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privilège, qui surpasse et résume à lui seul tous les autres, c’est le vôtre, cher confrère. Mourez pieusement revêtu de ce saint habit, et vous serez préservé des feux éternels.
Deuxième privilège. — Non contente de présérver ses enfants du feu de l'enfer, la sainte Vierge voulut encore les protéger jusque dans le purgatoire. Elle leur promit de les consoler, de les soulager jusque dans le purgatoire, et même de les en délivrer très promptement. Ce second privilège, qui corrobore, en quelque sorte le premier, fut accordé au vicaire même de Jésus-Christ, au pape Jean XXII, qui s’empressa de le publier dans toute l'Eglise. Ce privilège, étonnant comme le précédent, est la pro-
priété de quiconque meurt revêtu du
scapulaire de Notre- Dame du Carmel.
Faveurs et privilèges accordés à lOrdre bar l'Eglise. —En présence de faveurs célestes aussi signalées, les Souverains Pontifes s’empressèrent de se faire les échos de la voix du ciel. Nonseulement ils prirent l'Ordre sous leur piotection, mais encore ils l’enrichirent de nombreuses indulgences et de faveurs spirituelles toujours croissantes. Le Révérend Pére
Brocard, dans son livre intitulé Zxs{ructions sur le Scapulaïre, cite quatre-vingts papes qui ont donné des bulles en faveur de l'Ordre du Carmel. Citons quelques-unes de ces faveurs.
Portioncule.— Au premier rang se trouve l'indulgence de la Portioncule, étendue tout dernièrement par Sa Sainteté Léon XIII, à toutes les églises et chapelles de l'Ordre. Cette indulgence, unique en son genre, est fixée au 16 juillet. Elle commence la veille vers deux heures de l'après-midi, et finit le 16 au soir au coucher du soleil. Quiconque, pendant ce temps, visite une église ou chapelle de Carmes ou de Carmélites peut, aux conditions ordinaires, gagner autant d'indulgences plénieres qu'il fait de visites. La chapelle des Carmélites à Montréal jouit de ce privilège insigne.
Outre cette faveur, accordée d’abord par Notre-Seigneur lui-même au ‘séraphique saint François d'Assise, les Souverains Pontifes ont concédé de nombreuses indulgences plénières, et de riches indulgences partielles, tant aux religieux personnellement qu'aux églises et chapelles de l'Ordre.
Ils y ont même ajouté les indulgences et
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les privilèges attachés au sept principales églises de Rome. Eh bien ! par une concession du Saint Siège, dans toute localité, oùiln'ya pas d'église de l'Ordre, le confrère du scapulaire, en visitant une chapelle de la confrérie, ou, à son défaut, sa propre église paroissiale, peut gagner les mêmes indulgences que s’il visitait les sept principales églises de Rome. Il y a encore un grand nombre de faveurs et d’indulgences tant plénières que partielles dont le lecteur trouvera l'indication à la fin de cet ouvrage.
On le voit, l'Eglise verse avec abondance des trésors de grâces sur ses enfants du Carmel. Elle leur ouvre des voies de salut plus larges qu'aux simples fidèles.
Ainsi toutes choses égales d’ailleurs, le confrère du scapulaire en visitant aux jours marqués, l’église de sa confrérie, ou à son défaut, sa propre église paroissiale, peut obtenir une rémission plus complète de la peine due à ses péchés, que le simple fidèle priant dans la même église avec les mêmes dispositions. Bien plus, grâce àson scapulaire, il sera désormais l’enfant privilégié de Marie. Il obtiendra plus facilement des grâces de choix; il aura un accès plus
facile auprès de son cœur de mère, en un mot, il recevra toujours plus que le fidèle ordinaire dans les mêmes conditions.
Mérites, prières, bonnes oeuvres de l’Ordre et de ses saints. — Ce n'est pas tout, aux trésors célestes que nous venons de mentionner, il faut ajouter les richesses privées du Carmel, je veux dire les mérites, les prières, les bonnes œuvres de l'Ordre et de ses saints.
La prière, cette clé du ciel, est continuelle au Carmel. Or, l'Esprit-saint nous dit que: “Za prière assidue du juste a beaucoup de valeur auprès de Dieu (1).
L'’abstinence. — A l'esprit de prière qui caractérise le Carmelse joint encore l'esprit de pénitence. Ainsi l’abstinence de la viande est perpétuelle dans ce saint Ordre.
C'est un point formel de la règle. Qui ne sait le prix que Dieu attache à cette pénitence! Les livres saints abondent en traits quil’affirment. Citons entre autre l’histoire du prophète Daniel et de ses compagnons.
