‹ Le savant du foyerChapitre 78 sur 114 · TRES · texte numérisé non relu

TRES

être transporté d'Amérique, est considérablement comprimé. Il contient des corps étrangers, auxquels il s’est trouvé mélangé accidentellement lors de la récolte, de l'emballage, du transport et du déballage. Il faut le débarrasser de ces corps étrangers. Pour cela, on le soumet à l’action d’une force centrifuge assez énergique : la poussière se dégage, les corps durs tombent, et le coton est chassé dans la direction de la force centrifuge. Les machines employées dans ce but se nomment batteries, et l'opération elle-même louvetage. Mais le travail qui doit nettoyer le coton et lui rendre son élasticité naturelle, n’est encore qu'ébauché. On le complète à l’aide de deux machines, l’une le batteur éplucheur, l’autre le batteur étaleur. Dans la première, le coton est soumis au choc répété d’un axe en fer, tournant autour d'un point fixe, et décrivant des circonférences parfaites. La matière est présentée à cette sorte de roue par des cylindres, qui la reçoivent d’une toile sans fin. Dans la seconde machine, le EEE coton est disposé sous forme de nappe, par un vu au système de cylindres en rouleurs. M LoEteN

Pour ouvrir et dénouer les filaments , les redresser ün à un autant que possible, et les ranger parallèlement entre eux, ou carde le coton. Cette opération, réduite à sa plus simple expression, consiste à faire cheminer une couche de matière textile d'une certaine épaisseur entre les dents d’une carde, c’est-à-dire d'une série d’aiguilles d’acier recourbées, plus ou moins fines et plus ou moins rapprochées entre elles.

Il s’agit maintenant de réunir plus intimement les fils par des glissements successifs et parallèles, de continuer à les développer et à les condenser par des laminages répétés, de manière à les amener insensiblement à la forme d’un ruban d’une ténuité extrême et d’une parfaite homogénéité. La matière pourra ensuite être facilement transformée en fil. Dans le filage à la main cette préparation intermédiaire est pour ainsi dire inaperçue. La fileuse l’exécute en imprimant , par un mouvement simultané de ses doigts, un glissement et une compression à toutes les fibres qui doivent composer un fil. Dans la

filature mécanique, cet effet est produit par des additions et glissements multipliés des fibres textiles entre des cylindres qui sont mus de vitesses différentes. Le travail qui a pour but de former un ruban est désigné sous le nom d’étirage. Mais ce ruban ne présente ni la finesse , ni la régularité , ni la ténuité que les fils parfaits doivent offrir : pour leur donner ces caractères, il faut leur faire subir une dernière opération connue sous le nom de {aminage.

Pendant bien des siècles le travail mécanique des matières textiles était réservé aux ménagères, qui les transformaient en fils.

Elle vécut chez elle et fila de la laine

a-t-on dit d’une matrone romaine. Le tissage n’était également qu'un travail accessoire aux occupations rurales des hommes.

Les instruments usités pour filage, depuis les temps les plus éloignés, sont la quenouille et le fuseau. La transformation des fils en tissu se faisait, de même, manuellement, et avec une extrême lenteur.

C'est seulement au milieu du dix-huitième siècle, qu’en Angleterre, un pauvre fabricant de peignes à tisser, nommé Highs, inventa la célèbre jenny, ou machine à filer qui reçut le nom de la fille de l'inventeur. Dans cette importante machine, un certain nombre de fuseaux rangés par séries parallèles, marchaïient par un moteur commun, et produisaient le fil en opérant sur le coton réduit en ruban.

