‹ Le sauveur comedie en trois actesChapitre 44 sur 48 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

ARTHUR, ANTINOUS, caché dans ta bibliothèque , VALENTINE.

arthub. Il va lui prendre la main et ta fait asseoir.

Antinous , soulevant te petit rideau vert de l’armoire, et passant sa tlte par la losange. Une femme I Uinfïme Tartoffel Il rentre la tite et laisse retomber le rideau.

Valentins. Je tremble!., je n'ose soutenir ses regards... N’importe, j'ai dû le voir, et je dois tout lui dire.. .

artiiub. Il s'asseoit prés d’elle, lui demande le sujet de sa visite , et lui présente un calepin pouv qu’elle puisse lui répondre.

valent INI. Elle lui fait signe qu’elle n’en a pas besoin et qu’elle saura se faire comprendre.

abtbur lui en exprime son étonnement , sa joie, jette le calepin, et ajoute qu’en effet avec les yeux et tes gestes , récriture est inutile.

Valentins. Il o raison, avec le cœur et les yeux nn peot tout se dire... Depuis combien de temps est-il en France?

Elle lui fait cette question par lignes :

elle trace d’abord un cercle, ce qui exprime l’année , lève successivement plusieurs doigt , puis montre le sol.

Arthur. Il trace aussi le cercle de l’année , il lève l'index , puis le partage en deux.

viLExriiE. Un an et demi!., a-t-il jamais eu connsissance de son père?

Elle se lève , tâche de donner à sa physionomie un caractère mâle , prend une attitude fière , et cherche à réveiller tes souvenirs d’Arthur.

ARTHUR. Il fait le geste de l’incertitude , puis il se lève fi son tour ; il figure un hausse-col , des épaulettes , une épée a’ il tire du fourreau, puis un combat...

I semble recevoir un coup au cceur et retombe sur son fauteuil comme expirant.

talebtise. On lui a dit que son père était uo militaire et qu’il est mort à la suite d'un duel. (Avic émotion. ) Mais lui a-t-on parlé de sa inère ?

Etle lui désigné celte qui l’a portée dans ses bras.

ai.thcr. Il montre d’abord la mime incertitude , puis il indique la taille d’un très-jeune enfant, lève quatre doigts , ensuite dépeint une femme qui rejette un enfant de ses bras, puis la fuite d’un vaisseau sur les vagues.

talertise , d’une voix altérés. Il sait qu'elle l’a délaissée alors qu'il n’avait que quatre ans, et qu’elle a mis l’Océan entre elle et lui... Lui eu veut-il de l'avoir abandonné ?

Sa figure prend une expression de haine, de courroux ; elle demande à Arthur s’il éprouve ce sentiment pour celle qui l’a rejeté.

Arthur. Il lui répond que non ; il pardonne à sa mire et prie chaque jour le ciel pour elle.

vtLEirrisc, très-émue. Il ne lui en veut pas... et prie le ciel pour son bonheur!. .

Se la rappelle-t-il seulement uu peu ?. .

Elle lui fait cette question en se posant la main au front , puis en la promenant autour de son visage.

arTBA'r. Il réfléchit.., il la dépeint

jolie , petite... * puis il regarde V alcntine fixement et semble étudier sa figure.

valestine. Elle se trouble... sc sent oppressée... se rassied.

ARTHUR , étonné. Il se lève, lui prend ta main... la soutient.

talestise, arec w«* émotion croissante.

Il ine regarde. ; mes traits ne lui paraissent pas étrangers... il a comme un vague souvenir du passé... Ah! traçons-lni sur le papier ce qu’il rherche à lire dans mes yeuv. re que je tremble de lui faire comprendre I

Elle ra à la table qui est à droite et écrit.

Arthur. Il la regarde arec surprise.

Pendant quelle écrit, la physionomie d'Arthur exprime tour-à-taur l’espé-rancc, la douleur... Ce dernier sentiment finit par l’emporter, il semble se dire : « Oh !

non , non... je ne la retrouverai jamais ! »

valestire, écrivant. . La fille d’un riche

• colon de l’Ile-de-France fut séduite par » un officier de marine qui l'épousa secré- » tement ; elb- en eut un fils sourd-muet de » naissance ; il ne put connaître son père » qui mourut avant d’avoir embrassé son » enfant! sa mère, plusjalouse de sa répu-

• talion que du boutieurde Son fils , le con-

• fia A des mains étrangères, croyant, h » force de richesse , le dédommager de la » perte d'une merci.. Depuis ce temps le » remords l’accable... elle a manqué à la

• nature... à son. enfant... elle est U, de- ■ vant lui... qu'il ne la maudisse pas et lui » pardonne I. . »

( Elle se lève et lui remet en tremblant ce qu’elle vient d'ccrire.

Arthur. A mesure qu’il Ut sa figure exprime le sentiment de la surprise... l'attendrissement , la douleur... Après ces mots : s Elle est là devant lui .. s H lève les yeux et roit V alcntine tremblante , les mains jointes et les yeux pUins de larmes.

Il la regarde d'abord fixement, puis il s'élance et la presse dans ses bras. >

Musique dans !*orche*tra (tendant qu’Artbnr lit ce que V alcntine a écrit.

valentine. Mon fils... mon Arthur !..

ah! voilà le premier moment de bonheur que je goûte depuis vingt ans.

• L’acteur chargé en province du rûle d’Arthur, modifiera cette réponse scion la taille de l’actrice qui remplira 1© rôle de V alcntine , r6Je créf é Paria avec tnnt de talent par mademoiselle Pauline.

Arthur. IL la regarde avec tendresse , la serre de noureau dans ses bras ; tout-à coup, il exprime son désespoir de ne pouvoir parler.

VALEKTIN8.

Air : Vous U voyez. ( de Yelea. )

Àh ! de mes tort» me voilà bien punie 1 Je privai de sa mère autrefois,

Et quand à lui le ciel m’a réunie.

Je parle en vain !.. il n'entend pas ma voix ! J'oublierais tout, mes larmes, ma misère,

SI mon Arthur que je tiens dans mes bras, En m'embrassant pouvait dire : ma mère !

Mon pauvre enfant ne me le dira pas 1

Mnis non!., que jamais ce fatal secret ne transpire!., qu'il me sauve de la honte!..

Elle lui fait signe de se taire et de tenir à jamais caché ce qu'il a appris .

artiiur. Il lui rend le papier en jurant quil gardera toujours le secret ; il serre de nouveau sa mire contre son cœur.

AifTiNOu?, passant encore sa tête. Dans les bras Pun de Pau Ire ! c’est un attentat à la morale publique !

de LUSSAN et norbliiv , criant dans la coulisse. Au feu! au feu! monsieur Arthur, le feu est au pavillon !

talent! ne , e/f rayée, pendant qu* Arthur , toujours calme , ta regarde avec tendresse.

Ah ! mon Arthur!. .

Antinous, s'agitant dans la bibliothèque.

Au secours ! je suis enferme 1 ouvre»! ouvrez donc! de l'air !..

Les cris au feu cont’nuent.

valentine. Elle explique rapidement à Arthur te danger de leur position ; elle peint les flammes , l'incendie...

Arthur. Il s'élance à la porte du fond et il l’ouvre.

Léonic , de Lussan et M ’orblin paraissent.

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