Exemple du prophète Daniel et de ses compagnons. — Après s'être emparé de Jérusalem, Nabuchodonosor voulut avoir à sa cour, quelques jeunes gens de la
(1) Saint Jacques, ch. V, v. 16
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nation juive qu'il avait emmenée en captivité à Babylone. Le choix tomba sur Daniel et trois de ses compagnons. L'intention du monarque était d’en faire des hommes accomplis à tous égards, afin de les garder à sa cour. Il voulut donc gw'on les nourrit des mets de sa table, et qu'on ne leur fit boire d'autre vin que celui dont il buvait. Or Daniel, craignant sans doute de souiller sa conscience, ou par les viandes défendues aux juifs, ou par les mets déjà offerts aux idoles, ou enfin par l'excès de la bonne chère, sollicita pour lui et ses compagnons la permission de ne manger que des légumes et de ne boire que de l’eau.
Sa demande fut d’abord rejetée. Il finit cependant par obtenir un essai de dix jours.
L'officier spécialement chargé de lui et de ses compagnons ne leur servit que des légumes et de l’eau. Ce maigre régime, loin de nuire à leur santé, les rendit plus beaux et mieux portants que tous les jeunes gens délicatement nourris à la table du roi.
Cette bénédiction extérieure fut accompagnée de faveurs bien supérieures à celleci. Dieu donna aux jeunes Hébreux un esprit de pénétration qui leur ouvrit la clé de toutes les sciences ; il les dota en outre,
d'un grand esprit de sagesse. Et quand, au temps marqué, le roi interrogea les jeunes gens de sa cour, il ne trouva personne digne d'être comparé à Daniel et à ses compagnons. Ceux-ci surpassèrent même, et de beaucoup, l'intelligence, la sagesse et la science de tous les sages et de tous les devins de son royaume.
Toutefois Daniel, qui avait pris l'initiative de l’abstinence, fut incomparablement plus favorisé que ses compagnons. Dieu lui accorda le don extraordinaire d’expliquer les songes ; il lui dévoila les secrets de l'avenir à un si haut degré, que ses célèbres visions l’ont classé parmi les grands prophètes.
Jeûne. — Au Carmel, le jeûne commence le 14 septembre et ne finit qu'à Pâques. C'est dire qu'il se prolonge pendant sept à huit mois de l’année; outre cela, le jeûne est observé tous les vendredis de l’année, toutes les veilles des fêtes de la sainte Vierge et de quelques saints de l'Ordre. De plus, pendant le carême de l'Eglise, les jeûnes des Quatre-Temps et des Vipgiles, les œufs, le beurre, le laitage sont absolument interdits. Le pain, le poisson, les légumes, l'huile, le vinaigre sont les seuls
aliments permis au Carmel. La collation, du moins au Carmel de Montréal, est de six onces de nourriture; trois onces de pain, quelques fruits secs composent toute cette légère collation. L'expérience d’une seule semaine ferait comprendre au plus indifférent ce qu’un tel régime coûte d’abnégation à la nature humaine. Mais aussi quel n’est pas l'effet de cette longue pénitence sur le cœur de Dieu! N'est-ce pas à un jeûne rigoureux, dans la cendre et le cilice, que les nabitants de Ninive durent leur salut ? Qui sait de combien de fléaux les jeûnes d’un couvent de Trapistes, d’un monastère de Clarisses ou de Carmélites préservent le monde!
A l’abstinence et au jeûne dont nous
venons de parler, il faut ajouter les com-
munions, les chemins de croix, les pénitences d'usage. Par exemple, c’est une coutume immémoriale de ne jamais boire entre les repas, de ne s'asseoir que par terre, de ne prendre que sur la dure le repos de la nuit, etc., et beaucoup d’autres pratiques qu'il serait trop long d'énumérer.
Ce trésor de bonnes œuvres est encore considérablement augmenté par les prières ardentes, les élans du cœur de ces vierges
d'élite qui ne vivent que pour glorifier Dieu et sauver des âmes. Ajoutez à tout cela les mérites surabondants du prophète Elie, de saint Jean de la Croix, de sainte Thérèse, qui a converti à elle seule autant d'’âmes que saint François Xavier, lequel cependant avait baptisé des milliers et des milliers de païens. Enfin les mérites de cette phalange de saints qui ont illustré le Carmel complètent ce riche patrimoine.
Or, ces biens spirituels sont à la disposition des confrères du scapulaire, Ainsi, un Carme prie, se mortifie: en Chine, en Espagne, tous les fidèles qui portent le scapulaire profitent de cette prière et de cette pénitence ; si toutefois ils n'y mettent pas d'obstacle. Il en est de même de toutes les bonnes œuvres que nous venons d'énumérer. Il faut donc en conclure que le Carmel est une source de bienfaits et que cette source coule dans toutes les âmes qui lui sont unies par la confrérie du scapulaire,