Cependant la jenny, première machine à filer, ne pouvait produire de fils pour la trame ; elle n’était pas assez complète pour donner la finesse, la résistance et la torsion uniforme qu’exigent les fils destinés à former la chaîne des tissus. Les manufactures anglaises étaient obligées d'employer pour la chaîne, du coton filé à l'étranger. C’est alors que Richard Arkwright, barbier de Preston, inventa une machine plus complète, connue sous le nom de métier continu. Get appareil a pour fondement une conception mécanique d’une simplicité merveil leuse, qui a suffi pour occasionner une véritable révolution sociale. Voici ce principe. Une mèche, ou ruban, de matière filamenteuse , étant engagée entre un sysième de cylindres (les

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cylindres inférieurs cannelés, les supérieurs polis) mus d’une vitesse différente, les cylindres par lesquels sort la mèche marchant plus rapidement que ceux par lesquels elle est introduite, il s'ensuit que cette mèche est forcée de s’allonger d’une quantité proportionnelle à la différence de vitesse des deux paires de cylindres. Ainsi se produit à la fois la transformation de la mèche de coton en un véritable fil, et l’entortillement ou torsion de ce fil. Dans le métier inventé par Richard Arkwrigth, la torsion s’opérait par un mouvement de rotation imprimé aux broches portant les mèches ou rubans.

En combinant les éléments les plus importants de la Jenny et du métier continu de Richard Arkwright, on créa le métier à filer par excellence, qui est connu sous le nom de mull-jenny. Tout le monde s’accorde à reconnaître à Samuel Crampton la gloire d'avoir résolu définitivement, par cette combinaison, le problème de la filature mécanique du coton. Richard Arkwright, s'il ne fut pas l'unique inventeur du métier continu, paraît avoir été l'âme, la personnification puissante de la révolution industrielle dont nous venons de tracer rapidement quelques traits. S'il n’en créa pas tous les ressorts, il les fit au moins jouer avec une énergie, une activité et un génie incomparables. La nation anglaise ne sut pas lui accorder la reconnaissance due aux services qu'elle lui devait; mais la possession d’une fortune immense consola Arkwright de l'injustice de ses compatriotes.

La figure 164 peut donner une idée élémentaire du métier mécanique qui sert actuellement dans les manufactures pour la filature du coton.

Le coton, en mèches ou rubans, est enroulé autour des bobines B, B; quand le chariot À se met en marche, il tire toutes les mèches enroulées autour des bobines, et les entraîne dans sa progression : sur leur route elles rencontrent le système de cylindres étireurs cannelés et polis G, qui a pour résultat, comme nous l'avons expliqué à propos de la machine primitive de Hings, de produire la torsion, l’entortillement du fil. Réduit à l’état de fil complet en sortant du jeu des cylindres élireurs, le coton est soutenu en l’air par une tringle dont l'extrémité est supportée par l'espèce de demi-cercle métallique D, lequel vient se placer, par le mouvement du chariot, sur le demi-cercle cor-

304 RePDE SAVANT DU FOYER.

respondant D’. Une fois parvenu à l'extrémité de sa course, le chariot revient à sa place en parcourant la même route le long d’un petit chemin de fer. Le mouvement des roues du chariot pendant ce retour se transmet au tambour T, au moyen d’une corde qui, passant ensuite sur la poulie P, fait tourner sur leur axe les dévideuses H, ce qui a pour effet d’enrouler le fil autour des bobines. Ainsi, la partie du coton filée par les cylindres C pendant le mouvement d'avance du chariot, est enroulée autour de la bobine pendant le mouvement de retour. Ces deux mouvements constamment répétés constituent tout le travail de la machine, qui opère seule, sans l’assistance de plus d’un ouvrier, toute l'opération de la filature. Il y a pour chaque atelier, composé d’une centaine de broches, deux chariots semblables, parfaitement symétriques, placés chacun à un bout de l’atelier, sur un rail de fer : ces deux chariots font marcher toutes les broches.

Telle est, au moins dans ce qu'elle a de plus essentiel, cette admirable mull-jenny qui a révolutionné l’industrie des tissus, et ouvert une ère toute nouvelle à la fabrication et aux échanges commerciaux entre tous les peuples du monde.

Nous terminerons l’histoire du coton en signalant à nos jeunes lecteurs les noms des tissus dans la fabrication desquels entre exclusivement le coton. Tels sont : le calicot, la percale, le madapolam, le jaconas, la mousseline, la toile à voile, les imitations de châles, les tricots, les tulles, etc.

