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l'instrument. Ce travail se fait du mois de septembre au mois de novembre. Quand les écorces sont arrachées, on les met à sécher au soleil; plus elles sont minces, plus l’ action de la chaleur les roule sur elles-mêmes.
Tout le monde sait que le quinquina a pour propriété essentielle la guérison des fièvres intermittentes. Ce médicament admirable s'adresse particulièrement à l'élément périodique qui caractérise ces fièvres. Mais ce ne sont pas seulement les fièvres intermittentes qu'il fait cesser comme par enchantement. Toutes les fois qu’une maladie ou un symptôme morbide a revêtu la forme périodique; c'est-à-dire se reproduit à la même heure de la journée, ou bien à un intervalle de deux à trois Jours, mais à la même heure, l’administration du quinquina fait cesser, Comme par enchantement, cette affection périodique. Le quinquina est donc le médicament spécifique de la périodicité dans les maladies. Le nom de spécifique est parfaitement justifié par le quinquina, car il n’existe aucune autre substance, dans le monde organique ou minéral, qui jouisse au même degré de ce caractère thérapeutique, c’est-à-dire de l’action anti-périodique.
Les écorces des quinquinas doivent leurs propriétés anti- -périodiques à deux alcaloïdes végétaux, la quinine et lacinchonine, qui sont les principes actifs de ces écorces.
Parmi les divers quinquinas, le quinquina. jaune royal ou quinquina calissaya, est le meilleur fébrifuge , parce qu'il est riche en quinine, dont l’action fébrifuge est plus puissante que celle de la cinchonine. On distingue le quinquina jaune des autres espèces par la brièveté des fibres qui couvrent toute la surface de sa cassure, faite en travers, par la facilité avec laquelle ses fibres se séparent, par sa couleur uniformément fauve et non marbrée de blanc, enfin par sa dureté.
Le quinquina gris de Loxa, ou Huanuco, contient moins d’alcaloïdes fébrifuges que les autres espèces, mais il renferme proportionnellement plus de tanin. On doit donc l’employer surtout comme astringent. Le quinquina rouge contient à la fois du tanin et des alcaloïdes en quantité considérable. On devra donc le prescrire quand on désirera réunir les propriétés astringentes et fébrifuges. Mais cette dernière espèce est rare dans le commerce. |
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L'histoire de la découverte des propriétés médicinales des quinquinasestencore enveloppée d’obscurité. Avant l’année 1638, on ne connaissait pas encore les vertus de cette précieuse écorce. Joseph de Jussieu, frère d'Antoine et de Bernard, qui fut envoyé en Amérique en 1735, avec mission d'étudier l’histoire naturelle de ce pays, et d'envoyer au Jardin du roi les plantes de ces contrées, désigne positivement les Indiens du village de Malacatos, à quelques lieues au sud de Loxa, comme les premiers qui aient connu les propriétés du quinquina. Un jésuite atteint de la fièvre, fut guéri, dans ce village, par un Indien, qui lui fit connaître à la fois les vertus et l'écorce même du quinquina. De retour en Europe, ce jésuite apporta une certaine quantité de cette écorce à Rome; il en répandit l'usage , de sorte qu’en 1649, elle était déjà connue et portait le nom de poudre des jésuiles. .
D’après une autre version très-répandue, l’épouse du vice-roi du Pérou, comte de Chinchon, qui, en l’année 1738, était atteinte d’une fièvre intermittente, fut guérie, à l’aide du quinquina, par un corrégidor de Loxa. La comtesse rapporta en Espagne, en 1640, une grande provision de cette écorce salutaire, qu’elle distribuait elle-même aux fiévreux. De là viendraient le nom de poudre de la comtesse et celui de Cinchona qui fut donné plus tard par Linné au genre de plantes qui fournissent la précieuse écorce péruvienne. Cependant le nouveau remède fut mal accueilli au début. Les médecins de France et d'Italie essayèrent de le proscrire. Ce n’est guère qu'en 1679 que le quinquina devint d’un emploi général et qu'on reçut, en France, du quinquina en écorces.
Un Anglais, nommé Talbot, avait délivré Louis XIV, avec une surprenante facilité, d’une fièvre intermittente rebelle, au moyen d’un remède qu’il tenait secret. Le roi accorda à cet habile homme des titres de noblesse, et pour faire jouir le public des bienfaits d’un médicament dont sa royale personne avait éprouvé les vertus, il voulut acheter à Talbot son secret, qui trois ans après, fut publié par ordre du gouvernement. Or il se trouva que le remède de Talbot n’était autre chose qu'une teinture vineuse de quinquina très-concentrée. En vertu de la maxime regis ad exemplar lotus componilur orbis, le quinquina
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devint bientôt populaire , et trouva grande faveur auprès des médecins et du public.
En 1820, une découverte capitale fut réalisée par MM. Pelletier et Caventou. Ces chimistes isolèrent les deux principes actifs du quinquina, c’est-à-dire la quinine et la cinchonine. Aujourd'hui, la quinine remplace le quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. Son action est beaucoup plus sûre, car, avec la quinine, on peut connaître précisément la dose de substance active que l’on prescrit, tandis que les quinquinas du commerce varient beaucoup sous le rapport de leurs propriétés actives. Enfin on peut administrer ce médicament sous un petit volume, débarrassé du ligneux et du tanin, qui, lorsqu'on ordonnait le quinquina à hautes doses, fatiguaient l'estomac. La découverte de la quinine et de la cinchonine a fait époque dans l’histoire de l’art de guérir, parce qu’elle a appris aux chimistes à chercher et à découvrir dans les médicaments les plus employés, le principe actif auquel est dû leur puissance . thérapeutique.
Gentiane. — La gentiane est un tonique amer très-fréquemment usité. C’est la racine de gentiana lutea (gentiane jaune, grande gentiane), plante de la famille des Gentianées qui est usitée en médecine. La gentiane jaune est une belle espèce, qui croît ordinairement dans les montagnes des Alpes, de la Bourgogne, etc. Ses fleurs, grandes et de couleur jaune, forment un épi allongé. On en fait usage dans les fièvres intermittentes, dans le scorbut; elle est très-efficace pour prévenir et arrêter chez les enfants le développement des scrofules.
La petite centaurée, jolie plante annuelle, est commune dans les bois des environs de Paris, où elle épanouit au mois de juillet, ses élégants bouquets de fleurs roses. Elle est prescrite comme tonique ou comme fébrifuge. Ce sont ses sommités fleuries que l’on récolte et conserve pour l’usage médical.