LE SAULY-AU-RÉCOLLET
Il se chargeait de préparer ses chambres, de convertir en chapelle la salle principale de l’établissement, le tout à ses frais.
De plus il assura les Sœurs qu'il paierait sa pension ; il le fit en effet d’une manivre très généreuse de 1874 à 1886, Une fois la chapelle terminée, décorée avec un goût exquis, munie d’ornements précieux, il y exerça toutes les fonetions du saint ministère que sa santé lui permettait. Il édifia constamment les membres de la commu nauté et les habitués de la chapelle par les nombreux exercices de piété accomplis avec la ferveur et la régularité d'un vrai séminariste.
Les chroniques de l'institut ‘apportent qu'il se privait constamment de dépenses qu'il aurait pu faire pour lui-même sans enfreindre la modestie ecclésiastique, dans le but de faire plus d’aumônes. C’est ainsi que s'étant procuré un cheval et une voiture, il ne s’en servit presque pas, parce que, disait-il, les Sœurs en avaient plus grand besoin que lui pour le service de la maison.
Sa piété était très tendre et admirée de tous, et son zèle pour le temple du Seigneur, la magnificence du culte, était admirable.
Aussi longtemps qu'il le put, il fut assidu au confessionnal en faveur des personnes qui n'avaient pas alors d'église À proximité. Souvent il disait :
JT vaut mieux faire des œuvres de son vivant, quel mérite à les faire faire après sa mort ??? C’est pourquoi il donnait tout ce qu'il pouvait épargner.
Quelle discrétion! sa main droite ignorait les bienfaits de sa main gauche. Avec quelle délicatesse il rendait service et cachait ses aumônes !
Ce témoignage recueilli des personnes intimement associées aux œuvres des dernières années de sa vie, confirme bien tout ce que nor: ons rapporté des charités de ce saint prêtre.
Il disposait ainsi de ses revenus en épuis t ses forces, quand Dieu ménagea les événem « de manière à le ramenei au lieu de ses œuvres de prédilection, afin sans doute de le récompenser dès ici-bas par la vue de leur heureux développement,
IT quitta la maison des Sourdes-Muettes au commencement de décembre 1886 pour se rendre À sa villa du Sault qu'il avait construite avec tant de soin. Il y passa les quatre dernières années de sa vie dans le plus saint recueillement.
Depuis un certain temps sa vue avait été affectée au point de le priver de ses lectures de piété. Il put cependant célébrer la sainte messe de ‘“ Beata Virgine ” jusque vers la fin de sa vie.
Malgré cette infirmité et les douleurs inhérentes
À son grand âge, il conserva toujours son aimable
Se oo
gaieté pour ses confrères, en les entretenant des récits du passé. Il continua à se dépouiller de plus en plus. Arrivé aux derniers moments de sa vie, il put dire qu’il avait tout donné.
Il mourut À la résidence de Saint-Janvier, le 2 mai 1890, à l’âge de 84 ans et quatre mois, et dans la soixante-deuxième année de son sacerdoce.
Suivant son désir, son corps fut inhumé dans le cimetière du noviciat des Jésuites.
Là il repose au sein de la paroisse qui v’oubliera Jamais ses bienfaits et chérira toujours sa mémoire ; dans ce lieu où les enfants de Saint-Ignace feront monter vers les cieux l’encens de leurs plus ferventes prières,
#1 He FA