MÉDICAMENTS SÉDATIFS
Le camphre, la valériane, le musc sont des médicaments qu tendent à faire cesser le trouble des fonctions du système nerveux, et à calmer les contractions musculaires irrégulières et désordonnées connues sous le nom de spasmes.
Camphre. — Le camphre est une huile essentielle, concrète, incolore, plus légère que l’eau, d’une odeur pénétrante, d’une saveur âcre et fraiche, et se volatilisant complétement à l’air libre. C’est pour cela que le camphre qui est employé pour écarter, pendant l’été, les insectes de nos vêtements de drap, disparaît souvent sans laisser de traces dans les fragments de papier où on l’a placé. L'eau ne dissout pas le camphre; l’alcool le dissout
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facilement, de même que l’éther et les huiles grasses et volatiles. Chimiquement, le camphre est un carbure d'hydrogène oxygéné.
Le camphre est sécrété par plusieurs plantes, notamment par celles de la famille des Labiées; mais il abonde surtout dans le laurier camphrier (laurus camphora), arbre du Japon. Lors-
Fig. 126. Laurus camphora.
qu’on en fend le tronc et les branches, on trouve dans le canal médullaire de petits grumeaux de camphre, qu’on peut facilement isoler. On l’extrait des branches du Laurus camphora, par sublimation. Poùr cela, on coupe en petits fragments les tiges et les branches, et on les distille avec de l’eau. L’alambic est recouvert d’un chapiteau rempli de paille et de branchages, sur lesquels le camphre vient se déposer. Ce produit brut doit être purifié, et cette purification se fait en Europe, car le camphre brut nous est envoyé d'Orient. On méle le camphre avec un peu de charbon et de chaux, et on chauffe le mélange avec précaution dans des fioles en verre à fond plat : le camphre vient se condenser dans les parties froides de l'appareil.
Le camphre est un des médicaments les plus employés; c'est la base du remède de Raspail, sorte de panacée que la crédulité populaire, égarée par le plus grossier charlatanisme, vante contre toutes les maladies. Administré à l’intérieur, le camphre agit sur les nerfs, et produit une action sédative très-marquée; c’est un puissant antispasmodique. On le prescrit dans les maladies nerveuses, les fièvres typhoïdes, etc.
Valériane. — a valériane officinale est une assez belle plante de la famille des Valérianées. Ses feuilles sont découpées, ses
Fig. 127. Valériane.
fleurs rosées, disposées en bouquet, sont très-odorantes. On la rencontre dans les bois ombragés; elle fleurit au mois de mai. Cest la racine de valériane qui est employée en médecine. Par la dessiccation, elle prend une odeur forte et désagréable, qui pour nous est repoussante, mais qui exerce sur les chats
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à Fig. 128. Le musc.
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une action bien différente. Ils la recherchent avec a: idité ; aussi les voit-on se rouler sur cette racine, déchirer les sacs qui la contiennent ; elle paraît les jeter dans un état d'ivresse analogue en quelque sorte à celui que l’opium détermine chez les Orientaux. |
La valériane est un excitant général, dont l’action se porte particulièrement sur le cerveau; maïs c’est surtout un antispasmodique.
Musc. — La substance connue sous le nom de musc est produite par une glande située au-dessous de la queue d’un mammifère très-élégant et très-léger, de l’ordre des Ruminants, le muscus moschiferus. On le rencontre dans cette région âpre et rocheuse qui s'étend entre la Chine et le Thibet. On trouve dans le commerce deux espèces de musc: celui qui vient de Tonquin, c’est le plus estimé, et le musc de Russie, dont l'odeur est moins forte. La sécrétion qui constitue le musc est semiliquide dans l’animal vivant; mais elle devient solide par la conservation. Sa couleur est noirâtre, et son odeur caractéristique est extraordinairement expansible. Une quantité imperceptible suffit pour se faire sentir dans un espace trèsétendu et pendant un temps considérable.
Le musc est un antispasmodique, mais ses effets ont été trop vantés.
Il est une autre espèce de musc, le musc végétal, dont les effets physiologiques sont plus appréciables que ceux du musc animal, et qu'on a employé surtout contre les attaques d’hystérie. On le retire de trois plantes, dont deux, l’adoæa moschatellina et la mauve musquée (malva moschata), appartiennent à notre flore, et dont la troisième, le mimulus moschatus, originaire de la Colombie, est confiné dans nos jardins.