‹ Le savant du foyerChapitre 102 sur 114 · AD · texte numérisé non relu

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Fig. 194. Four à chaux continu.

chaux grasse, celle qui résulte de la calcination des calcaires les plus purs. Cette sorte de chaux développe beaucoup de chaleur par son contact avec l’eau, augmente considérablement de volume en se délitant, et forme, avec l’eau et le sable, cette espèce de ciment qui, depuis les temps les plus reculés, sert à réunir les pierres et moellons dans les ouvrages de maçonnerie, C'est-à-dire le mortier.

La chaux maigre donne des mortiers peu tenaces et bien in-

férieurs à ceux que fournit la chaux grasse. Ce défaut tient à la présence dans le calcaire, de carbonate de magnésie et d’oxyde de fer. Ge n’est qu’au contact de l’air que les mortiers fournis par la chaux grasse ou maigre, deviennent solides. Ils absorbent l’acide carbonique de l’air, et se transforment en un composé mixte de carbonate et de silicate de chaux, qui durcit en se desséchant. Mais ces mêmes produits ne durciraient pas dans l’eau. Au contact de ce liquide, ces mortiers se délayent et se séparent, en sorte qu'ils sont impropres aux travaux souterrains de fondation et aux maçonneries ou bétons qui doivent séjourner sous l’eau.

Il n’en est pas de même de la chaux dite hydraulique, qui ést fournie par la calcination de certains calcaires argileux. Cette chaux se délite lentement , et forme une pâte qui jouit de l'immense avantage de prendre sous l’eau une dureté considérable.

Certaines variétés de chaux auxquelles on ajoute 30 à 40 pour 100 d'argile, et qu'on cuit convenablement, durcissent sous l’eau en moins d’un quart d'heure, et prennent les qualités de la pierre : c’est là le produit connu sous le nom de ciment romain. C'est un ingénieur français, Vicat, qui, après avoir découvert la véritable cause de l’hydraulicité de certaines espèces de chaux, fit connaître la manière de créer artificiellement des chaux hydrauliques. Vicat livra libéralement au public cette découverte qui a considérablement augmenté la richesse de la France, et qui a permis d’executer à bas prix les constructions à la mer, travaux qui coûtaient des sémmes immenses quand il fallait s'adresser aux chaux hydrauliques naturelles.

Nous ferons remarquer que le durcissement des chaux hydrauliques sous l’eau est dû, non plus à la formation du carbouate de chaux cristallisé comme dans les chaux aériennes, mais à un mélange hydraté de chaux et de silicates d’alumine et de chaux qui forment, par leur réunion, une masse excessivement dure et compacte.

Plätre ou gypse. — Un sel de chaux non moins utile que le carbonate, c’est le sulfate de chaux vulgairement appelé pldtre, et connu aussi sous les noms scientifiques de gypse et de sélé-

nile. Moins répandu que le calcaire, le gypse se rencontre cependant dans presque tous les terrains stratifiés, et notamment dans les terrains triasique et supercrétacé. On le trouve en abondance dans l'étage parisien. C’est le gypse qui forme les collines de Montmartre, Belleville, Ménilmontant, Pantin. Il est si tendre qu’on peut le rayer avec l’ongle.

Parmi ses variétés, on distingue le gypse lenticulaire. Des fragments détachés de ce minéral, ressemblent à un coin échancré à sa base. On leur donne le nom de gypse en fer de lance; les curieux en rapportent souvent de Montmartre.

Une variété à tissu laminaire et saccharoïde constitue l’albätre gypseux. Cet albâtre se distingue de l’albâtre calcaire, dont il a été parlé plus haut, en ce qu’il ne fait pas effervescence

ue avec les acides. Tendre, fragile et blanc, il sert

cyse ruse à tailler des vases, des flambeaux et d’autres

enferdelance. objets de fantaisie. L’albâtre gypseux de Florence ou de Volterra est spécialement employé dans ce but.

Le gypse grossier forme la pierre à pldtre, minerai qui compose à lui seul toute la montagne de Montmartre, à Paris.

Sous toutes ces formes, le sulfate de chaux renferme 20 pour 100 d’eau de combinaison. Soumis à une chaleur modérée, il perd cette eau, devient friable et constitue alors le plätre proprement dit, qui est d’un si grand usage dans les constructions.

La calcination de la pierre à plâtre s'opère dans des fours d’une

disposition fort simple, que représente la figure 196, et dans lesquels la chaleur ne dépasse pas 300. Le plâtre privé d’eau par cette calcination, reprend promptement cette eau quand on le met en présence de ce liquide, et il reconstitue alors le sulfate de chaux primitif. Quelques minutes après, cette pâte s’épaissit, durcit considérablement, et de liquide qu'elle était d'abord, devient solide et résistante. L'emploi du plâtre dans la bâtisse est fondé sur cette précieuse propriété. Délayé dans l'eau, le plâtre récemment calciné forme une pâte liquide qui sert à faire les revêtements, ou les murs, etc.

Le plâtre le plus pur est employé par les mouleurs. Par suite de la légère augmentation de volume qu’éprouve le plâtre gà-

cab...

ché quand il se solidifie, il s'applique très-exactement sur les moindres dépressions des moules dans lesquels on le coule. Grâce à cette heureuse propriété d’une substance presque sans valeur, l’art du mouleur en plâtre & pris une certaine extension, et les copies réduites des œuvres des maîtres de l’art en-

Eh mr.

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