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la mort, Marie, le Xefuge des pécheurs, triomphera du coupable revêtu du scapulaire. Elle fera plutôt un miracle pour cela, soit en lui prolongeant la vie, soit en lui procurant la faveur de se confesser, soit en lui obtenant la grâce insigne d’une contrition parfaite.
Les annales du Carmel sont remplis de faits miraculeux de ce genre. Nous nous bornerons à rapporter ce qui est arrivé à un soldat dans la Caroline lu Nord. Voici le fait, tel qu'il est raconté dans les CÆroniques du Carmel, de Bruxelles.
Trait. — Protation obtenue par le saint scapulaire. — Marie et le soldat mourant.— Pendant l'attaque dirigée par le général Fosses sur Goldsborough dans la Caroline du Nord (Etats-Unis) au cours de la guerre de sécession, un jeune soldat, atteint par un boulet, fut laissé pour mort sur le champ de bataille. Incapable de parler, il avait pourtant conscience de son état, et il entendait, non loin de lui, des hommes d’ambulance, venus après le combat pour ramasser les blessés. — Sainte Mère de Dieu, se disait-il en lui-même, je suis en péché mortel, ne me laissez pas mourir sans un prêtre. Comme réponse à sa prière, ceux
qui portaient les blessés sur un brancard, arrivèrent jusqu'à lui. Mais, s’apercevant qu'il touchait à sa fin, ils se dirent avec insouciance :— “ Oh ! inutile de nous arrêter pour celui-là, il sera mort avant que nous l'ayons norté jusqu’à l’ambulance.”— Et ils s'éloignèrent, laissant le malheureux qui avait entendu leurs paroles sans pouvoir cependant donner aucun signe de vie, Se voyant ainsi abandonné des hommes, il supplia la très sainte Vierge plus instamment de ne pas permettre qu'il mourût avec ses fautes sur la conscience. Déjà les gardes de l’ambulance étaient à une certaine distance, lorsque, l’un deux, plus humain que les autres, dit à ses compagnons: “Il faut que je retourne à ce malheureux ; je ne puis laisser un camarade mourir comme cela, sans essayer de le sauver.”
Il revint avec quelques autres, et lorsqu'ils furent près du blessé, celui-ci retrouva assez de force pour leur dire : “ Pour l'amour de Dieu, empertez-moi d'ici !”
* Ils le miremt sur un brancard et le portèrent au camp, ou d’autres soldats, en grand nombre, luttaient contre la mort.
Quand vous les blessés furent ramassés, ils.
furent transportés à l'hôpital militaire de Newcoborn, desservi par les sœurs de la Merci. C'était un long et pénible voyage, d'environ trois jours, et les souffrances de
ces pauvres gens augmentaient par la
chaleur et la fatigue; mais là enfin, ils trouvèrent le repos et les soins nécessaires.
Quand le médecin eut sondé et bandé les plaies du pauvre soldat, qui avait imploré avec tant de ferveur les secours de la sainte Vierge, il dit aux sœurs qu'il n’y avait pas la moindre espérance de guérison, que la mort était imminente et pouvait arriver d'un instant à l’autre. Le malade ayant perdu connaissance pendant l'opération, l'une des sœurs s'installa à son chevet, épiant un moment lucide, pour le disposer à paraître devant Dieu. Après quelque temps, elle s’aperçut qu'il cherchait quelque chose, et que, l'ayant trouvé, il ouvrait les yeux avec un air de satisfaction. Se penchant vers lui pour savoir la cause de sa joie, et lui dire quelques bonnes paroles, elle le vit serrer étroitement son scapulaire. ‘“ Bénie soit la Mère de Dieu, ma sœur, dit-il, elle a écouté ma prière et ne m'a pas abandonné.”
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Alors, en paroles entrecoupées, il lui dit la frayeur qu’il avait eue de mourir en état de péché sur le champ de bataille, et la prière qu'il avait plusieurs fois répétée :
“ O bonne Vierge, je suis en péché mortel, ne me laissez pas mourir sans un prêtre.”
Et maintenant, ma sœur, continua-t-il, amenez-en un sans retard; je sais que je n'ai plus longtemps à vivre, et il y a bien des années que je ne me suis confessé.
L'aumônier de l’hôpital accourut près du moribond, qui, avec la plus grande ferveur, se réconcilia avec Dieu, reçut l'Extrême-Onction et le saint Viatique.
