aimait à faire des ordinations dans les églises paroissiales des ordinands.
La délicatesse admirable de son âme le portait À récompenser de la sorte les bons parents qui avaient tout sacrifié à la formation des lévites qu Seigneur,
Quelle fête c'était quand le pontife vénéré de tous arrivait au village natal !
Impossible de décrire ces scènes d'émotions profondes. Ces heures de prières liturgiques ajoutaient le sceau de l’onction sacerdotale aux jubilations du présent at aux souvenirs les plus sacrés du passé,
Ceux qui assistèrent À lordination de Sainte. Rose, le ler juin 1856, étaient loin de prévoir ce que deviendrait un jour le jeune prêtre.
Pendant son séjour À Sainte-Thérèse, il avait donné preuves de bons talents, Fils unique, un peu gâté, turbulent de nature, il arrivait au Sault avec des allures qui ne s’accordaient pas toujours avec les habitudes silencicuses de Mgr Vinet.
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Rien ne déplaisait plus, en effet, au digne curé que le bruit de pas retentissants, et malgré de nombreuses admonitions, il ne put jamais obtenir de son vicaire la modération en ce point. Ce n’était pas grave, il faut l'avouer.
Ne dois-je pas conclure qu'il était destiné à marcher dans des sentiers où il lui serait permis de faire beaucoup de bruit, et beaucoup plus de bien. Aussi est-ce un honneur pour notre paroisse d'avoir recueilli les prémices du sacerdoce d’un homme qui, plus tard, devait jouer un rôle si important.
Immense dans ses projets, il avait une énergie indomptable pour ies mener à bonne fin, et son éloquence entrafnante et persuasive, avec ses saillies piquantes, les faisait admettre au pays comme à l'étranger.
Il à ouvert, au prix des plus grands sacrifices, de nombreuses routes sillonnant des terres immenses jusqu'alors inconnues, et qu’il a peuplées de colons.
Unissant toujours la pratique de la religion au bien de la patrie, il a fait du système paroissial la base de son action. C’est pourquoi il a marché sûrement à travers les bois et les montagnes, créé un mouvement de colonisation qui ne peut que s’agrandir, en établissant sur ce sol lointain de la patrie, un nouveau royaume dont le peuple s’est
plu à le proclamer roi.
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Je dois compléter cet éloge en disant que M.
Labelle se livra à l'étude avec une constante application,
Empêché le jour par ses nombreuses courses, il ÿ consacrait la plus grande partie de ses nuits,
Sa mémoire prodigieuse lui permit d'acquérir des connaissances variées et très étendues, En maintes circonstances, il a mérité les félicitations des hommes les plus compétents pour sa manière claire et logique de traiter des questions de philosophie, d'histoire, et même de chimie, de réologie, de minéralogie, d'après les plus récentes découvertes.
En 1890, l'honorable M. Mercier, premier ministre provincial, voulut s'assurer les services d’un homme dont la popularité était grandissante,
M. Labelle, devenu curé de Saint-Jérôme depuis 1868, ne vit en cela que l'espoir de réaliser ses immenses projets ; il se rendit à son désir.
Pour la première fois depuis le régime francais, il était donné à un membre de notre clergé de participer à l’administration publique, et ce fut à cette occasion que la cour romaine reconnut la valeur réelle de ses services en l’élevant à la dignité de protonotaire apostolique.
Il mourut presque subitement, à Québec, le + janvier 1891,
Son corps fut transporté à Saint-Jérôme, et le gouvernement se chargea de faire célébrer ses funérailles avec la plus grande solennité,
M. l'abbé J.-B. Proux, alors vice-recteur de l'Université Laval et curé de Saint-Lin, interpréta les sentiments de lassistance nombreuse et distinguée, en rappelant les talents et les vertus du défunt si justement regretté.
Il le ft surtout avec Péloquence du cœur.
Cette mort donna lieu à lPexpression des plus vives sympathies, à l’étranger, particulièrement en France.
Dans notre pays, Mgr Labelle figurera toujours avec honneur, parmi les hommes qui lui ont rendu les plus précieux services.
Depuis le départ de M. Labelle, en 1859, parmi tous les vicaires qui lui succédèrent, M. l'abbé Boissonnault fut celui qui mérita les plus grandes faveurs de Mgr Vinet.
Le fait d’être né à Saint-Valentin y était pour beaucoup, car, nous l’avons dit, e’était la première cure de Mgr Vinet, en 1831.
De plus, le capitaine Boissonnault, père du jeune vicaire, avait secondé avec le zèle le plus constant
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les œuvres de son curé, l'appuyant dans toutes ses décisions,
Modèle de vertu et de mœurs patriarcales, sa nombreuse famille avait toujours gardé, avec un soin vigilant, ses traditions de foi et de piété, Aussi Dieu avait-il destiné deux de ses membres À l'honneur sacerdotal : Charles et Jean Boissonnault,
Mgr Bourget daigna ordonner ce dernier dans Sa paroisse natale, dont M. Georges Lesage était alors curé.
Les anciens pasteurs de cette paroisse furent invités À cette imposante cérémonie, et Mgr Vinet s’empressa d’y assister,
Quelle ne fut pas sa consolation quand il vit le jeune lévite commencer son ministère sous sa direction.
Depuis son arrivée au Sault en novembre 1866 jusqu’en avril 1869, M. Boissonnault fut un modèle de piété et de dévouement.
IT fut alors désigné par Mgr Bourget pour porter secours aux Canadiens des États-Unis, et Mgr Vinet ptit un vif intérêt À tous ses tra aux, et le secourut avec une constante générosité.
Depuis ce temps, M. l'abbé Boissonnault n’a cessé de se dévouer au bien spirituel des Canadiens appartenant au diocèse de Burlington, et parti-
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124 culièrement à Saint-Johnsbury, où il est justement considéré comme leur plus grand bienfaiteur.
fa Ce fut vers la fin de février 1870, que Mgr
sa Vinet se retira définitivement du saint ministère. ge ! Dès que la nou: Île se répandit dans la paroisse, À! elle créa un profond chagrin.
4 gl Nous n'avons pas à examiner les raisons qui a tirent prendre au digne curé une pareille déter- NE mination ; lui seul les a bien connues et pesées
Lt sans doute dans le silence de la réflexion et de la 4: prière.
Il est une chose que nous pouvons aflirmer et
qui a été publiquement établie, c’est qu’en se reti-
‘ant du ministère actif, Mgr Vinet n’a pas cessé de
porter le plus vif intérêt aux grandes œuvres de
charité, et d’y appliquer tous ses revenus jusqu’au
dernier instant de sa vie.
L'œuvre des sourdes-muettes, confiée à la direc-
tion des Sœurs de la Providence, reçut pendant
douze ans une large part de ses aumônes.
Afin de pouvoir contribuer plus librement À son
développement, il voulut se fixer au sein même de
l'institution.
Il était facile de voir, par les conditions offertes
de lui-même, qu’il ne venait pas en simple pen-
sionnaire, mais plutôt en qualité d’insigne bien-
faiteur.