‹ Le savant du foyerChapitre 40 sur 114 · Récolte du the · texte numérisé non relu

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plus ou moins avancé de Ja végétation au moment où l’on a récolté les feuilles.

Les Chinois opèrent trois récoltes de thé; la première, faite

Fig. 111. Le thé.

au commencement du printemps, donne le thé le plus estimé : la seconde a lieu un mois plus tard, et la troisième quand les feuilles sont complétement développées.

Le thé pekoe, qui provient de la première récolte des feuilles prises dans le bourgeon, est le plus aromatique et le plus cher des thés noirs. Les th£s noirs de deuxième et troisième récolte se classeraient ainsi, suivant M. Houssaye : pehkoe d'Assam , orange peloe, pekoe noir, congo, poukong, sou-chong, Ming-youg, hou-loug, campoy, coper, et w00-e. Les variétés com- Merciales du thé vert sont classées ainsi : hyson, hyson junior, Yulseon, hyson sckoulang, hyson skin, poudre à canon impérial, lonkay. |

On ne connaît pas bien {outes les particularités de la prépa-

ration à laquelle les feuilles du thé sont soumises en Chine. Nous en donnerons une description sommaire.

Les feuilles sont plusieurs fois humectées, desséchées le même nombre de fois sur des plaques de fer très-chaudes, opération pendant laquelle elles se plissent et se roulent diversement. On est encore mal fixé sur la différence qui existe entre le thé noir et le thé vert quant au mode de préparation employé en Chine. Selon certains voyageurs, les thés verts devraient leur coloration à l’indigo ou au bleu de Prusse, et les thés noirs ne renfermeraient aucun ingrédient étranger. Selon d’autres, les thés verts sont les feuilles obtenues chez les Chinois par simple dessiccation; les thés noirs, au contraire, subiraient une fermentation qui leur donnerait une couleur plus foncée, une saveur douce et leur enlèverait une grande partie de leur vertu excitante.

Une grande différence se remarque généralement entre l’action du thé noir et celle du thé vert. Le premier produit en nous une excitation générale, qui donne de la force, de l’énergie, de l’activité; le second, après avoir d’abord occasionné des sensations agréables, produit sur un grand nombre de personnes qui n’y sont pas habituées, des troubles nerveux plus ou moins sensibles.

Le thé est un excitant agréable , qui, pour beaucoup de personnes, remplace le café, dont il possède à un titre affaibli les vertus excitantes. Le tanin qu'il renferme lui communique une action tonique très-marquée sur l’estomac et les intestins : il est à ce point de vue supérieur au café.

« Personne n’ignore, dit M. Émile Deschanel, dans un ouvrage récent, que le thé est, en Angleterre et en Russie, pour la famille anglaise , et aussi pour la famille russe, l’occasion, le centre des affections douces de la maison et du foyer. Soir et matin, le thé réunit la famille, dispersée le reste du jour, groupe les enfants autour des parents. L’habitude, le tour ordinaire de la vie les saisit insensiblement, les façonne et les moule aux vertus domestiques. La théière d’une famille anglaise, le samovar d'une famille russe, versent avec le thé les affections saines , les sentiments d'union et d'amitié. Pour l'étranger indifférent, profane, ce qui coule de là n’est que de l’eau chaude

Fig. 112. Torréfaction du thé.

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ou une triste tisane; pour eux, ce qui coule de là, c’est d’abord cette excitation intellectuelle, légère et noble, par laquelle on sent qu'on vaut davantage, et qu'on est élevé à des hauteurs nouvelles; et puis, ce sont surtout ces sentiments d'union, de douceur, de tranquilles vertus. Le thé a, dans ces pays-là, une sorte d'influence morale. »

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