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CHAPITRE X

Le saint scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel : ‘‘ signe de salut et sauvegarde dans les périls.”

Ye ONSIDÉRATIONS généra.

AN les. — Tant que nous vivons S sur la terre, notre âme, naà turellement liée à notre corps, ne comprend et ne connaît qu’à l’aide des sens. Dans l’ordre naturel, tout ce qui échappe totalement aux sens n’est connu que bien imparfaitement.

L'aveugle, ne pourra jamais connaître la beauté du jour ou la différence des couleurs, tant que ses yeux seront fermés à la lumière. Voilà pourquoi, Notre-Seigneur choisit dans

du re-

les sacrements des signes sensibles, comme des instruments qui produisent sa grâce dans les âmes.

Dans l'ordre naturel, le signe ne fait

qu’annoncer la présence ou la puissance de

ce qu'il signifie. Ainsi, la fumée indique la présence du feu. Toutefois, les r1nports qui existent entre le signe et ce qu'il signifie, sont si intimes et si nécessaires que, la plupart du temps, la sinple vue du signe présente à l'esprit la chose signifiée, et parfois quelques-uns de ses effets. Par exemple, qu'une épaisse fumée sorte du toit d’une maison ; l'idée du feu transporte immédiatement les habitants vers le lieu du sinistre, pour éteindre l'incendie qu'ils ne voient pas. Le signe est donc utile, non seulement en ce qu'il annonce ce qu'il signifie, mais encore en ce qu'il manifeste souvent les effets de ce qu'il dénote. Ainsi, la vue d'une trace récente de lion est l'indice d’un danger ; ce signe suffit parfois pour faire rebrousser chemin à l’homme désarmé.

Pour la même raison, le drapeau s'identifie avec la puissance de l’armée, dont il est le signe de ralliement. Insrlter un simple citoyen, c’est insulter un homme; insulter le porte-drapeau, c’est insulter l’armée. Et,

hu no mn at sat tr $. …

bien que le drapeau n'ait aucune vertu par lui-même, il indique cependant la force de l’armée, parce que chaque soldat, en s’enrôlant sous son égide, s’est engagé à le défendre et à le protéger partout où il sera attaqué. Celui qui le porte, n’est pas un homme isolé ; il a droit à la protection de tous les régiments de la nation. Et de fait, le drapeau s'identifie avec la force de l’armée. Quiconque le voit, voit l'armée en puissance. Îl inspire la même terreur que l'armée elle-même.

Le scapulaire signe de salut.— Dans l’ordre surnaturel, Dieu a souvent indiqué sa puissance ou sa protection par des signes sensibles. C'est ainsi qu'il mit un signe sur Caïn afin que ceux qui le renconéreraient ne le tuassent pas (1). C'est pour la même raison qu'il fit prendre une verge à Moïse pour opérer ses miracles. Aussi quand le libérateur des Israëlites frappait l'Egypte de plaies épouvantables, quand il divisait les eaux du Jourdain, etc., il avait toujours en main cette verge mystérieuse comme un indice de la puissance surnaturelle dont il était revêtu.—Au moment de (x) Gen. IV, v. 13

frapper de mort tous les premiers nés d'Egypte, le Seigneur ordonna aux Hébreux de prendre le sang d'un agneau, d’en mettre sur le haut des portes, et il ajouta : Le sang sera un SIGNE qui me fera connaître les maisons où vous demeurez ; et la plaie de mort ne vous touchera point lorsque j'en frapperai toute l'Egypte (1). Tous ces signes ne renfermaient aucune vertu en eux-mêmes, mais il ne garantissaient pas moins une protection spéciale de Dieu.

C'est dans ce sens que le scapulaire du Carmel est w signe de salut. Quand la très sainte Vierge apparut au bienheureux Simon Stock, elle lui remit le scapulaire en lui disant: Voici un signe de salut, quiconque en mourra revêtu sera préservé des flammes éternelles. Depuis ce jour mémorable, le scapulaire est devenu ## signe convenhionnel de salut à chaque fois qu'il se trouve au cou du moribond. Car sous cet habit céleste sont cachées la puissance et la protection de la Reine du ciel, comme sous le drapeau se trouvent réunies la gloire et la force de la nation. Or la puissance de la Vierge Marie est invincible et sa fidélité inviolabie. S'il le faut, elle fera

(1) Exode XII, v. 13. | |

un miracle, plutôt que de laisser mourir quelqu'un avec le scapulaire sans être préparé pour le ciel. Sa parole, son honneur y est engagé. Et bien que le scapulaire n'ait aucune vertu par lu: même, toutefois, il s'identifie tellement avec la puissance de

la Vierge Marie que s'attaquer au mourant

qui le porte, c'est s'attaquer à la puissance même de la Reine du ciel. Voilà pourquoi satan n’osera ni ne pourra jamais emporter en enfer celui qui entre dans l'éternité avec le scapulaire.