Quand la sœur l'eut aidé à faire son action de grâce, il lui ouvrit son cœur :
“ Depuis mon enfance, dit-il, j'ai mené une vie de vagabond et d’insouciant ; je ne me suis pas approché une seule fois des sacrements depuis ma première communion. Mais j'ai toujours conservé un peu d'amour pour la sainte Vierge; car, dès mon enfance, ma mère, une brave Irlandaise, avait implanté sa dévotion dans mon cœur. En m'enrôlant dans une des compagnies militaires, si rapidement formées en ces derniers temps, j'ai eu soin de me procurer deux scapulaires, comme deux pièces
nécessaires à mon équipement. J'ai eu raison de me placer sous le patronage de Marie, elle m'a protégé visiblement.”
Les sacrements reçus lui avaient .rendu un peu de force pour quelques heures ; mais bientôt il retomba dans une faiblesse extrême, et, le soir du second jour après son arrivée à l'hôpital, il rendit paisiblement son âme à Dieu (1). Et en lui, comme en tant d’autres, s’est vérifiée la promesse si consolante de la sainte Vierge: “ Quiconque mourra revêtu de ce saint habit sera préservé des feux éternels.”
Une conversion si tardive est sans doute aussi risquée que précieuse. Un retour semblable, entre les bras de la mort, et si subit, est une grâce de choix. Il serait téméraire de compter sur un tel secours à l'heure suprême, surtout quand on a été longtemps infidèle à tous ses devoirs religieux, Dansle cours ordinaire des choses, l'amour de Dieu ne succède pas aussi rapidement à l'indifférence ou à la baine, qui sont le fruit du péché. Mais, hâtons-
nous de le dire, ce qui paraît impossible à l’homme sous l’action ordinaire de la grâce,
(1) Chroniques du Carmel (Alost en Belgique), année 1892, No. 11.
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devient possible à la Mère de miséricorde dont la puissance est sans limites. En un instant, elle peut amollir le cœur le plus endurci, car elle tient dans ses mains la clé de toutes les grâces du ciel. Or, la grâce est toute-puissante sur le cœur de l’homme.
Elle triomphe, quand Dieu le veut, avec la plus grande facilité, et sans aucun préjudice du libre arbitre, des inclinations les plus perverses et des habitudes les plus invétérées : témoin le bon larron converti sur la croix, et saint Paul terrassé sur le chemin de Damas.
Puisque Marie est Dispensatrice des grâces, il lui est donc facile de changer subitement les dispositions, et de faire naître le repentir dans les cœurs les plus endurcis. Qui pourrait douter qu’une mère aussi bonne n’employât pas sa toute-puis-.
sance pour secourir ses enfants chéris mourant avec leur scapulaire ? D'ailleurs,
la très sainte Vierge s'est engagée solen-
nellement, et dans les termes les plus formels, à préserver des feux éternels, quiconque mourrait revêtu de ce saint habit.
Elle est donc liée par sa promesse. L’histoire du saint scapulaire est là pour attester, depuis six siècles qu'elle tient fidèlement
son engagement. Sa fidélité passée est garante de sa fidélité à venir. Oui, à l'heure suprême, la divine Vierge obtiendra, certainement, à tout confrère revêtu du scapulaire, la grâce du salut, c’est-à-dire, la grâce de remplir les conditions exigées pour une vraie réconciliation avec Dieu.
Au surplus, la vive confiance que certains pécheurs ont dans le scapulaire du Mont- Carmel, ainsi que la ferme volonté de le porter fidèlement jusqu’à la mort, ne sont rien moins que des grâces spéciales. Pourquoi, en effet, ces pécheurs tiennent-ils tant à leur scapulaire? N'est-ce pas parce qu'ils ont foi en la vie future, au ciel et à l'enfer ? — D'où vient qu'ils se sont laissé convaincre que, par le scapulaire, ils pouvaient plus facilement obtenir la grâce d'éviter les feux éternels? N'est-ce pas parce qu'ils croient que l’Immaculée Vierge Marie est véritablement la Mère de Dieu, et qu’elle est toute-puissante sur le cœur de Jésus son divin Fils? Le saint scapulaire procure donc déjà des grâces précieuses à ces pécheurs, puisqu'il contribue à maintenir en eux la foi, fondement du salut,
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