DE LUSSAN, NORBLIN, ANTINOUS
norblin, entrant. Bonne nouvelle ! ma nièce revient aujourd’hui même... je viens de recevoir un lettre d’elle qui m’aunonce son arrivée pour ce matin.
antinous. El g.irde-t-elic toujours le même silence sur les motifs de ce voyage?
norblin. Toujours. Elle n’a rien voulu me répondre sur ce point. ( A de Lussan.) Mais je suis sûr qu’elle ne pense plus à votre infortuné rival.
ue lussan. Mais croyez-vous qu'elle ait pu oublier la ruse dont je me suis rendu coupable envers elle?
norblin. Coupable, coupable!.. Ah!
ça, voyous , eu bonne conscience, pensez-
▼ou: qu’elle puisse longer à épouser un iouril-mtiel ?
antinods. Ce serait absurde ! Il est vrai que les femmes sont li capricieuses! elles sont si capricieuses, les cruelles femmes!., et puis, le geste, c'est une chose si éloquente que le geste!., vous ne connaisses pas la puissauce du geste auprès des femmes. . .
dk lussan. Au surplus, mon cher Norblin , malgré mon amour pour votre charmante nièce, je suis bien résolu & n’accepter jamais sa main sans son cœur. . . et si l’amour de madame d'Argens pour l’homme qui lui a sauvé la vie survit à la découverte de son fatal secret, eh bien, je me sens d’avance tout disposé à pardonner à monsieur Arthur, et bien plus , à en faire mon ami.
nokklin. Et mai, je ne veux pas qu’il y ait de sourd-muet dans ma famille. L’agréable intérieur I. faites donc la conversation., moi qui suis bavard , avec (a.
anti nous. Et puis c’est très-dangereux:
vous êtes menacé d'être grand- oncle d’un petit marmot qui scru toute sa vie condamné A jouer la pantomime. Ce monsieur Arthur a agi comme un vil hypocrite, lin sourd-muet devrait toujours prévenir une femme de sa malheureuse position. .. Il devrait écrire sur son chapeau « : Je suis sourd-muet; femmes, passes de l'autre côté. »
de lü ssa k , riant. Certainement ! celui- U va se faire aimer de loin, par correspondance.
Antinous. Il est déplorable de voir un jeune homme plaire ainsi par surprise, et attendre qu’il ait porté lu ravage dans le cœur d’une femme pour venir lui dire, au bout de six mois : Je suis sourd-muet. . .
vous allez être malheureuse toute votre vie... j'en suis bien fâché !.. je suissourdinuet... arrangez-vous.
komlik, riant. Eh ! sans doute, cela devrait être défendu.
anttnocs, a'échauffant. On devrait défendre les sourds-muets. . . il n’y a pas du gouvernement possible arec des gens qui ou veuleut rien entendre.