Exemple.—Sr'an n'ose toucher à une jeune fille revêtue du scapulaire. — Une jeune fille, avant d'entrer en religion, alla trouver le vénérable curé d’Ars. Dans le cours de la conversation, celui-ci lui dit :

‘“ Vous souvenez-vous, mon enfant, d’un “ certain bal auquel vous avez assisté, il y “a peu de temps ? — Dans ce bal, vous ‘“ avez rencontré un jeune homme inconnu, “ distingué et admiré de tout le monde ?— ‘“ Oui, mon Père, répondit la jeune fille.— ‘“ Vous auriez bien voulu danser avec lui, “ vous étiez jalouse, chagrine, pleine de “ dépit de voir qu'il vous préférait les autres, “et ne vous demandait pas pour danser ‘“ avec lui. — En effet, mon Père, — Vous

CDs

‘“ rappelez-vous que, quand il partit, vous “ avez cru apercevoir à la porte, sous ses “ pieds, deux flammes bleues que vous avez “ prises pour une illusion de vos yeux “ trompés par l'obscurité ?— C’est vrai, mon ‘ Père. — Eh bien, ma fille, ce jeunehomme “ était un démon. Celles avec lesquelles il a dansé, sont damnées, ou en état de damnation. Et savez-vous pourquoi il il ne vous a pas invitée à danser avec lui ?

C'est à cause du scapulaire que vous aviez sur vous, et que, par dévotion à Marie, vous aviez avec raison conservé comme une sauvegarde (1)!”

Autres exemples. — Safan et lescapulaire. — Une nuit que le vénérable François Y epès, tertiaire du Carmel, et frère de saint

Jean de la Croix, passait en prière, le

démon, sous la forme d’un corbeau noir,

vint se jeter sur lui, le frappant de ses ailes,

Ce dévot à Marie, au lieu de se troubler,

prit son scapulaire, et invoquant le nom de

la très sainte Vierge, chassa son ennemi

avec ce signe de salut.

Une autre fois, comme François baisait respectueusement son scapulaire, Satan s’'approcha de lui portant une chaîne d’or

(1) Annales du Carmel, année 188;, page 199.

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et lui dit: “ Allons donc, portez plutôt cette chaîne d’or à votre cou, et jetez loin de vous cet objet qui nous est insupportable, et ne sert à rien moins qu'à nous tourmenter.”

Ce même François Vepès, avait une grande dévotion à la très sainte Vierge, et faisait beaucoup de bien aux âmes par le scapulaire du Carmel. Or, une nuit, pendant qu'il priait pour la conversion des:

pécheurs, les esprits infernaux vinrent l’assaillir par les plus affreuses tentations. A la fin, voyant l'inutilité de leurs efforts, ils lui crièrent pleins de rage : “ Qu'est-ce que nous vous avons fait, pour que vous nous tourmentiez si cruellement ?—Pourquoi persuadez-vous à tant de personnes de porter et de vénérer le scapulaire du Carmel? Attendez que vous tombiez en notre pouvoir, vous nous le paierez cher? Le pieux tertiaire, sans se laisser intimider, acheva son oraison. Il prit ensuite une rude discipline. Or tandis qu'il se flagellait, son scapulaire tomba, mais il s’en revêtit aussitôt. Ce fut un bonheur pour lui, car déjà les démons accouraient en fureur et lui criaient : “ Otez, ôtez cet habit qui nous enlève tant d’âmes ; car toutes celles qui, en

étant revêtues, meurent pieusement, nous échappent.” Ils ajoutèrent que trois choses surtout les tourmentaient : /a première c'est le nom de Fésus ; la deuxième le nom de Marte et la troisième le scapulaire du Carmel (1).