Le chanvre et le lin.—Le chanvre (cannabis sativa) est une plante annuelle de la famille des Urticacées. Ses fleurs sont incomplètes, en d’autres termes, les unes n’offrent que des étamines, et les autres que des pistils. Ces fleurs uni-sexuées sont portées sur des pieds différents; on appelle improprement dans nos campagnes chanvre femelle celui qui porte les fleurs à étamines, c'est-à-dire les fleurs mâles, et chanvre mäle celui qui porte les fleurs à pistil, c’est-à-dire les fleurs femelles. La tige de ces plantes est droite, obtusément quadrangulaire, velue, rude au toucher, ordinairement creuse en dedans, haute de 1",40 à 2 mètres. Ses feuilles sont d’un vert foncé, rudes et d’une odeur

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Fig. 164. Mull-Jenny, ou machine pour la filature du

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forte. Ses graines nommées chènevis, servent à la nourriture de beaucoup d'oiseaux. Elles contiennent une huile grasse, qui est propre à l'éclairage, et que l’on fait entrer dans la fabrication du savon noir, c’est-à-dire du savon de qualité inférieure et à base de potasse.

On croit le chanvre originaire de Perse; mais il est depuis

. Fig. 165. Chanvre mâle.

longtemps acclimaté dans toute l’Europe. La nature d’un des éléments anatomiques de son écorce rend le chanvre très-précieux pour l’industrie humaine. On trouve, en effet, dans cette écorce, des tubes solides, incrustés d’une substance qui leur laisse leur flexibilité, tout en leur donnant une solidité remarquable. Ces fibres, qui appartiennent à la partie de l'écorce désignée par les botanistes sous le nom de Liber, sont très-allongées, et ont un diamètre qui varie de 0"-",01 à O"-" 093. Elles

constituent la filasse ou les fibres textiles du chanvre. On dit que pour obtenir une filasse fine et de qualité supérieure, il faut semer dru, c’est-à-dire de telle sorte, que les tiges étant très-rapprochées les unes des autres, elles soient forcées de s'élever beaucoup aux dépens de leur développement en grosseur, et que, pour avoir une filasse plus grossière et plus résistante, comme celle qui est destinée à la fabrication des grosses toiles et des cordages, il faut, au contraire, semer clair, afin que la plante se développe normalement.

Après avoir arraché les pieds de chanvre, on les lie par poignées, et on les fait bien sécher à l’air avant de les faire rouir. Nous allions voir, en parlant du lin, ce que c’ést que le rouissage; car cette opération, comme la plupart de celles qui servent à convertir les fibres végétales en matières textiles, sont les mêmes pour le chanvre et le lin, ce qui nous permet de réunir ces deux plantes industrielles dans une description commune.

Le lin, plante annuelle, originaire du grand plateau de la haute Asie, est depuis longtemps naturalisé en Europe. C’est le lin qui a fourni les premiers vêtements à l’homme. Martianus dit que les Égyptiens ont les premiers semé le lin, et que le prêtre Isis leur en fit connaître l’usage. Du temps de Moïse, le lin était cultivé en grand dans les mêmes contrées. Sous les empereurs romains, les Égyptiens étaient renommés pour leurs manufactures de toiles de lin. La culture du lin se répandit de très-bonne heure dans les Gaules et dans la Germanie. Aujourd’hui, la culture de cette plante est surtout très-développée en Hollande, en Belgique et dans le nord de la France.

C'est le lin commun (linum usitatissimum) qui est la seule espèce cultivée. Sa tige, ordinairement simple, est sensiblement plus fine que celle du chanvre; elle se ramifie vers le sommet, et porte des feuilles étroites, aiguës, placées alternativement à des hauteurs différentes. Ses fleurs sont d’un beau bleu ; le fruit est une capsule contenant dix petites graines. Quand le lin jaunit, que ses capsules s’ouvrent et que ses feuilles commencent à tomber, ce qui arrive ordinairement vers la fin de juin, il est parvenu à sa maturité. Pour en faire la récolte, on l’arrache par poignées, qu’on couche à terre comme le blé. Vingt-

quatre heures après, on le relève, et on en forme de petits paquets écartés du pied pour qu’ils se tiennent debout et soient plus facilement séchés par l'air. Lorsque la maturation et la dessiccation ont été ainsi complétées, on réunit les paquets, on les range en lignes nommées ormes. Quelques mois après la

Fig. 166. Lin.

récolte, on le met en gerbes, puis on le rentre en grange, où on en sépare la graine.

