Aecusations concernant Vatiitude politique
Ici deux versions :
1] Celle d'Athanase : Eustathe aurait manqué à ses devoirs envers l'impératrice-mère. Les termes sont vagues et peuvent s'entendre aussi bien d*actes que de paroles (2). Ce témoignage est absolument isolée mais il est d'un contemporain, d'un homme généralement bien informé des choses de son temps, en relations étroites avec le parti eustathien d'Antiochc sous Constance. 11 est impossible de rejeter son affirmation, ni d*cn mesurer la portée. Il n'y a qu'à l'enregistrer (3).
2] La version de Théodoret toute différente. 11 rapporte explicitement le second grief indiqué seulement par Sozomène qui le déduit probablement d'Eusèbe (4). Après avoir dit qu'Eustathe fut déposé comme adultère, Théodoret ajoute, un peu plus bas, que les évèques firent exiler Eustathe par l'empereur comme coupable d'adultère et de tyrannie (5). L'abandon d'Antioche par les évèques explique suffisamment ce second grief. Gênés par la résistance des partisans d'Eustathe au sein du Concile et dans la ville, ils en firent un nouveau crime à l'évêque d'Antioche, crime que Constantin devait encore moins pardonner. Eustathe fauteur de troubles dans une cité considérable comme Antioche, il y avait de quoi émouvoir l'empereur!
One le mot rjpx/vov prenne bien ce sens, cela ressort en par-
ti) Il n*y a pas à tirer argument des chroniqueurs postérieurs en faveur de cette conclusion : un récit légèrement romanesque et présentant d*une façon plus vivante les détails du procès a de soi leurs préférences. Nicétas Choniate y ajoute un trait inédit; Tenfant a grandi en chemin : • llla enim puerum duodecim annoê natum producens, eum abEustathio suscepisse dicebat » (PG. 139. 1370). Selon le martyrologe copte (cité par Boscn. AA. SS. I^^ Jul. Oe S. Eust. III n* 22) après la rétractation de la femme, « sacerdotes Antiochiae qui iaro nomen sancti abraserant ex libro missae restituisse memoriam eius». Le fait est inacceptable. Les semi-ariens n*ont pu inscrire sur leurs diptyques le nom de Tévèque qu*ils avaient déposé ; les orthodoxes ne Font jamais effacé.
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primo fuisse asserunt.
(3) On pourrait admettre qu^apissant pour Eustathe comme ils le firent plus tard pour Athanasc, les scmi-nriens ont imaginé devant Tempereur une accusation nouvelle où celui-ci était directement intéressé.
tk^ Soz. II. lîl cf. Vit. Const. 111. .V,l.
(5) Thcod. V. 2t).
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DÉPOSITION d'bustathb 63
ticulicr d*un passade analogue de Théodoret(l)» à propos de Flavicn d^Antîoche (381-404). A son occasion aassi il y eut des troubles dans TEglise. Reconnu par les Orientaux, rejeté par TEgypte et TOccident qui lui préféraient Paulin et, après la mort de celui-ci, refusaient encore de le reconnaître, Flavien montra fort peu de bonne volonté à comparaître au concile convoqué en Italie pour juger de son bon droit. Cela froissa vivement ses adversaires : ils se plaignirent à Théodose, lui reprochant d'abattre les tyrans ses ennemis, mais de ne pas réprimer la tyrannie de ceux qui s'insurgeaient audacieuse* ment contre les lois du Christ. Un peu plus tard quand Théodose vint à Rome, le pape se plaignit encore de ce qu'il ne faisait pas cesser la tyrannie de Flavien.
Dans les deux cas c*est le même grief : Tévéque ne veut pas se soumettre aux lois ecclésiastiques que TEtat prend sous sa garde, il agit à sa guise, il faut donc le punir.
Ainsi deux moments sont à distinguer dans le procès d*Eustathc. A Antioche se produisent les accusations contre les mœurs ou la doctrine; à Nicomédte, devant Tempereur, on met directement la personne ou le pouvoir de Constantin en cause.