Exemple. — Un soldat préservé par le scapulaire. — En 1640, sur les frontières de la Lorraine, une escouade de soldats fut surprise par l'armée ennemie. Le chef, profitant de sa force, ordonna de ne pas faire quartier aux soldats de l’escouade. Tous furent impitoyabiement mis à mort. Il s’en trouva cependant un, un seul qui, tout en ayant été percé de plusieurs coups mortels, ne rendait pas le dernier soupir. Pour l'achever, les uns lui assénaient sur le corps et sur la tête. des coups de crosse de fusil. Le voyant toujours en vie, ils redoublaient leurs coups sans pitié, quand tout à coup, le pauvre blessé leur dit, avec un sang-froid qui les étonna : “ C'est en vain que vous cherchez à m'ôter la vie, je ne mourrai pas sans confession; je porte le scapulaire du Carmel.” —“ Pourquoi ne le disais-tu plus tôt, dit un cavalier, nous t'aurions laissé la

at} Vie du vénérable François Yepès, d’après les Céroniques armel, de Bruxelles, juillet 1896.

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vie. Crois-moi, fais un acte de contrition, car il n’y a pas de prêtre ici.”—“ J'espère, dit le moribond, que Dieu me fera la grâce d'en trouver un.’ — Le protégé de la Vierge Immaculée, survéout à tant de blessures mortelles ; et, quoique mutilé, il se traîna comme par inspiration sur le chemin de Metz. Un prêtre, conduit par la Providence, vint à passer; le soldat fit sa confession, reçut l’absolution, que son âme semblait attendre de la protection miraculeuse de la Reine du Ciel. Il expira aussitôt aux pieds du prêtre, plein de foi, en la paix du Seigneur, le premier janvier 1640 (1).

Le scapulaire, sauvegarde dans les périls.— Bien que le scapulaire du Carmel soit surtout, et avant tout, un gage du salut éternel, il est aussi une sauvegarde dans les périls de la vie présente. La protection dont notre bonne Mère du ciel couvre ses serviteurs, embrasse non seulement l’éternité, mais encore le temps; elle s'étend jusqu'aux moindres détails de la vie de ses enfants. Il ne suffit pas à sa sollicitude maternelle, d'opérer mille prodiges de grâce pour assurer le salut éternel de ceux

(1) Brocard, Znstructions sur le Scapulaire, page 275.

qui portent sa livrée; Mère tendre et dévouée, son cœur a besoin de favoriser, de toute manière, les membres de sa grande famille du scapulaire, et de les assister dans toutes leurs nécessités, de quelque nature qu’elles soient. Il semble qu’elle ne veut pas qu'un seul cheveu tombe de leur tête sans sa permission, tant elle se montre empressée à prendre soin de tout ce qui les concerne.

Ces attentions si délicates de la très sainte Vierge envers les confrères du scapulaire, ne doivent étonner personne.

Elle est, à un titre tout spécial, la mère de ceux qui portent cet habit céleste. Cela seul explique quelle vive tendresse elle a pour eux, et de quelle sollicitude maternelle elle les entoure. Aussi, elle ne peut rester insensible à leurs souffrances même corporelles. C'est un besoin pour elle de les

soulager, quand elle peut le faire sans nuire au bien de leur âme.

Comme la plus dévouée des mères, Marie s'interpose entre le danger et son enfant. Elle l’aide, lui tend la main, comrhe la mère qui soutient les premiers pas de son petit enfant. Pour avoir un

exemple de sa prévoyance délicate jusque dans les moindres détails, ouvrons l'Evangile et lisons la page qui contient le touchant récit des Noces de Cana.

Voici comment l'apôtre saint Jean nous raconte le fait :

“ Il se fit des noces à Cana, en Galilée; et ‘“ la mère de Jésus y était. Jésus fut aussi ‘“ convié aux noces avec ses disciples. Or, “ le vin étant venu à manquer, la mère de “ Jésus lui dit: “ Z/s n'ont plus de vin.” “ Jésus lui répondit :—“ Mon heure n'est «“ pas encore venue.” La mère dit à ceux ‘“ qui servaient: Æactes fout ce qu'il vous “ dira. Or il y avait là six grandes urnes ‘“ de pierre, dont chacune tenait deux ou “ trois mesures. Jésus leur dit : “ Emplis- “ sez lessurnes d'eau.” Et ils les emplirent ‘“ jusqu’en haut. Alors Jésus leur dit:

“ Puisez maintenant ct portez-en au maître “ d'hôtel; et ils lui en portèrent. Le ‘“ maître d'hôtel ayant goûté cette eau qui ‘“ avait été changée en vin, et ne sachant ‘“ d'où venait ce vin, quoique les serviteurs “ qui avaient puisé l’eau le sussent bien, il “ appela l'époux, et lui dit : ‘“ Tout homme “ sert d'abord le bon vin, et après qu'on a ‘“ beaucoup bu, il en sert alors de moindre :

“ mais pour vous, vous avez réservé jusqu'à “ cette heure le bon vin (1).