Pour séparer le lin de sa graine, on se borne souvent à le battre au fléau. Mais il existe pour égrener le lin un instrument appelé drége ou égrugeoir, qui accélère beaucoup le travail, C’est un peigne à dents de fer que l’on place, les dents en l’air, sur un banc, aux deux bouts duquel deux ouvriers drégeurs sont assis à cheval. On saisit à la main une poignée de lin, on écarte la touffe en éventail, et on la projette au travers du peigne, pour

qu’en retirant à soi, les graines se détachent et tombent sur une toile placée à terre. On fait passer aussi deux à trois fois la poignée de lin à travers le peigne, jusqu'à ce que toutes les graines soient tombées.

La graine de lin fournit, par l’expression au moulin, l'huile de lin pour l’éclairage. Les tourteaux privés d'huile servent à la confection des cataplasmes émollients dans les hôpitaux.

Fig. 167. Ouvriers égrenant le lin.

Les fibres libériennes du lin ont une grande ressemblance avec celles du chanvre, mais on peut les reconnaître à leur diamètre moindre et à leur aspect moins grossier.

Après avoir décrit isolément le chanvre et le lin dans ce qu'ils offrent de particulier comme caractères botaniques, nous comprendrons dans le même exposé les opérations que doivent subir les filasses de ces deux plantes pour être converties en fibres textiles.

La première de ces opérations, c’est le rouissage. Isoler complétement les fibres du chanvre ou du lin des matières non

textiles qui les environnent, tel est le but du rouissage, qui s’exécute de la même manière pour le lin et pour le chanvre. Gette opération était pratiquée chez les anciens par les cultivateurs du lin. Le rouissage s'effectue quelquefois en étendant les plantes sur le pré, et les retournant plusieurs fois par semaine, jusqu'à ce que la fasse se détache des autres parties qui, d'une contexture plus lâche ou plus altérable, ne peuvent SR à produire du fil. Ce procédé exige au moins 30 à 40 jours pour un traitement complet.

Le rouissage se fait plus habituellement par l’action de l’eau, qui provoque une espèce de fermentation, et débarrasse assez rapidement le chanvre ou le lin des fibres non textiles. On enfonce les bottes de lin et de chanvre dans un ruisseau, dans un étang ou dans des fosses pratiquées à cet effet. Ce dernier moyen est avantageusement remplacé dans certaines localités par l’usage de caisses à claire-voie, dans lesquelles on dispose

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Fig. 168. Caisse à rouissage pour le chanvre et le lin.

les tiges à rouir. La figure 168 représente une de ces caisses divisée en compartiments, et que l’on enfonce dans l’eau avec les bottes de chanvre ou de lin. L'eau se trouble bientôt, elle se teint d’une couleur jaunâtre et exhale une odeur fétide. À ces indices, on reconnaît que la décomposition de la matière étrangère s'effectue. Dans nos climats et dans les eaux stagnantes, le rouissage est terminé au bout de cinq à huit jours.

Le rouissage ainsi pratiqué est une opération grossière et

malsaine, car les lieux dans lesquels elle s'opère, sont infectés par les émanations putrides de ces matières végétales, qui provoquent souvent des maladies fatales aux hommes et aux animaux. Les mécaniciens, les chimistes, les agriculteurs, se sont évertués, à l’envi, pour faire disparaître cette pratique ancienne et peu digne de notre époque, et exécuter par des ma= chines le travail du rouissage; le gouvernement encourageait ces efforts, mais tout est demeuré infructueux Jusqu'ici.

