IV AVERTISSEMENT
toire critique du sccpUcisme. Cette entreprise est considérable. Elle noua demandera plusieurs années, trois au moins : un an pour le scepticisi'nie de l'aDUquité, un an pour le scepticisme de la renaissance, un an ou deux pour le scepticisme moderne. Pourquoi ai-je choisi un tel sujet? Est-ce parce qu'il se plie aisément au règlement qui me prescrit de parcourir triennalcment les époques successives de l'histoire de la philosophie? C'est une raison. Ou bien est-ce parce que le sujet a de l'étendue, de la variété, de la grandeur ; parce qu'il est intéressant d'avoir affaire à des hommes tels que Gorgias , Pyrrhon , Arcésilas , Carnéade, Cicéron, Lucien, ^nésidènie, Montaigne, Charron, Pascal, fiaylc, Hume, Kanl? C'est encore une raison. Mais la raison décisive, la raison de derrière la tête, la voici ; c'est que les idées sceptiques ont pris de nos jours et tendent à prendre de plus en plus une grande iufluence. J'ai souvent dit que ks deux hommes qui ont le plus agi sur notre temps, c'est Spinoza et Kant. Spinoza nous a inondés do panthéisme, Kant de scepticisme. J'ui assez combattu les idées panthéistes; - d'ailleurs elles sont aujourd'hui eu retraite. Ce sont les idées sceptiques qui prennent la tête du mouvement : il faut donc combattre les idées sceptiques. Il faut rendre le courage aux esprits. Il faut montrer qu'il y a une science philosophique capable de con-