“Ils n’ont plus de vin.” — Comme cette simple parole peint la prévoyante bonté de la sainte Vierge ; mais elle n’atteste pas moins sa condescendance et sa puissance. La charité devine tout, et Marie s'aperçoit bientôt de l'embarras des époux. Elle veut à tout prix leur épargner la honte d’avoir fait une trop petite provision de vin. Elle s'adresse donc à Jésus, et se contente de lui dire : “ ZZs n'ont plus de vin !/” C'est sa seule prière. Jésus, loin de se montrer empressé de répondre au désir de sa divine mère, lui dit: “ Mon heure n'est pas encore venue” Ces paroles ne déconcertent nas Marie, elle connaît le cœur de son divin Fils; elle est déjà assurée du succès de sa demande. Sans insister de nouveau, elle appelle les serviteurs et leur dit ; ‘“ Faites tout ce que Jésus vous dira.” — Quelques instants après le miracle était accompli, l'eau changée en un vin délicieux réjouissait le cœur des époux.

Ce n'est pas sans mystère, que notre bon Sauveur accomplit son premier miracle à la prière de sa mère, Il a voulu nous (3) Saint Jean, chap. II, v, Let suivants,

apprendre par là qu’elle est le canal de ses faveurs, qu'il ne peut rien refuser à la médiation de Marie, et que, pour l’exaucer, il déroge, s’il le faut, aux lois de sa Providence en opérant des prodiges.

Eh! bien, ce qui se passa autrefois aux noces de Cana, se reproduit tous les jours.

Oui, tout ce que Marie demande à Dieu elle l'obtient. Forte de sa toute-puissance sur le cœur du Seigneur, elle continue de prodiguer ses bienfaits, d’entourer ses en-.

fants, et plus spéciaiement les agrégés au saint scapulaire, de soins maternels, d’attentions exquises, et cela même d’une manière visible, C'est si vrai que tous les jours, la sainte Eglise peut enregistrer 4e nombreux miracles de protection et d'assistance de Marie. |

Nous pourrions citer une foule d'exemples à l'appui de cette assertion. Pour ne pas fatiguer nos lecteurs, nous nous bornerons à n'en rapporter que quelques-uns.

Cessation d’une sécheresse. — Au seizième siècle, le ciel s'était fermé sur la Sicile, comme il se ferma sur la Palestine aux jours du Prophète Elie. Les campagnes désolées par une longue sécheresse, étaient frappées de stérilité, au point que la con-

9 les pas ons

trée était menacée d’une horrible famine.

Dans cette affliction extrême, le peuple eut recours à Notre-Dame du Mont-Carmel.

Tout le monde s’empressa de se faire recevoir du saint scapulaire. Ces pieux fidèles revêtus des livrées de la Reine du ciel lui adressèrent d’ardentes supplications pour obtenir, au plus tôt assistance et protection. La bonne Vierge exauça leurs prières. Bientôt le ciel qui, jusque-là avait été d’airain, se couvrit de nuages; une pluie abondante arrosa les campagnes pendant plusieurs jours ; et la terre, redevenue fertile, donna bientôt les plus belles espérances d’une moisson abondante (1).

Incendie éteint par le scapulaire.— En 1719, un miracle, le plus célèbre, le plus connu de tous ceux que nous signalons, dit l'abbé de Sambury, arriva à Ballon, hameau dépendant du village d’Arnoville, au diocèse de Metz. Un violent incendie allait consumer le hameau, lorsque la confiance en la protection de Notre- Dame du Mont-Carmel'inspira à quelqu'un de jeter un scapulaire au milieu des flammes. L'incendie se calma aussitôt, et le scapulaire fut miraculeusement conservé. sur une

(1) Chroniques du Carmel de Bruxelles, sept. 1893.

poutre embrasée. L'évêque de Metz, après avoir fait constater ce miracle, en fit dresser procès-verbal auquel il apposa son sceau, et qu'il signa de sa main (1).