Quoi qu’il en soit, après le rouissage il faut séparer la chénevoite des fibres textiles, ou, comme on dit, teiller le chanvre ou le lin. On teille le chanvre et le lin à la main, ou bien on se sert d’un instrument grossier construit presque partout de la même manière, et connu sous le nom d’écangue. Il se com-

Fig. 169. Ouvrier écanguant le lin.

pose de deux parties principales, la mdchoire et le chassis. La mâchoire est mobile; elle se meut de haut en bas. L’ouvrier

LES TISSUS ET LES VÊTEMENTS. Se)

frappe le lin avec cette sorte de couteau, qui peut entrer dans une fente médiane et longitudinale du châssis. Par ce choc, la chèvenotte, qu’on a placée transversalement sur la planche, est brisée et ses débris dispersés. On a cherché de nos jours à modifier et à perfectionner ces machines. Dans la machine à -teiller de Hoffmann, les tiges sont soumises à l’action d’un double système de couteaux, les uns fixes, les autres mobiles.

M. Bourdon-Quesnay, de Geurre (Seine-Inférieure), a imaginé un appareil destiné à remplacer l’écangue. Il se compose d’une roue munie de quatorze ailes de bois, mises en mouvement par un ouvrier à l’aide d’une manivelle. On présente aux

Fig 170. Machine à teiller le chanvre et Le lin.

ailes de la roue une poignée de lin, qui est bientôt dépouillée de sa chènevotte et réduite à l’état de filasse. Lorsque le chanvre est tillé, c’est-à-dire réduit à l’état de

matière textile, il faut le battre pour l’assouplir. On se sert dans ce but, de marteaux verticaux soulevés par des cames, qui retombent sur la matière à battre lorsque ces cames abandonnent les marteaux. Mais plus souvent on fait usage d’une pierre de forme cylindrique, roulant sur une autre pierre circulaire un peu concave. Ce système de machines est connu en Auvergne sous le nom de mouillerées.

Pour séparer complétement les fibres les unes des autres, les débarrasser de tous les corps étrangers, leur donner de la flexibilité et de la douceur au toucher, enfin pour les ranger parallèlement entre elles, on soumet le chanvre et le lin au peignage. On fait passer la matière textile sur des cardes , C'està-dire sur des dents ou aiguilles métalliques fines, qui sont d'autant plus fines et plus rapprochées entre elles que la matière à travailler est plus délicate , ou que la période du travail est plus avancée. On ébauche le travail avec ces machines et on le termine à la main. Outre les filâments longs qui sont ainsi dégagés , il se sépare dans cette opération, une foule de brins courts, qu'on nomme éfoupes, qu'on travaille de nouveau à la carde et qui sont utilisés pour des produits de qualité inférieure.

Le lin et le chanvre étant réduits en filasse peignée , il reste à les amener à l’état de fil. Le lin et le chanvre sont restés longtemps rebelles à la filature mécanique. Le problème fut résolu, sous le premier empire, par un de nos industriels les plus éminants, Philippe de Girard. L'empereur Napoléon Ier avait promis, par un décret, un million au mécanicien qui résoudrait le problème de la filature mécanique du lin. Philippe de Girard créa l’admirable métier qui porte son nom; mais la récompense ne lui fut pas décernée, et il mourut pauvre et délaissé. Les Anglais ont, avant nous, compris et appliqué les belles conceptions de Philippe de Girard.

Dans les machines à filer le lin, le peignage fournit des mèches d’une longueur limitée, qu’il faut souder une à une pour en former d’abord un ruban indéfini : ce travail de la première formation du ruban, est exécuté par ‘une machine que l’on connaît sous le nom d’étaleuse. Le ruban étant formé, on le lamine, l’étire et le double par des machines à étirer qui

ne diffèrent de celles employées pour le coton que par des séries de peignes qui ont pour fonction de maintenir et de guider les filaments en ligne droite, de les assembler aussi parallèlement que possible. Enfin, on file ces rubans à l’aide de métiers à mouvement continu.

Le chanvre et le lin nous donnent les toiles à sac, les toiles de ménage, les toiles à voile, les coutils, les batistes, les tricots , les dentelles, les filets, etc.

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