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LIQUEURS

Les liqueurs sont d’invention moderne; elles furent composées, dit-on, pour réchauffer la vieillesse de Louis XIV. On les prépare avec de l’eau-de-vie sucrée et convenablement aromatisée.

Gertaines liqueurs se font par simple infusion ou macération, comme l’anisette, le cassis, l’eau de noyau, le curaçao, etc. D’autres se font par distillation, avec ou sans macération préalable, tels sont l’absinthe suisse, le cédrat, le parfait amour, etc.

L’anisette est un mélange d’alcool, d’eau et de sucre, aromatisé avec les graines de l’anis et les fruits de la badiane anis étoilé. L’anis (pimpinella anisum) est une plante de la famille des Ombellifères, originaire du Levant, de l'Égypte et de l'Italie, et qu'on cultive en grand dans certaines parties de la France. L'anis étoilé (illicium anisatum) appartient à la famille des Magnoliacées, et croît en Chine et au Japon.

Le cassis se fait avec les fruits des cassis mürs, de l’eau-devie et du sucre. Cette liqueur se perfectionne avec le temps, de manière à prendre le caractère des vins liquoreux.

L'eau de noyau se fait avec les noyaux de pêches, d’abricots, de prunes, auxquels on ajoute de l’eau-de-vie et du sucre. L’arome et la saveur de cette liqueur et de celles qui sont connues sous le nom de ratafia de cerises, ratafia de Grenoble, kirsch-wasser, sont dus à la présence d’une petite quantité d'acide prussique, dans un état de combinaison encore peu connu. L’acide prussique est, on le sait, le plus terrible etle, plus foudroyant des poisons. Une seule goutte portée dans la gueule d’un chien, ou appliquée sur son œil, le fait tomber mort à l'instant.

Le curacao, ou liqueur à l'écorce d'orange, se prépare en faisant macérer des zestes d’oranges amères récentes dans de vieille eau-de-vie, et en ajoutant une quantité suffisante de sucre.

Parmi les liqueurs qui se font par distillation avec ou sans macération préalable, nous citerons l’absinthe suisse, le cidre, le parfait amour, etc. |

L’absinthe suisse se prépare en faisant macérer pendant huit jours dans de l'alcool les feuilles, et surtout les grappes de fleurs de l’absinthe (absinthium officinale, plante de la famille des Composées) avec quelques autres matières aromatiques végétales, telles que la racine d’angélique, les grains de l’anis étoilé, les feuilles de dictame de Crète. On obtient par la distillation de ce mélange une liqueur amère, qu’on colore en vert avec le suc de l’ache des marais, de l’épinard, ou bien avec l’indigo et le curcuma. Cette liqueur est considérée comme un excellent stomachique. On l’emploie souvent pour exciter l’appétit ; on en boit une très-petite quantité soit pure, soit étendue d’eau, peu de temps avant le repas. Mais l’usage de cette boisson ou son trop fréquent abus sont extrêmement à redouter, car elle agit à la longue comme un véritable poison. L’absinthe, dont l'emploi n’est que trop répandu en France et en Algérie, a déjà fait beaucoup de victimes, et il serait à désirer qu’on pût la remplacer par une boisson moins dangereuse dans ses effets. Le vermouth, par exemple, est une liqueur stomachique, qui

répond à toutes les indications de l’absinthe, et qui n'a ni les inconvénients ni les dangers de cette liqueur.

Fig. 116. L’absinthe.

La liqueur de cédrat se fait avec des zestes de cédrat mûr macérés dans l'alcool. Le parfait amour est la même liqueur colorée en rouge par l’infusion d’un peu de cochenille concassée

Nous allons passer rapidement en revue les substances qui sont le plus fréquemment et le plus généralement usitées comme remèdes dans le cours des maladies. Nous ferons connaître l’origine et les caractères spécifiques de ces substances. Chacun pouvant se trouver dans la nécessité de faire usage des médicaments, il importe que l’on sache quelle est la nature et quelles sont les propriétés générales de la substance médicamenteuse que l’on prend.

Il sera nécessaire d'établir une division pour décrire successivement et avec méthode un si grand nombre de matières différentes ; nous classerons les médicaments en douze groupes :

lo Les narcotiques. 7° Les sudorifiques.

20 Les tétaniques. 8° Les émollients.

3° Les sédatifs. 9° Les stimulants.

ho Les purgatifs. 10° Les astringents.

0 Les émétiques. 11° Les toniques.

6e Les diurétiques, 12° Les modificateurs.

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