Balle aplatie. —En 1648, au siège d'Vpres par les Français, le capitaine du régiment de Lomboy reçut en pleine poitrine un coup de mousquet d’une force irrésistible, Heureusement la balle dont il fut frappée, s’aplatit sur son scapulaire, de sorte qu’il n’en reçut pas la moindre blessure. On trouva la balle dans ses habits, elle portait très visiblement l'empreinte de l'image de la sainte Vierge et de l'Enfant . Jésus.

Nous extrayons ces détails, dit le Père Brocard, de sainte Thésèse, d’un procèsverbal, dressé en notre couvent des Carmes- Déchaussés de Bruges, le 9 septembre 1651, et signé du Père André de Sainte- Marie, prieur du dit couvent et de Philippe de Maulde, Seigneur de Monroy, doyen de l'Eglise de Notre-Dame à Courtray (2).

Guérison. — En 1645, un magistrat de la ville de Prague en Bohême, raillait fréquemment son épouse de ce qu’elle portait

(1) Brocard, Znstructions sur le Scapulaire, page 262. (2) Brocard, Znefructions sur le Scapulaire, page 277.

le saint scapulaire, et honorait Notre-Dame du Mont-Carmel par des abstinences, des mortifications et d’autres exercices de piété. Un jour que le mari en question renouvelait ses railleries et ses reproches, sa femme lui dit : “ Prenez garde que ce mépris ne vous attire la colère et la vengeance de Dieu.” Peu de temps après, il fut atteint d'une 1'aladie d'yeux et devint aveugle.

L'art des médecins et des chirurgiens oculistes les plus habiles et les plus renommés, fut impuissant à le guérir. Le magistrat rentra en lui-même, s’adressa à Dieu et à la très sainte Vierge pour obtenir du soulagement. Touché de la grâce, il demanda un confesseur. Sa pieuse femme s'empressa de lui en procurer un. Le malade lui exposa avec beaucoup de candeur l’état de sa conscience, et reçut les sacrements dans les sentiments de la plus vive componction. Le confesseur, qui était un Père Carme, lui parla des grâces, des bienfaits, des privilèges du saint scapulaire. Le magistrat témoigna un grand désir d’en être immédiatement revêtu. A peine la cérémonie fut-elle terminée qu'il recouvra soudainement la vue et la santé.

A dater de ce jour, il fut en état d'exercer

de nouveau les fonctions de sa charge.

Non seulement sa famille, les médecins et les chirurgiens oculistes, qui l'avaient soigné, furent témoins de cette guérison aussi instantanée qu'inattendue, mais la ville entière en eut connaissance. * Le magistrat dressa lui-même un mémoire authentique du fait, lequel se trouve relaté dans le “ Miroir du Carmel du Père Daniel de la Vierge (1).”

Préservation du tonnerre par le scapulaire. — On nous écrit de Gand, disent les CAroniques du Carmel, un fait tout récent ; la lettre est datée du 2 février

Il y a quelque temps, à Mecrendrée {Flandre-Orientale), deux hommes se trouvaient sous un arbre pendant un violent orage. L'un portait le scapulaire, l’autre ne l'avait pas. Tout à coup, le tonnerre tombe, et étend raide mort celui qui n'avait pas de scapulaire, tandis que son compagnon demeure sain et sauf.

Une autre fois, à Denterghen, un dimanche, tandis que tout le monde revenait de la grand'messe, un effroyable orage éclata.

Un grand nombre de personnes roururent se réfugier sous un moulin à vent. La

(1) Brocard, Znstructions sur le Scapulaire, page 287.

foudre tomba sur le moulin, et fit de nombreuses victimes. Plusieurs furent tués sur le champ; beaucoup d’autres furent grièvement blessés. Mais, ce qu'il y eut de remarquable, de toutes les personnes tués ou blessées, aucune ne portait le scapulaire, tandis que toutes celles qui furent épargnées en étaient revêtues.

Une mère vint me dire dernièrement :

‘ Jamais je ne laisserai un de mes enfants sans scapulaire. Il y a trois ans, mon enfant a échappé, par son scapulaire, à une mort certaine. Etant dans le bateau avec son père, l'enfant tomba à l’eau et personne ne s’en aperçut. Il y resta bien dix minutes sans faire le moindre mouvement ni pousser aucun cri. Ensuite, il commença à s'agiter, et éveilla ainsi l'attention de son père, qui le retira sain et sauf.” Gloire et honneur à Notre-Dame du Scapulaire (1) !

(1) Chroniques: du Carmeï, de Bruxelles, murs 1896.

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