‹ Le scandale au theatre Georges d'HeillyChapitre 3 sur 11 · XI · texte numérisé non relu

XI

ou SS VENDENT LIS BOLETS D'AUTBOB.

Les dépôts de billets d'auteurs sont établis chez les marchands de vins ou autres, qui se trouvent asstt pcès du tliéàtre pour faciUtor Ul vente do. ces billets eu public.

Il faut remarquer que la police, qui tolère cet euceOt défend aux (narcbaudsxle venir sur la voie

publique proposer leur marchandise. Or, ce règlement spécial est perpéludiement ioéiécuté. Les marchands *8ont généralement deux, trois et quatre à la fois pour cette exploitation singulière.

L'un se tient dans la boutique qui est le siège de l'administration; le second reste sur la porte ' et interpelle les passants: Des bUletsmoifu eher$ qri'au bureau! M moneieur! leiroisîème va, aux alentours du théâtre, harcerer les gens qui font la queue, avec les mêmes *oiïres tentantes et trop souvent écoutées. Le quatrième enfin , sert d'in* termédiatre entre le premier et les deux autres. Il est le courrier, raidc-de-cainp, le factotum. Il vient chercher les billets, les porte et revient rendre compte des opérations qui «nt été faites.

ATOpéra, l'entreprise de la vente des billets a lieu en deux endroits à la fois. A droite du thé&tre, rue Lepelletier, est une petite salle où se trouve le plan de l'Opéra. Un monsieur assez poli, vous loue littéralement tout ce que vous pouvez désirer. Ses agents se promène^it devant la porte, près «des affiches, et surtout devant le bureau de location.

(l'est à la porte du bureau de location de nos théâtres que se lient principalement dans la jour-^

née le marchand de billets. Si vous venea poUr louer des places, Il vous en offrira au dessous du

cours ; s'il n'y en a plus, il vous fera payer horriblement cher celles que sa petite administration a éu l'habileté de louer avant vous au bufeau même du théâtre. - *

A ropéra, la vente des billets du soir a lieu chez le marchand de vins qui fait face au théâtre. Le trâûc se §à\i sur la porte, sur le trottoir et dans le passage de l'Opéra.

A rOpéra-Coniique, les marchands de billets stationnent pendant le jour à la porte du bureau de location; vous- les pouvez voir âiire faction depuis onze heures jusqu'à six heures. Ds sont trois et se relayent d'heure en heure.

Le soir, ils vendent leurs places, chez deux marchands de vin; l'un est situé rue Marivaux auprès du Café Anglais ; l'autre rue Favart^au coin de la rue d'Amboise.

Auïbéâitre-FraDça(s,ia chose se (ait d'une façon plus convenable et plus secrète: ceux qui connaissent les marchands peuvent seuls découvrir leur retraite qui est rue Montpensier, dans un petit bouge noir et caverneux. Ceux-là ne vous font pas ùSttr de billets amt alontoiirs du Ihéàtroi

et n'en vendent d'ailleurs qu un nombre ^ssez restreint.

Les marchands de billets du Théâtre-Impérial ItalîeD, sont établis aux coins des rues Méhul et

Monsigny. Ils ont peu de billets ; ils se procurent ceux qu'ils vendent aaprès des personnes auxquelles le théâtre paye une redevance anmidle en stalles et en loges. 'A ce théâtre, les droits d'auteurs n'existant pas, il serait difficile que les marchands pùssent vendre d'autres biUets que ceux qu'ils achètent^au bureau, ou que leur cèdent les créanciers de l'administration.

ÀTOdéon, quatrième Théâtre-impérial^ la vente des billets est d'un médiocre rapport, et se iait chez le marchand de vin qui est au coin de. la rue de Condé.

Les marchands du Théâtre-Lyrique occupent un cabinet spécial» ches le marchand de Tins qui est à gauche du théâtre. Il y a dans cette petite chambre le plan du théâtre, et des billets de toutes places. Le marchand principal a ses délégués qui vont du café au théâtre, vous interpellent et vous arrêtent quelquefois an passage.

Au Gymnase, le magasin d'un parfumeur bien connu, situé â la gauche du théâtre, sert d'asile

aux marclutods; les agents de cette petite boutique se promènent sur le trottoir, et vous font leurs offim de service usque sur les manibes du

Uiéâtre.

Le Yaudeville a ses marchands placés chez le marciiand de vins qui fiiit le coin de la place de la Bourse et de la rue Yivîenne : tes aides de rentreprise commercent sur le trottoir et devant le théâtre, depuis le siège de Tassociatiou, jusqu'à la rue de la Bourse.

C'est chez le deuxième marchand de vin de la rue Montmartre, à partir du boulevard, que sont établis les vendeurs de places des Variétés, qui vont de cet adroit jusqu'à la rue Ylvienne, pour trafiquer de leurs billets.

Le petit marchand de vins situé à l'angle de la rue de Beaujolais et de .la rua Yivienne sert de boutique anx mardiands de places du théâtre du Palaîs-Royal. Avant d'arriver là vous serez arrêtés dix fois par le macçhand de ceintures élastiques et autres préservateurs contre les maux- secrets- de^ notre fiiible humanité I .

J'ai dit plus haut que le marchand de billets de la Porte-Saint-Martin, avait élu domicile à gauche du théâtre, sous une porte cochère.

Je dirai plus loin, et aivec détails, que les deux marcbauds de vins, rue de Bondy , près FAmbigu , abritent les vendeurs de billets de ce théâtre..

A la Gaîlé, le vendeur de places est cbezle marchandée vins qui est à la droite du théâtre.

Celui du Cirque-Impérial est à gauche du théâtre, chez un grand marchand de vins à c6ié du Théâtre-Lyrique.

C'est chez un débitant de tabae^ à droite de ràncienne salle des Folies-Nouvelles , que ces marchands de billets vendent les places du Théâtre-Déjazet.

' Un pâtissier du passage-Choiseul, à gauche des Bouffes-Parisiens recèle les trafiquants de billets du théâtre de M. Offeubach. ' *

Je ne crois pas que ce trafic ait lieu au théâtre des Folies-Dramatiques qui vît bien sans cela» non plus qu'au théâtre des Délassements-Comiques.

Le commerce de ces gens et la manière dont ils le fout, me représente assez le métier de certaines filles vouées aux plaisirs publics qui interpellent et arrêtent les passants au moyen de promesses doucereuses et les insultent s'ils résistent à leurs Mîharmes de contrebande.

Certes il est difiOcile, je le sais, d'empédier ces

marchiùiids de vendre les places que les auteurs et le théfttre leur donnent pour en feîre commerce»

mais on pourrait tenir très sérieusement à ce que la loi qui lesrégit tàt observée strictement par eux. U leur est défendu de sortir de rendroit«fixé pour leur vente, et jusqu'à ce jour leurs empiétements ont pris des proportions considérables. Qu'on exige qu'ils restent chez eux! Ceux qui les voudront aller chercher, sauront bien le foire sans avoir besoin d'excitations, et ceux qui ne les connaissent pas, prendront leurs billets au bureau du théÀtre, qui y gagnera ainsi ce que ces marchands y perdront, sans que nous y voyions aucun inconvénient.

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